Joseph de Tonquédec
| Exorciste Archidiocèse de Paris | |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 93 ans) 7e arrondissement de Paris |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Joseph de Quengo de Tonquédec |
| Nationalité | |
| Formation |
Lettres, philosophie et théologie |
| Activité |
| Ordre religieux |
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Joseph Paul Marie de Quengo de Tonquédec, né le à Morlaix (France) et mort le à Paris (7e), est un prêtre jésuite français, théologien et écrivain.
Auteur de nombreux ouvrages de philosophie spéculative et de livres et articles critiques à propos entre autres du blondélisme et du modernisme il fut également l'exorciste officiel du diocèse de Paris de 1924 à 1962.
Jeunesse
Joseph de Tonquédec naît dans le Finistère, à Morlaix, le [1]. Il est l'aîné d’une famille catholique de l’aristocratie bretonne, fils d'Henri de Tonquédec (1833-1911) et de son épouse, née Adrienne de Kergos (1847-1918)[2]. Il fait de brillantes études au collège Saint-François-Xavier de Vannes, tenu par les Jésuites, où semble-t-il, Joseph découvre sa vocation religieuse. Pourtant, ce n’est qu’après une licence qu’il entre dans la Compagnie. En effet, une fois son baccalauréat obtenu, il étudie les lettres à l’université catholique d’Angers, de 1889 à 1892, avant d’entrer dans la Compagnie de Jésus, expulsée de France en 1880 par les lois de la IIIe République.
Lorsque le jeune diplômé entre chez les Jésuites en [3], le scolasticat étant exilé dans différents pays, il doit passer par diverses maisons religieuses. De plus, le futur jésuite effectue certaines années en tant que surveillant dans des écoles de la compagnie, comme le réclame la période de « regendat » durant laquelle tout novice doit passer un à trois ans dans une œuvre apostolique de la Compagnie. Ainsi donc, fait-il son noviciat et son juvénat (philosophie) à Cantorbéry (St Mary’s College) de 1892 à 1895, puis, après une année d'expérience apostolique comme surveillant au collège de l’Immaculée Conception de la rue Vaugirard (Paris), il étudie, deux années durant, la théologie à Jersey (Maison Saint-Louis-de-Gonzague), et enseigne la philosophie dans un collège de la Compagnie à Tours (Saint-Grégoire) entre 1900 et 1901. Enfin, il achève ses années de théologie au « théologat » d’Enghien, en Belgique, où le futur jésuite s’exerce à l’art de la disputatio : ainsi, le tient-il le rôle de la défense sur le sujet du sacrement de pénitence. Ordonné prêtre en à la cathédrale de Cantorbéry, Joseph de Tonquédec termine sa formation jésuite avec le traditionnel Troisième An, sorte de récapitulation spirituelle, six ans plus tard.
Exorciste du diocèse de Paris
Après son ordination sacerdotale le père de Tonquédec est fixé définitivement à Paris où il s'adonne à la réflexion et recherche philosophique: ses premiers articles, philosophiques notamment. datent de cette époque. En outre il suit les cours d'Henri Bergson au Collège de France entre 1906 et 1907, environ dans les mêmes années que Jacques Maritain et Réginald Garrigou-Lagrange, dont il fait peut-être la connaissance (il correspondra avec ces deux philosophes éminents par la suite), ainsi que ceux de sciences psychiatriques à la Sorbonne.
Très vite il est amené à s'intéresser au Surnaturel et en particulier aux miracles - comme l'attestent ses articles sur les miracles eucharistiques à Lourdes. En 1924, il devient l'exorciste officiel du diocèse de Paris, charge qu'il occupe de fait depuis 1918. En vertu de sa charge, il sera amené, non seulement à rédiger un certain nombre d'ouvrages sur les cas de possession, sur les folies psychiatriques et autres phénomènes surnaturels liés à la vie mystique dont des cas de prétendues apparitions. Ainsi celui, alors vivement débattu, de la religieuse Yvonne-Aimée de Malestroit, à propos duquel il se montre plutôt sceptique, et celui de la voyante du Sacré-Cœur, Claire Ferchaud, qu'il semble approuver, comme fait penser l'importante correspondance qu'il entretint avec elle. [réf. souhaitée] Sans entrer dans les détails, on peut dire que le père de Tonquédec, féru de sciences psychiatriques, tout en restant absolument ferme sur les questions dogmatiques, appréhende avec grande prudence et discernement les cas dont il est chargé, soucieux de se tenir sur la ligne de crête entre le rationalisme borné et la crédulité superstitieuse.
