Joseph Désiré Foucher
| Sénateur du Second Empire |
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Homme politique, militaire |
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Joseph Désiré Foucher, né à Quelaines (Mayenne) le et mort à Paris le , est un général et homme politique français, sénateur du Second Empire, connu pour sa carrière militaire sous le Premier Empire, la Seconde Restauration, la monarchie de Juillet et la Deuxième République.
Biographie
Origine
Joseph-Désiré Foucher naît le à Quelaines[1], dans le département de la Mayenne. Il est le fils aîné[2] de de Joseph René Foucher[3], praticien, et d'Ursule Louise Journeil[4],[5], mariés le à Quelaines[2]. Son frère cadet François Léon[6] était facteur rural dans le département de l'Indre-et-Loire[2]. Joseph Foucher épouse en 1834 Catherine Vouchy[2].
Débuts militaires
Il s’engage volontairement le [1], à l’âge de 17 ans[7], comme vélite[8] grenadier à pied de[1] la Garde impériale le [8].
Les campagnes napoléoniennes
Il participe dès lors à toutes les campagnes de la Garde impériale, gravissant rapidement les échelons : caporal des fusiliers grenadiers de la Garde le , sergent le [8], sergent-major au 1er régiment de tirailleurs de la Garde le [8], puis lieutenant au 2e de tirailleurs de la Garde le [8], lieutenant en premier, sous-adjudant-major aux grenadiers à pied de la Garde impériale le [8] ; capitaine adjudant major ayant rang de chef de bataillon le [1].
Il fait les campagnes de :
- 1804 au camp de Boulogne ;
- campagne d'Allemagne et d'Autriche, en l'an XIV en Autriche (campagne double)[8] ;
- la campagne de Prusse et de Pologne[8], en 1806 et 1807 ; à l'entrevue, préalable au Traités de Tilsit que Napoléon Ier et Alexandre Ier eurent, le , dans un pavillon élevé sur un radeau, au milieu du Niémen, à Tilsit, Joseph Foucher fit partie du détachement des grenadiers désignés pour la garde d'honneur à bord du radeau[10].
- la campagne d'Espagne[8] en 1808 : il y retourne de 1809 à 1811 (il est blessé à la bataille de Rio Secco[11], et à la cuisse droite[10] le au Combat de Viana) ;
- la campagne d'Allemagne et d'Autriche[8] en 1809 ;
- la campagne de Russie[8] en 1812 ; il assiste à la Bataille de la Moskowa. Pendant la Retraite de Russie, il se montra constamment occupé du soldat, se signale par sa bravoure et son sang-froid[10], et sauva la vie au chef de bataillon Albert[1].
- la campagne d'Allemagne[8] en 1813 ;
- la campagne de France en 1814, où il est blessé à la bataille d'Arcis-sur-Aube[8], atteint d'un coup de feu[1] au pied droit[10].
Il perd plusieurs chevaux sous lui lors des batailles de Leipzig (où il est atteint d’un éclat d’obus[1]), Montmirail et à Waterloo[1].
Lors des Cent-Jours, il est l'un des premiers de la Vieille Garde à se rallier à Napoléon Ier[1] et fait la campagne de 1815 en Belgique[8], avec la 3e régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale[10].

Carrière sous la Seconde Restauration
Après la chute de Napoléon, Foucher est mis en non-activité par la Seconde Restauration[1] le [2]. Il est rappelé au service en 1817 comme chef de bataillon de la Légion de l'Orne le [1] (devenu par la suite le 31e régiment d'infanterie de ligne en [7]).
En 1823, il participe à l'Expédition d'Espagne, où il est cité à l’ordre de l’armée pour sa conduite aux combats de Tarragone[1] : est mis à l’ordre de l’armée pour sa belle conduite aux combats des 27 et : le maréchal Bon-Adrien Jeannot de Moncey lui adressa de vives félicitations et l’embrassa en présence des troupes réunies[1]. Il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Louis et, la distinction de ses services en Espagne lui valut la croix de l'Ordre de Saint-Ferdinand[1].
Il est nommé lieutenant-colonel du 11e léger le [8], puis colonel du 45e de ligne le [8].
Carrière sous la monarchie de Juillet
Il sert ensuite à la Martinique lors des premières années de la monarchie de Juillet[12], il y remplit les fonctions de commandant militaire[1] à partir du [2]. Les troupes du 45e de ligne quittent leurs casernes le , partent de Brest le et arrivent à Fort-Royal en Martinique le . Le retour s'effectue sur la Corvette La Loire qui quitte Fort-Royal le pour arriver à Brest le [13]. Le régiment de Joseph Foucher est rapatrié ayant perdu beaucoup d'hommes suite à la fièvre jaune[2].
De retour en France en 1832, Il commande successivement les divisions militaires de Lyon, Vaucluse, Metz, Paris et Lille[1]. Il est promu maréchal de camp le .
