Joséphine Dubray
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 85 ans) Vienne |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Angélique Joséphine Gabrielle Dubray |
| Autres noms |
Giuseppina Dubray, Giuseppina Pio |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint |
Antonio Pio (en) |
| Parentèle |
Gabriel Vital-Dubray (frère) Charlotte Dubray (nièce) Giovanna Dubray (d) (nièce) |
Joséphine Dubray, dite aussi Giuseppina Dubray, née à Paris le et morte à Vienne (Autriche-Hongrie) le , est une photographe daguerréotypiste française qui a exercé en Italie et l'une des rares femmes à avoir contribué à la diffusion du daguerréotype hors de France.
Biographie
Famille et jeunesse
Angélique Joséphine Gabrielle Dubray, née en 1818 à Paris, dernière enfant de Jean Pierre Dubray et Marie Joséphine Louise Fourcade[1], mariés en 1810. Elle a deux frères aînés, Charles Florimond, né en 1812, et Vital Gabriel, né en 1813.
Sa famille compte plusieurs artistes. Son père est sculpteur sur bois[2]. Son frère, Vital Gabriel Dubray, est sculpteur et père de : Charlotte Dubray, également sculptrice et épouse du peintre Albert Besnard ; Séverine Dubray, peintre miniaturiste ; Giovanna Dubray, sculptrice[3],[4].
En 1842, à Gênes, Joséphine Dubray donne naissance à un enfant naturel né de père inconnu, Luigi Augusto Dubray. En 1847, à Milan, elle accouche d'un second fils naturel, Alberto Emilio Giuseppe, qui porte le nom de son père, l'artiste peintre italien Antonio Pio (en), né en 1809 à Cesena[5]. Le , les deux parents, se marient tardivement à Paris, où ils résident 23, rue de Douai, légitimant Alberto[6]. Vital Gabriel Dubray est l'un de leurs témoins de mariage. Antonio Pio meurt le en leur domicile parisien du 30, rue Rodier — où réside aussi leur fils Alberto, devenu architecte —[7] et il est inhumé au cimetière de Montmartre[8].
Devenu photographe[9], Luigi Dubray meurt en 1900 à Milan. L'un de ses fils, Joseph Dubray, émigré aux États-Unis en 1910, devient directeur de la photographie[10]. Alberto Pio meurt à Gênes le à 64 ans[11].
Carrière

En 1839, le daguerréotype, procédé photographique mis au point par Nicéphore Niépce et Louis Daguerre, est officiellement présenté à l'Académie des sciences à Paris[13] et son brevet acquis par l’État français[14]. Après en avoir appris la technique, plusieurs photographes voyageurs diffusent le procédé hors du pays, en Allemagne, en Angleterre ou encore en Italie. Selon la Gazzetta di Genova, un certain Charles Dubray, « artiste peintre au daguerréotype », se trouve à Gênes en 1842 : élève de Daguerre, il vient de Paris et fait preuve d'une grande maîtrise technique. Il s'agit probablement de Charles Florimond Dubray[Note 1], frère aîné de Joséphine Dubray qui à la même époque se trouve aussi à Gênes où elle accouche de son premier enfant, Luigi. Les parrain et marraine de l'enfant sont l'oncle paternel de Joséphine Dubray, Jean-Baptiste Dubray, et son épouse Louise Hornig, allumeurs de réverbères et résidents génois[Note 2]. Luigi Dubray affirmera plus tard être né « par hasard » à Gênes. Charles Dubray quitte la ville en [Note 3].
À Gênes, Joséphine Dubray, connue sous le prénom Giuseppina, fait la connaissance de Stefano Pescio, un des premiers génois à pratiquer la daguerréotypie, et de son fils Adolfo, pianiste et photographe amateur. En , elle poursuit son voyage en Émilie-Romagne et arrive en juillet à Parme munie d'une lettre de recommandation des Pescio père et fils pour le graveur Paolo Toschi. Elle s'établit dans le quartier Felino, casa Grassetti, et propose des portraits au daguerréotype qu'elle signe « J. Dubray » sur le côté droit de la plaque. Elle se rend à Bologne en août puis à Florence en septembre, proposant par ailleurs « des leçons de daguerréotype aux personnes qui le désireront »[17] et bénéficiant de publicité dans la presse où elle est présentée comme une élève de Daguerre[18],[19].