Philosophe antimoderniste
Outre ses recherches sur le Surnaturel et son ministère sacerdotal comme exorciste, le philosophe jésuite s'adonne à la rédaction d'ouvrages philosophiques. Dès 1907, il critique dans la revue Études, la philosophie nouvelle de Bergson et de Le Roy, et en 1912, s'en prend à la philosophie de l'action à l'instar de Maurice Blondel auquel il consacre l'important ouvrage, Immanence, essai critique de la doctrine de Maurice Blondel. Dès lors, s'ouvre une vive opposition avec le philosophe d'Aix qui continuera jusque dans les années 1950; Joseph de Tonquédec dénonce le blondélisme comme 'périlleux pour la foi chrétienne' en raison de sa proximité avec le modernisme et ne craint pas d'affirmer que la philosophie de l'action se trouve condamnée dans Pascendi Dominici gregis. Cette polémique, avec ses multiples rebondissements, est à mettre en corrélation avec celle menée contre Henri Bergson. Dans un style moins véhément toutefois, Joseph de Tonquédec s'en prend à cet autre philosophe modernisant, au sujet de sa vision de Dieu qu'il juge proche du panthéisme.
Dans les années 1950, face aux disciples de Blondel, le père de Tonquédec exprime à plusieurs reprises ses inquiétudes sur le climat philosophique, doctrinal, et théologique, et s'oppose à la Nouvelle Théologie. Réservé à l'égard des thèses de ses confrères jésuites Henri Bouillard, Jean Daniélou, et Louis Beirnaert, on sait aussi qu'il fut assez hostile à l'ouvrage Surnaturel d'Henri de Lubac. Pour preuve, les nombreux articles, refusés à la parution, qu'il écrivit dans l'après-guerre : par exemple au sujet d'un mauvais usage de l'épithète « intégriste », attribuée à tort selon lui aux défenseurs de la foi, mais aussi ceux relatifs à l'évolution de la sensibilité religieuse vers la conception exclusive d'un « Dieu Amour », ou encore un commentaire de la correspondance Blondel-Valensin. « Nous revenons au modernisme » disait-il à la fin de ses jours.
Écrits
- La Notion de Vérité dans la « Philosophie Nouvelle », Paris, Éditions Beauchesne, , 153 p..
- A propos d'une brochure récente de M. Blondel, Paris Beauchesne, .
- G. K. Chesterton, ses idées et son caractère, Paris, Nouvelle Librairie nationale, , 118 p.
- L'Œuvre de Paul Claudel, Éditions Beauchesne, .
- La Critique de la connaissance, Paris, Éditions Beauchesne, .
- Immanence. Essai critique sur la doctrine de M. Maurice Blondel, Paris, Éditions Beauchesne, .
- Deux études sur « La pensée » de M. Maurice Blondel, Paris, Éditions Beauchesne, .
- Philosophie bergsonienne, Éditions Beauchesne, .
- Les maladies nerveuses ou mentales et les manifestations diaboliques (préf. de S. E. le cardinal Verdier), Paris, Éditions Beauchesne, [4].
- Introduction à l'étude du Merveilleux et du Miracle, Paris, Éditions Beauchesne, , 3e éd.
- Léonce de Grandmaison et Joseph de Tonquedec, La Théosophie et l'Anthroposophie, Éditions Beauchesne,
- Une philosophie existentielle, L'Existence d'après Karl Jaspers, éditions Beauchesne,
- Ce qu'un catholique doit savoir. Une preuve facile de l'existence de Dieu : l'ordre du monde, Éditions Beauchesne, , 8e éd.
- Questions de Cosmologie et de Physique chez Aristote et Saint Thomas, Paris Librairie philosophique J. Vrin,
- Les Principes de la philosophie thomiste, éditions P. Lethielleux, 1956-1962 (1re éd. 1929, Paris, Éditions Beauchesne)
- La Philosophie de la nature, éditions P. Lethielleux, [5]
Notes et références
- ↑ Son acte de naissance (n° 451) dans le registre des naissances de Morlaix pour l'année 1868. La date et le lieu de décès se trouvent en mention marginale.
- ↑ Généalogie
- ↑ Auteurs à l'origine du renouveau thomiste
- ↑ Histoire de la folie, in Études carmélitaines
- ↑ Data BNF
Voir aussi
Bibliographie
- Louis Jugnet, « Traditionnel et moderne : le R.P. J. de Tonquédec (1869-1962) », La pensée catholique, no 84, , p. 24-43.
- L. Breda-Drochon, « Joseph de Tonquédec, un bon clinicien de la Compagnie de Jésus "Qui est là ?" ou "Qu'est-ce que c'est ?" », Psychologie médicale, vol. 19, no 14, , p. 2597-2598
Liens externes
- Joseph de Tonquédec S.J., « Gide et La Symphonie pastorale », Études, (lire en ligne)
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