Il prend le commandement de la brigade du Rhône et de l'Ain en 1838[5]. Le , le général Foucher fut envoyé à Lyon à la tête d'une brigade d'infanterie[10], et le , à celui d'une brigade de même arme au camp de Compiègne[10]. Il est appelé la à la tête de la subdvision du Rhône et de l'Ain, position qu'il conserve jusqu'en 1843[10].
Appelé au commandement du département de Vaucluse le [10], il fut mis en 1845 à la tête de la 3e brigade d’infanterie à Paris. Nommé lieutenant général le [10], par décision ministérielle[5], il obtient le commandement de la 3e division militaire à Metz[1], il inspecte en 1847 8e arrondissement d'infanterie[10].
Rôle pendant les révolutions de 1848
Le [10], Foucher est nommé commandant de la 1re division militaire (Paris)[1].
Manifestation du 15 mai 1848

Le , une réunion eut lieu au ministère de l'Intérieur; le général Tempoure, commandant de la garde mobile, le général Joseph Foucher, commandant la 1re division militaire, et le général Amable de Courtais, commandant la garde nationale[14], et ce dernier est nommé au commandement de la force publique[15]. Lors de la Manifestation du 15 mai 1848, Amable de Courtait fais preuve d'indécision face aux manifestants. Joseph Foucher est alors nommé dans l'urgence par la Commission exécutive, commandant en chef de toutes les forces militaires de Paris[16] le . Joseph Foucher fait alors intervenir les gardes nationaux, à l’Assemblée constituante pour rétablir l'ordre contre l’insurrection en cours[15]. Il fait dégager l'Hôtel de Ville de Paris[1], où était établit la liste d'un gouvernement insurrectionnel (Blanqui, Ledru-Rollin, Albert, Louis Blanc, Huber, Thoré, Cabet, Pierre Leroux, Raspail). L'Assemblée et la Commission exécutive reprennent en main la situation. Les chefs républicains sont arrêtés (ils seront traduits devant la Haute Cour de justice de Bourges du au ). Joseph Foucher est membre de la commission de défense nationale depuis le [8]. La Commission exécutive retire le à Joseph Foucher, le commandement en chef de toutes les forces militaires de Paris[15].
« Séance permanente du . La Commission du pouvoir exécutif, croyant qu'elle doit conserver et concentrer immédiatement la direction de toutes les forces militaires de la capitale déclare que l'ordre qu'elle avait donné au général Foucher et qui l'investissait du commandement supérieur de ces forces, doit être considéré comme non avenu. »
Les journées de juin 1848

Pendant les Journées de juin 1848, il participe activement à l'écrasement des journées insurrectionnelles (23-), soulèvement ouvrier contre la Deuxième République. Il est blessé à la hanche lors des combats dans le Faubourg du Temple, où il commandait l’attaque des barricades ; son aide de camp De Prailly[17] fut tué à ses côtés[1].
Il est chargé par le général Eugène Cavaignac, alors Ministre de la Guerre et commandant en chef des opérations, de mener l’assaut contre les barricades érigées par les insurgés dans l’est parisien. Son objectif principal était de couper la ligne de retraite des insurgés en s’emparant de la Chaussée de Belleville, un point stratégique pour le contrôle des faubourgs[18]. Joseph Foucher dirigea une colonne composée de plusieurs bataillons de ligne et de garde nationale. Malgré la prise successive de cinq barricades, ses troupes furent arrêtées devant la barricade de la Barrière de Belleville, défendue par 600 à 700 insurgés[18]. Après des heures de combat et des pertes importantes, Joseph Foucher dut attendre des renforts pour tenter une attaque décisive[18]. La barricade resta aux mains des insurgés jusqu’à la nuit, forçant les troupes à bivouaquer sur place. Joseph Foucher collabora étroitement avec les généraux Louis Juchault de Lamoricière et Eugène Cavaignac, notamment lors de l’attaque de la barricade du faubourg du Temple, où il engagea sept bataillons[18]. Après des heures de combat et l’arrivée de renforts commandés par le colonel Dulac, la barricade fut finalement enlevée, mais au prix de lourdes pertes[18]. Après la répression de l’insurrection, Joseph Foucher supervisa l’installation d’un camp militaire à Satory (près de Versailles), destiné à accueillir 30 000 hommes[19]. Ce camp, créé pour éviter de nouvelles révoltes, devint par la suite un terrain de manœuvre et de revues militaires sous le Second Empire. Ses rapports et ses ordres, notamment ceux concernant le renfort des troupes à Paris et l’éloignement des bataillons de dépôt, illustrent son rôle central dans la réorganisation de l’armée après les journées de Juin[1].