L'année suivante et jusqu'en 1846, Joséphine Dubray travaille à nouveau en Émilie-Romagne, passant par Forlì en décembre 1845, puis à Cesena où elle tombe amoureuse du peintre et copiste Antonio Pio. Tous deux collaborent et ouvrent un atelier de dagueorréotypie à Cesena. En 1847, ils sont à Milan lorsque naît leur fils naturel et ne semblent pas être retournés à Cesena. L'atelier est vendu en 1856, marquant probablement la fin de l'activité professionnelle de Joséphine Dubray.
Après la photographie
Joséphine Dubray s'installe à Paris avec son compagnon et leur fils Alberto et, en 1865, quand son mariage avec Antonio Pio est finalement célébré, elle est dite sans profession. En 1868, Alberto intègre la première promotion d'architecture de l'école des Beaux-Arts, où il reçoit plusieurs distinctions et prix. Après la mort de son mari en 1871, Joséphine Dubray quitte Paris et elle réside à Milan en 1877 lorsque son fils Luigi s'y marie. Elle est dite casalinga (« femme au foyer »). En 1880, elle s'installe avec Alberto en Autriche, au 25 Margarethenstrasse à Vienne. Le , Alberto se marie à Gênes avec Maria Pescio[20], la fille d'Adolfo Pescio qu'il a probablement rencontrée par l'intermédiaire de son frère Luigi, puis le couple s’établit aussi à Vienne.
Dans ses souvenirs parus en 1924, Louise Scala, une ancienne professeure de français émigrée à Vienne au début des années 1880, évoque ses liens avec Joséphine Dubray — souvent nommée « maman Pio » ou « Mme Pio mère » — dont elle a fait la connaissance en donnant des cours à sa belle-fille Maria[21]. Elle raconte : « Je m'attachais tellement à la mère de M. Pio et à la jeune femme, que c'était pour moi un grand réconfort de pouvoir venir les voir, leur parler de mes soucis ! [...] Moi qui étais privée de toute amitié [...], je retrouvais deux amies, et qui plus est, Mme Pio était française. » Louise Scala s'établit au 33, Favoritenstrasse, tout près du domicile des Pio, et les fréquente avec assiduité. Les anciennes activités professionnelles de Joséphine Dubray ne sont toutefois jamais évoquées dans son récit.
Joséphine Dubray meurt en son domicile à Vienne, au 42, Favoritenstrasse, le , à l'âge de 85 ans. Elle est inhumée le suivant au cimetière central de Vienne[22].
Toute son œuvre semble avoir été perdue. Ne subsiste de son travail de photographe qu'une étiquette d'une boîte de daguerréotypes à son nom et dont l'adresse pourrait être celle d'une rue de Milan. Elle est conservée à la bibliothèque municipale Mozzi-Borgetti (it)à Macerata.
Sources
- Généalogie de Joséphine Dubray et documents d'archives, FamilySearch [lire en ligne]
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Louise Scala, Jusqu'à la lie : trente ans de ma vie, Paris, Librairie Vuibert, (lire en ligne), p. 128 ; 134 ; 158 ; 192-193 ; 203-206 ; 218-219 ; 247 ; 254 ; 263-265 ; 273 ; 279 ; 288 ; 306-307.

- (it) Guia Lelli Mami, « Josephine Dubray, una dagherrotipista a Cesena », dans Pier Giovanni Fabbri, Alberto Gagliardo (dir.), Le vite dei cesenati, Cesena, Litografia Stampare, (lire en ligne), p. 271-285.

- (it) Guia Lelli Mami, « Josephine Dubray da Parigi a Cesena passando per Firenze », Antologia Vieusseux, vol. XXIII, no 68, , p. 29-42.
