Josette Bomaré
| Josette Bomaré | |
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | française |
| Cause défendue | Lutte contre l'utilisation du chlordécone et droits des travailleurs |
| Organisation | Parti communiste Collectif des ouvriers agricoles et de leurs ayants droits empoisonnés par les pesticides (Coaadep) |
| Profession | Ouvrière agricole |
Josette Bomaré, née le à Le Robert en Martinique, est une militante luttant contre l'utilisation des pesticides et pour les droits des travailleurs en Martinique. C'est une figure locale pour son implication dans cette lutte depuis les années 1970.
Enfance
Josette Bomaré est née en 1938 à Le Robert en Martinique d'une mère ouvrière agricole. Elle est la treizième enfant de la famille[1].
A 15 ans, elle commence à travailler pour soutenir sa famille. Rapidement, elle devient ouvrière agricole dans des plantations de cannes à sucre puis de bananes.
Grève des ouvriers agricoles de 1974
Le 17 janvier 1974, un mouvement social débute en Martinique. Josette Bomaré fait partie des leader des manifestations. L'objectif de la grève est de demander une revalorisation des salaires et de protester contre l'usage des pesticides qui doivent être dispersés dans les champs[2]. Après trois semaines de blocage, l'État ouvre le feu sur les grévistes[3]. Lors de la répression armée, Josette Bomaré est présente mais n'est pas touchée[1]. Elle témoigne ne pas avoir compris ce qui a déclenché l'ouverture du feu sur les manifestants.
Pour avoir mené ces grèves des ouvriers agricoles de 1974, Josette Bomaré ne trouve plus de travail dans le monde agricole. En 1976, elle déménage à Fort-de-France et devient agent de nettoyage au service de la ville. Elle exerce ce métier jusqu'à sa retraite dans les années 2000[4].
Création du COAADEP
En 2019, Josette Bomaré et sa nièce, Gisèle Gros[5], fondent le « collectif des ouvriers agricoles antillais empoisonnés par les pesticides » abrégé en Coaadep[6]. L'objectif de ce collectif est de visibiliser l'exposition des ouvriers agricoles antillais aux pesticides, dont le chlordécone, et d'obtenir réparation.
En 2021, l'association permet la reconnaissance des cancers de la prostate comme maladie professionnelle liée à une surexposition au chlordécone[7].
Hommage
En janvier 2013, José Mucret, rend publiquement hommage à plusieurs figures des mouvements populaires martiniquais. Josette Bomaré est citée parmi eux, en tant qu'« ainée ayant ouvert la voie »[8].
Notes et références
- Léa Mormin-Chauvac, « Josette Bomaré, mémoire doubout », La Déferlante, no 21, , p. 79-83 (lire en ligne
)« « La Déferlante » : dans la revue féministe, un dossier consacré à « ces victimes en quête de justice » », Le Monde, (lire en ligne) - ↑ « Février 1974 : le drame de Chalvet », sur www.patrimoines-martinique.org (consulté le )
- ↑ Reporterre, « En Martinique, le 14 février 1974, l’État tuait des ouvriers de la banane », sur Reporterre, le média de l'écologie - Indépendant et en accès libre, (consulté le )
- ↑ « Josette Bomaré, ancienne balayeuse à Fort-de-France : « Sè Missié Sézè ki sové mwen » », sur martinique.franceantilles.fr, (consulté le )
- ↑ Yann Bérard, Les Outre-mer face à la bifurcation écologique. Des territoires pionniers ?, Versailles, éditions Quæ, , 210 p. (lire en ligne), p. 126
- ↑ Sarah Andres, « Chlordécone : récit d'un écocide colonial », sur Lisbeth, (consulté le )
- ↑ Reporterre, « Chlordécone : « On a l’impression que la vie des personnes noires est moins importante que celle des personnes blanches » », sur Reporterre, le média de l'écologie - Indépendant et en accès libre, (consulté le )
- ↑ « Pour servir notre peuple, nous irons jusqu'au bout », sur martinique.franceantilles.fr, (consulté le )
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