Joseph Clément Poullain de Grandprey

Joseph Clément Poullain de Grandprey
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Membre du Conseil des Cinq-Cents
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Distinction

Joseph Clément Poullain de Grandprey, né le à Lignéville (généralité de Nancy, actuel département des Vosges)[1], mort le à Graux (département des Vosges)[2], est un homme politique de la Révolution française.

Entre 1792 et 1799, il est député des Vosges à la Convention nationale, au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-Cents, puis, en 1815, durant les Cent-Jours, à la Chambre des représentants.

Biographie

Ancien Régime

Joseph Clément Poullain de Grandprey effectue ses études secondaires au collège des Frères mineurs récollets de Bulgnéville puis des études de droit à Pont-à-Mousson. En 1770, il devient assesseur civil et criminel. En 1771, il devient prévôt de Bulgnéville. En 1775, il achète la charge de « lieutenant général au bailliage et siège présidial de Mirecourt »[3].

Il épouse Barbe Fatet le . La loi sur le divorce du permet à Poullain-Grandprey de se séparer[4] de sa femme. Quelque temps après il épousera Claudine Février, riche veuve d'un sire Trouillet.

Franc-maçonnerie

Il est un membre actif dans la franc-maçonnerie de l'ouest vosgien. Il participe à la fondation de la loge maçonnique Saint-Jean le Parfait Désintéressement à l'Orient de Mirecourt en 1768 ainsi qu'à celle de trois loges à l'Orient de Neufchâteau : la loge du Roi Stanislas en 1785, celle de la Paix en 1801 puis celle de Saint-Jean des Amis d’Écosse jusqu'en 1804, cette dernière n'étant pas reconnue par le Grand Orient de France[5].

En 1789, Joseph Clément Poullain de Grandprey rédige les cahiers de doléances du bailliage de Neufchâteau.

Mandat à la Convention

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Joseph Clément Poullain de Grandprey, alors procureur-syndic des Vosges, est élu député du département, le premier sur huit, à la Convention nationale[6].

Il siège sur les bancs de la Plaine. Le , il est élu membre de la Commission des Vingt-Quatre chargée d'inventorier les papiers du Comité de surveillance de la Commune de Paris[7]. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et vote en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[8],[9] :

Louis étant déclaré coupable de haute trahison, a encouru la peine de mort ; mais je demande que pour l'intérêt public, il soit sursis à l'exécution du décret qui la prononcera, jusqu'à ce que la Constitution ait été acceptée par le peuple, et que la famille des Bourbons ait évacué le sol de la liberté.

Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[10] :

Comme il [...] résulte au moins de fortes présomptions contre Marat, des écrits cités au rapport du comité de législation ; [...] comme cette instruction seule peut réaliser, ou faire disparaître les soupçons qui flottent sur la tête de Marat, et lui donner les moyens de se justifier s'il est innocent, je vote pour le décret d'accusation, et je dis, oui.

Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[11].

Sous la Convention thermidorienne, Poullain-Grandprey est envoyé en mission dans les départements de l'Ain, de l'Isère et du Rhône aux côtés d'Antoine d'Espinassy (député du Var)[12].

Il est envoyé en mission dans la Loire et à Lyon où son nom reste attaché à la création du jardin botanique au sein du parc de la Tête d'Or à Lyon.

Sous le Directoire, Joseph Clément Poullain de Grandprey est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le )[13]. Il est élu député au Conseil des Cinq-Cents lors des élections législatives de 1797. Le 1er floréal an VI (), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Philippe Bardoux-Boisquetin (député de la Sarthe), Paul Gauran (député du Gers), Jean-Baptiste Leclerc (député du Maine-et-Loire), Michel-Pierre Luminais (député de Vendée)[14].

Après la Révolution

Après le Coup d'État du 18 brumaire, Poullain de Grandprey est contraint à l'exil. Échappant de peu à la déportation il est relégué en Charente. Grâce à une intervention de Bernadotte, il est nommé l'année suivante président du tribunal civil de Neufchâteau. En 1811 il quitte le tribunal de Neufchâteau pour occuper à Trèves les fonctions de président de chambre à la cour d'appel. Il rentre en France en 1814. Il préside en mai 1815 le collège électoral des Vosges.

Il se retire dans son domaine de Graux, acheté avant la Révolution, avec une pension de 1 700 francs. C'est là qu'il s'éteint le .

Hommage

Une rue de Bulgnéville porte son nom.

Notes et références

  1. ↑ Archives départementales des Vosges, « Registre paroissial de Lignéville, baptêmes mariages et sépultures de 1742 à 1746, vue 20 / 31, Edpt276/GG_3-44631 » Accès libre, sur https://recherche-archives.vosges.fr (consulté le )
  2. ↑ Archives départementales des Vosges, « État-civil de Graux, naissance mariage et décès de 1821 à 1826, vue 17 / 20, 4E222/2-37407 » Accès libre, sur https://recherche-archives.vosges.fr (consulté le )
  3. ↑ Jean-Paul Rothiot, « L’amitié en Révolution : Poullain-Grandprey et François de Neufchâteau », dans L’amitié en révolution, 1789-1799 : De l’histoire à la mémoire, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 239–260 p. (ISBN 978-2-7535-9764-8, lire en ligne)
  4. ↑ Divorce prononcé par le maire de Graux le 18 nivôse an III
  5. ↑ CHOLLET Jack, La Franc-Maçonnerie à Mirecourt du XVIIIe siècle à nos jours., Haroué 54740, Gérard Louis, , 293 p. (ISBN 978-2-35763-046-8)
  6. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, séance du 1er octobre 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séances du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 23 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  13. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  14. ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°216, « Conseil des Cinq-Cents, séance du 1er floréal (20 avril) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 6 floréal an 6 (25 avril 1798) (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Biographie moderne, ou, Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire..., A. de Beauchamp, É. Psaume, éd Eymery, 1816.
  • Antoine-Vincent Arnault, Biographie nouvelle des contemporains, Paris, 1827, tome 17, p. 57-70 [1].
  • Encyclopédie moderne, ou Dictionnaire abrégé des hommes et des choses, des sciences, des lettres et des arts, Eustache-Marie Pierre Courtin, éd. Th. Lejeune, 1832.
  • La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique des savants, Joseph Marie Quérard, éd. Firmin Didot, 1835.
  • « Joseph Clément Poullain de Grandprey », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition].
  • Gabriel Richard, « Un grand conventionnel lorrain : Joseph-Clément Poullain de Grandprey, 1744-1826 », Le Pays lorrain, no 2, 1965, p. 30-43.
  • Pierre Marot, Recherches sur la vie de François de Neufchâteau : à propos de ses lettres à son ami Poullain-Grandprey, Nancy, Berger-Levrault, , 440 p.
  • Gui Antoine, « Joseph Clément Poullain de Grandprey (1744-1826) ou la vie d'un grand Conventionnel vosgien », in Robert Loiseau, Jean-Paul Rothiot, Figures de la Révolution et de l'Empire, Presses universitaires de Nancy, 1992, p.  101-122 (ISBN 2-86480-551-0).
  • Le Grand Livre des élus vosgiens, 1791-2003, Bertrand Munier, éd. Gérard Louis, 2003.
  • Jack Chollet, La Franc-maçonnerie à Mirecourt, Éditions Gérard Louis, Haroué, 2013, p. 124-139.
  • Jean-Paul Rothiot, Joseph Clément Poullain-Grandprey. Un destin extraordinaire dans la Révolution, Edhisto, Senones, 2023.

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