- (it) Davide Mingozzi, Adolfo Pescio: un pianista-fotografo nella Genova dell'Ottocento, Genova, Alma Mater Studiorum Università di Bologna. Archivio istituzionale della ricerca, coll. « Studia Ligustica », (ISBN 978-88-98246-14-4, lire en ligne).

Notes et références
- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Josephine Dubray » (voir la liste des auteurs).
Notes
- ↑ Le fils de Charles Florimond Dubray, Marie Gabriel, né en 1846 à Paris, meurt en 1815 à Cornigliano Ligure, près de Gênes, ce qui confirme un probable lien entre son père et la capitale ligure.
- ↑ Ferblantier et brunisseuse, ils ont eu en 1829 à Paris une fille, Louise Esther dite Gérard, qu'ils ont abandonnée à la naissance[15]. On ignore la date de leur arrivée à Gênes.
- ↑ Charles Florimond Dubray meurt en 1860 en mer, au cours d'une traversée Saint-Thomas-Southampton du steamer La Plata[16].
Références
- ↑ Acte de naissance du , reconstitué après le , Paris 6e (ancien), Archives de Paris
- ↑ Ed. Pagnerre, « Sculpture. Vital-Dubray », sur Gallica, Journal de la Corse, (consulté le ), p. 3
- ↑ Au temps de Camille Claudel. Être sculptrice à Paris [catalogue d'exposition], Nogent-sur-Marne, Musée Camille Claudel, (lire en ligne), « Charlotte Besnard », p. 92
- ↑ Dictionnaire Bénézit.
- ↑ Acte de naissance no 698, , Cesena, Archivio di Stato di Forlì [lire en ligne] (vue 163/209)
- ↑ Archives de Paris Acte de mariage no 722 dressé au 9e arrondissement, vue 17 / 31
- ↑ Archives de Paris Acte de décès no 2915 dressé le 31/12/1871 au 9e arrondissement, vue 18 / 20
- ↑ Registre journalier d'inhumation, , cimetière de Montmartre, Archives de Paris
- ↑ (it) « Dubray, Luigi », sur fotografia.cultura.gov.it (consulté le )
- ↑ « Joseph A. Dubray », sur www.imdb.com (consulté le )
- ↑ Antenati Acte de décès no 1107, vue 306 / 1918
- ↑ (it) Guia Lelli Mami, « Da Parigi con dagherrotipo », La Rivista IBC, 2018, no 1, note 16.
- ↑ François Arago, « Mémoires et communications des membres et des correspondants de l'académie », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 8, , p. 4-7 (lire en ligne).
- ↑ (en) R. Derek Wood, « A State Pension for L. J. M. Daguerre for the Secret of his Daguerreotype Technique », Annals of Science (Taylor & Francis: Royaume-Uni), , vol. 54 (5), p. 489-506. lire en ligne.
- ↑ Acte de naissance du , reconstitué le , Paris 12e (ancien), Archives de Paris
- ↑ Déclaration de succession , Paris, FamilySearch [lire en ligne]
- ↑ « Portraits au daguerréotype », Gazzetta di Firenze, no 119, , p. 4 (lire en ligne)
- ↑ (it) « Avviso », Il facchino, vol. 6, no 29, , p. 232 (lire en ligne)
- ↑ (it) « Ritratti col daguerreotipo », Gazzetta di Firenze, no 111, , p. 3 (lire en ligne)
- ↑ Antenati Acte de mariage no 69, vue 71 / 483
- ↑ Louise Scala, Jusqu'à la lie : trente ans de ma vie, Paris, Librairie Vuibert, (lire en ligne), p. 128 ; 134 ; 158 ; 192-193 ; 203-206 ; 218-219 ; 247 ; 254 ; 263-265 ; 273 ; 279 ; 288 ; 306-307
- ↑ Site Matricula Registre de la paroisse Sainte-Elisabeth de Vienne, folio Tod-0008, no 43
Liens externes
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