Lorsque le commandement de l'Armée de Paris et la Garde nationale dût être réuni en une seule main[10], il est nommé au commandement de la 2e division militaire (Lille)[1] le [8], il protesta contre cette mutation qu'il considérait comme une marque de défiance[2]. Il se montre partisan du gouvernement présidentiel de Louis-Napoléon Bonaparte[12]. De 1848 à 1850, il inspecte les 4e arrondissement et 12e arrondissement d'infanterie[10]
Fin de carrière et sénatorerie
Placé dans le cadre de réserve en 1850[12], il est admis à la retraite en 1851. Joseph Foucher saisi le Conseil d'État le . Il demande l'annulation d'une décision du Ministre de la guerre () refusant de le maintenir indéfiniment dans le cadre d'activité de l'état-major général[20]. Le Conseil d'État constate que le commandement exercé par Foucher en ne correspond pas à celui d'une armée ou d'un corps d'armée composé de plusieurs divisions de différentes armes, condition requise par la loi pour un maintien sans limite d'âge[21]. Sa demande est rejeté et il est condamné aux dépens[20].
Il est créé[5] sénateur du Second Empire le [1]. Il est relévé de la retraite en [10], et ré-admis dans le cadre de réserve. Il meurt à Paris le , à l’âge de 73 ans, entouré de ses amis et honoré pour sa longue carrière au service de la France.
Décorations et honneurs
Le Conseil Municipal de Quelaines (en 1860). A la mémoire de Joseph-Désiré Foucher. Né à Quelaines Le 17 avril 1786. — Décédé à Paris le 27 janvier 1860, Vélite en 1804. Lieutenant Général en 1846. Grand officier de la Légion d'Honneur en 1850. Et Sénateur en 1852. Il reçut d'Honorables blessures à Rio Secco, à Viana, à Arcis-sur-Aube, et à Paris en 1848, Pendant les Journées de Juin. En 1842, son portrait a été placé dans la Salle De la Mairie de Château-Gontier, comme témoignage de la Reconnaissance Publique.
Décorations françaises
- Légion d'honneur :
- Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis[1]

Décorations étrangères
Chevalier de l’Ordre de Saint-Ferdinand (2e classe)[1], [10].
Hommages
Une ordonnance royale du , rendue sur le rapport du comte Tanneguy Duchâtel, ministre de l’Intérieur de François Guizot, approuva la délibération du , dans la quelle le conseil municipal de Château-Gontier décide en 1842 de placer son portrait dans la salle des séances en témoignage de reconnaissance publique[1]. Il avait habité, à Château-Gontier, une maison adossée à l'abside de l'Église Saint-Jean-l'Évangéliste de Château-Gontier[22]. Une petite place située proche de l’église et de son lieu d'habitation, porte son nom[22]. Son portrait est désormais dans les réserves du Musée municipal de Château-Gontier[2].
La municipalité de Quelaines fait placer en 1860 une plaque commémorative[24] sur sa maison natale[25]. Une rue porte son nom.
Liens externes
- Ressources relatives à la vie publique :
Références
- Gazette des étrangers : guide général et officiel dans Paris, (Paris), 10 mars 1860.
- Bernard Sonneck, Les Décorés de la Légion d'honneur de la Mayenne, Éditions Régionales de l'Ouest, 2006, volume 1, 1803-1848, p. 93
- ↑ Né le à Laval (paroisse de Saint-Vénérand), de Joseph Foucher et de Marie Loré.
- ↑ Née à Château-Gontier de Jean Marin Journeil et de Jeanne Malvert.
- « Joseph Désiré Foucher », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- ↑ Né le 9 février 1797 à Château-Gontier.
- L'Indépendant de l'Ouest, 2 mars 1860.
- « Joseph Désiré Foucher », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]
- ↑ À droite du tableau, on trouve les maréchaux Joachim Murat, Louis-Alexandre Berthier, Jean-Baptiste Bessières, Michel Ney.
- Le moniteur de l'armée, 1860
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel, 6 mars 1860
- Dictionnaire des Parlementaires français, Robert et Cougny (1889)
- ↑ source Archives Nationales fichier Leonore
- ↑ Procès des accusés du 15 mai devant la Haute Cour de Bourges, 1848.
- Raphaël Moreau, Promenades dans une ville sœur de Clochemerle
- ↑ Arrêté du 15 mai 1848, par lequel la commission du Pouvoir exécutif, investit le général de division Foucher du commandement de toutes les forces militaires de Paris
- ↑ Galerie des victoires et conquêtes de l'armée française et de tous les régiments depuis les premiers temps de la monarchie jusqu'a nos jours, Volume 10, 1856.
- Léonard Gallois, Histoire de la révolution de 1848, Volume 2, 1850
- ↑ Annales d'hygiène publique, industrielle et sociale, 1873.
- Journal militaire officiel: 1851, Numéro 1, p. 222
- ↑ Joseph Foucher invoquait son commandement en chef des forces militaires de Paris et de la première division militaire en mai 1848, estimant remplir les conditions d'exception prévues par la loi du .
- La Gazette de Château-Gontier, 26 mars 1885
- ↑ L'Indépendant de l'Ouest, 11 décembre 1850.
- ↑ Alan Nagard, « En Mayenne. Ces six communes qui ont gardé le souvenir de l’Empire de Napoléon », Ouest-France, édition de la Mayenne, (lire en ligne
)
- ↑ La Gazette de Château-Gontier, 26 mars 1885.
Bibliographie
- « Joseph Désiré Foucher », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- « Joseph Désiré Foucher », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]
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