Juanita Mir

Juana Mir
Biographie
Naissance
Décès
(à 44 ans)
Derio
Nom de naissance
Juana Mir García
Pseudonyme
Juanita Mir
Nationalité
Allégeance
Activités
Autres informations
Conflit

Juana Mir García, dite Juanita Mir, née le à Pampelune (Navarre) et morte à Derio (Biscaye) le , est une journaliste et écrivaine républicaine espagnole, fusillée en 1937 par les nationalistes dans le cimetière basque de Derio, accusée d'être « dangereuse socialement »,[1].

Biographie

Les parents de Juana Mir étaient Victoria García Lacarra et Octavio Mir Mata, un journaliste nommé directeur du journal El Correo Vasco à sa création le , à Bilbao. Octavio Mir a aussi dirigé d'autres journaux à Cadix et Burgos. Il a vécu ses dernières années à Bilbao où il s'est installé avec sa famille en 1910, écrivant dans le journal El Pueblo Vasco jusqu'à son décès en 1921.

Sur le premier registre communal de la famille Mir à Bilbao figurent aussi les frère et sœur de Juana (Genara et Joaquín) comme résidents de la Villa Berriz dans le quartier Iralabarri de Bilbao. En 1915, ils déménagent pour vivre dans la rue Euskalduna, où Juana a habité jusqu'à son exécution[2].

À l'âge de dix-huit ans, Juana collabore à la revue Euskalerriaren Alde en y publiant des chroniques. Passionnée de théâtre, elle joue, en 1929, dans la représentation de El conflicto de Mercedes, œuvre dirigée par Rufo Gómez Bayona à l'Ateneo Navarro de Bilbao[3].

Juana Mir écrit dans le journal La tarde, dans la rubrique La femme écrit, et dans ses articles fait une critique sociale et prend position en faveur de la paix. Elle signe Juanita Mir. Ses convictions pacifistes se révèlent à partir de 1930, par exemple dans l'article Ce ne fut qu'un rêve où elle imagine un monde idyllique sans frontières ni guerres et affirme que les guerres ne sont que de juteuses affaires pour les puissants[4]. En 1934, pendant les tragiques grèves d'octobre, dans un article elle s’adresse aux femmes pour qu'elles interpellent le gouvernement en demandant le pardon et la charité devant les événements.

Le , elle publie un article intitulé Héroisme et sacrifice dans lequel elle loue le patriotisme des citoyens qui sacrifient leurs économies et leurs bijoux pour financer les dépenses de la guerre, y introduisant une plaidoirie pacifiste dans laquelle elle dit : « Combien plus de beauté aurait ce trait si au lieu de destiner l'or de ce sacrifice collectif à l'acquisition de matériel guerrier, il était consacré à l'enrichissement de la patrie par une juste répartition du bien-être qui atteigne tous les citoyens!»[5]. En 1937 elle dénonce régulièrement dans ses écrits la barbarie et la cruauté des militaires fascistes.

Le , dans un article intitulé Si Durango et Guernica ne parlaient pas si clairement, elle accuse les factieux de leur bonne relation avec l'Allemagne en les blâmant pour les bombardements opérés par la Légion Cóndor en Biscaye, dont les effets les plus clairs se sont vus à Guernica et Durango[6].

Arrestation et exécution

Juana Mir est arrêtée le et incarcérée à la prison de Larrinaga pour être jugée en conseil de guerre le . Elle est accusée d'inciter à suivre la cause rouge-séparatiste et d'injurier la "Glorieuse Armée".

Un mois après, elle est exécutée avec quatorze autres condamnés à la peine de mort, tous des hommes, dans le cimetière de Derio, le matin du . Le journal Euzkadi du informe de son exécution. Elle est jetée dans une fosse commune, d'où sa famille la sort pour l'enterrer dans le caveau familial. Elle est ensuite oubliée pendant des décennies, et enfin sortie de l'ombre par des historiens tels que Ascención Badiola, Amaia Kowasch et Aitor Garjón[5].

Reconnaissance et postérité

  • En 2016, la mairie de Bilbao ouvre un processus participatif pour changer le nom de quelques rues de Bilbao dans le cadre de la Loi de Mémoire Historique et le nom de Juanita Mir est proposé avec ceux de Julita Berrojalbiz, Benita Asas, Adelina Méndez de la Torre et Vicenta Moguel[7].
  • En 2020, l'historienne Ascensión Badiola écrit un roman basé sur sa vie, sous le titre La décision de Juana Mir[8]. Le roman a gagné le Prix Ramiro Pinilla 2020[9].
  • Le documentaire Memoria Eraikiz: Femmes fusillées. La mémoire absente a comme fil conducteur la figure de Juana Mir avec d'autres femmes réprimées pendant la guerre civile[10].

Notes et références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Juanita Mir » (voir la liste des auteurs).
  1. « Juanita Mir: la periodista fusilada en 1937 por ser ‘peligrosa socialmente », Nabarralde (consulté le )
  2. Ion Stegmeier, « Juana Mir vuelve a publicar », Diario de Navarra, Pamplona,‎ , p. 62 (lire en ligne, consulté le )
  3. « Mir García, Juana », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  4. (es) « Juana Mir. Una pamplonesa valiente y comprometida, fusilada por los fascistas en 1937 » (consulté le )
  5. « Juanita Mir: la periodista fusilada en 1937 por ser ‘peligrosa socialmente’ » [archive du ], Blogs de Deia (consulté le )
  6. « Gomutan: Frankistek fusilatutako Juanita Mir kazetaria gomutan », Bilbo Hiria (consulté le )
  7. « Cinco nombres de mujer para rebautizar la calle del franquista Remigio Vilariño », El Correo (consulté le )
  8. Ascensión Badiola Ariztimuño, La decisión de Juana Mir, Txertoa, (ISBN 978-84-7148-658-5, OCLC on1226396867, lire en ligne)
  9. (es) « LIBROS » (consulté le )
  10. (es) « Memoria Eraikiz: Mujeres Fusiladas. La memoria ausente » (consulté le )

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