Joseph Jonas Dumont
| Joseph Dumont | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom de naissance | Joseph Jonas Dumont |
| Naissance | Düsseldorf |
| Décès | (à 47 ans) Saint-Josse-ten-Noode |
| Nationalité | |
| Mouvement | Architecture néoclassique et Architecture néogothique |
| Activités | Architecte |
| Diplôme | Architecte |
| Œuvre | |
| Distinctions | Chevalier de l'ordre de Léopold |

Joseph Dumont ou Joseph Jonas Dumont, né à Düsseldorf (grand-duché de Berg) le et mort à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) le est un architecte belge. Il fait partie de cette enthousiaste génération d'architectes qui, en peu de temps, allaient donner à leur patrie nouvelle un visage nouveau.
Biographie
Joseph Dumont, né à Düsseldorf le , est le fils de Mathias Dumont et d'Henrietta Breuer[1]. Il a épousé à Bruxelles Colette Sturbot qui lui a donné plusieurs enfants.
Il fait ses premières études en Allemagne puis en Belgique et à Paris. Il montre dès sa jeunesse de grandes aptitudes pour le dessin et pour l'architecture[1].
Peu de temps après l'indépendance de la Belgique on le voit à côté des Tilman-François Suys, Louis Roelandt ou Bruno Renard, contribuer à la restauration d'églises et d'anciens édifices qui marquent la première partie de sa carrière architecturale : la halle aux draps d'Ypres et la cathédrale Saint-Martin d'Ypres, les églises de Tongres, Léau et Saint-Hubert[1].
Il participe à l'effort de promotion d'un style plongeant dans l'histoire de ce pays, c'est-à-dire le néo-gothique, rappelant la gloire médiévale des cités flamandes. C'est ainsi lui qui fut chargé de restaurer ou plutôt de re-gothiciser l'église Notre-Dame du Sablon (1842-1845) ainsi que la Porte de Hal. Ces projets restent sans suite en son temps mais furent entrepris plus tard par d'autres.
En 1846, il devient l'architecte-dessinateur attitré de la Commission royale des monuments et des sites puis comme architecte de la basilique Notre-Dame de Tongres[2].
En 1846, il voyage Angleterre, mandaté par le ministère de la Justice pour étudier les pénitenciers de Pentonville, Reading et Salisbury. Il revient convaincu qu'outre le rôle de lieu de détention, les prisons doivent jouer un rôle moralisateur et édifiant par rapport au peuple. C'est ainsi qu'il se consacre à la construction d'écoles de réforme et, de 1847 à 1858, de prisons. Leur façade extérieure en forme de châteaux médiévaux incarne le caractère immuable de la loi[3].
Il a également à son actif la construction de tout un chapelet d'églises nouvelles et bien sûr néo-gothiques, celle de Saint-Boniface à Ixelles (1846-1849), celle de Malle en Limbourg (1844-1845), celle de Saint-Pierre à Wanfercée-Baulet (1844-1848) et l'église de Bouillon. Pour les prisons, de Verviers (1850), de Louvain (1851), Dinant (1851), Charleroi (1851), le style pseudo-Tudor, qui donnait un avant goût de la vie de château, a sa préférence, non sans choquer certains qui s'indignaient car « Il est de toute évidence que les malfaiteurs se trouveront infiniment mieux logés que leurs juges »[4]. C'est également lui qui conçoit la prison de Saint-Gilles mais elle ne sera construite qu'entre 1878 et 1884 sous la direction de l'architecte François Derré. Il réalise également le palais de justice de Verviers et l'hôtel de ville de Virton et les écoles de réforme de Ruiselede et de Beernem[1].
Beaucoup de ses œuvres n'existent plus, exception faite de l'église Saint-Boniface à Ixelles, récemment[C'est-à-dire ?] restaurée et bien intégrée dans un quartier revivifié.
Parmi ses disciples l'on distingue Victor Jamaer.
Á la suite de son décès à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) le , il reçoît des funérailles avec les honneurs militaires à l'église de Saint-Josse-ten-Noode et est inhumé au cimetière de Saint-Josse-ten-Noode[1].
Distinctions
Joseph Jonas Dumont est[1] :
Commandeur de 1re classe de l'ordre de Dannebrog (Danemark) ;
Chevalier de l'ordre de Léopold en 1951 (Belgique)[5];
Chevalier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (Italie) ;
Chevalier de l'ordre de la Couronne de chêne (Luxembourg).
Notes
- « Nécrologie », L'Emancipation politique, commerciale, religieuse et littéraire, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Houbart, Vers une histoire matérielle du chantier de restauration, Presses universitaires du Septentrion, (lire en ligne)
- ↑ Bernard Bousmanne, Verlaine en Belgique : cellule 252, turbulences poétiques ; [catalogue de l'exposition, Mons, Musée des Beaux-Arts, 17 octobre 2015 - 24 janvier, Bruxelles, Éditions Mardaga, (lire en ligne)
- ↑ Pierre Loze et alii, "Dumont Joseph Jonas", dans Poelaert et son temps, Bruxelles, 1980, p.150, qui cite un passage du Journal de l'architecture, I, 1848, pp. 5-6.
- ↑ Rédaction, « Exposition nationale des beaux-arts », L'Indépendance belge, no 307, , p. 1-2 (lire en ligne, consulté le ).
Annexes
Bibliographie
- Baudry Antoine, La restauration de l’abbatiale de Saint-Hubert au XIXe siècle : architectes, conducteurs des travaux et ouvriers (1839-1884), in Saint-Hubert d’Ardenne. Cahiers d’Histoire, t. XII, Saint-Hubert, 2018, p. 141-156 (actes du colloque Saint(-)Hubert d’Ardenne : quoi de neuf ?, Saint-Hubert, 23/11/2017-24/11/2017).
- Baudry Antoine, La nomination des architectes chargés de la restauration de l’abbatiale de Saint-Hubert au XIXe siècle (1839-1884), dans Prina Daniela N. (éd.), L’architecture et l’urbanisme du long XIXe siècle en Belgique. Lieux, protagonistes, rôles, enjeux et stratégies professionnelles, Liège : Presses Universitaires de Liège, 2020, p. 113-124 (DIVAgations, 1) (lire en ligne).
- Benoît Mihail et Anne Van Loo (dir.), « Dumont, Joseph Jonas », dans Dictionnaire de l'architecture en Belgique de 1830 à nos jours, Anvers, Fonds Mercator, , 624 p. (ISBN 90-6153-526-3), p. 289-290.
Articles connexes
Liens externes
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