Jules Desclée
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Henri Desclée (d) |
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Jules Desclée ( - ) est un industriel belge. Il est, avec son père Henri-Philippe et son frère Henri, un des fondateurs de deux imprimeries de littérature catholique romaine, la Société Saint-Jean l'Évangéliste et Desclée De Brouwer et de de l'abbaye de Maredsous. Il s’engage également comme zouave pour défendre les États pontificaux[1].
Biographie
Né à Tournai en Belgique, Jules Desclée rejoint l'armée des États pontificaux après leur invasion en 1860 dans le cadre de l'unification italienne.
Engagé en 1861, il gravit rapidement les échelons et devint officier en 1866. Il fait partie des troupes qui s'opposèrent à Garibaldi et son armée de Chemises rouges lorsqu'ils envahissent les États pontificaux à l’automne 1867.
Lors de l’invasion piémontaise et du siège de Rome en , il est blessé en défendant Subiaco.
De retour au pays, il fonde, avec son frère Henri, l'abbaye de Maredsous et deux imprimeries : la Société Saint-Jean l'Évangéliste et Desclée De Brouwer.
Son oncle François (1800-1842) et son père Henri Philippe (1802-1873) Desclée sont avocats et entrepreneurs et ont fondé la société « Desclée & Compagnie » qui installe l'éclairage au gaz à Bruges pour remplacer les lampes à huile et les lanternes. Après la mort de leur père, Henri et Jules reprennent la compagnie qu'il a fondée. L'entreprise reste longtemps aux mains des descendants de Desclée et de Brouwer jusqu'à sa fusion avec la SA Ebes en 1958.
Activités dans l'édition
Parallèlement à leurs activités industrielles, les Desclée se diversifient dans l'édition. La Société Saint-Jean l'Évangéliste est fondée à Tournai en 1872 par Henri-Philippe Desclée et ses deux fils avec pour objectif de restaurer l'art chrétien dans les publications liturgiques. Ensuite, les deux frères fondent en 1877, avec leur beau-frère, Alphonse de Brouwer, une imprimerie à Bruges, à laquelle ils rattachent en 1883 une librairie et une maison d'édition sous le nom de Desclée de Brouwer, ou « Société Saint-Augustin ». Quelques années plus tard, une succursale est ouverte à Paris.

Les principes esthétiques qui devaient guider leur entreprise sont ceux du Moyen Âge. Par la commercialisation de publications et de lithographies inspirées des manuscrits médiévaux, les fondateurs souhaitent contribuer à raviver l'esprit chrétien de l'époque. Ils bénéficient de l'aide du baron Jean-Baptiste Bethune, promoteur du renouveau gothique en Belgique. Bethune conçoit non seulement les lithographies, les polices de caractères et les reliures pour Desclée De Brouwer, mais en vérifie et corrige également l'exécution. William Henry James Weale, également fervent partisan du renouveau gothique, est pendant un temps représentant des publications de l'entreprise à Londres.
Au début, la Société s'appuie sur des ouvriers, des compositeurs et des imprimeurs anglais. Les premières publications attirent l'attention des connaisseurs. La Société, s'appuyant d'abord sur les travaux de Joseph Pothier, puis sur les études des Bénédictins de Solesmes, publie les premières publications visant au rétablissement du chant liturgique, communément appelé « plain-chant ». Ces éditions servent de base à l'édition publiée par l'imprimerie du Vatican et imposée par la pape Pie X à l'Église catholique.
Desclée de Brouwer publie principalement des ouvrages à contenu religieux et philosophique, ainsi que des ouvrages religieux, notamment des missels, des catéchismes et des livres scolaires[2]. Elle édite également une variété d'ouvrages relatifs aux études ecclésiastiques, à la théologie ascétique, à l'histoire et à la littérature religieuses, à l'hagiographie, à l'art, à l'archéologie, à l'éducation, etc. La production d'images religieuses constituait également une part importante du travail de la Société, à Bruges en Belgique et à Lille en France. En 1881, les frères Desclée reprennent la production de la Revue de l'art chrétien[3]. En 2006, après quelques vicissitudes financières, les Éditions Desclée de Brouwer sont rachetées par le groupe suisse Parole et silence.
Abbaye de Maredsous

En 1872, Henri-Philippe acquiert le domaine de Maredsous. Il souhaite y établir une abbaye bénédictine. Félix de Hemptinne a servi aux côtés de Jules Desclée chez les zouaves pontificaux. Il devient plus tard moine à l'abbaye Saint-Martin de Beuron, en Allemagne, sous le nom religieux d'Hildebrand. À cette époque, le Kulturkampf a éclaté en Allemagne et une législation contre les ordres religieux a été adoptée. Hildebrand aborde la question des intérêts de Desclée avec son abbé Maurus Wolter, qui décide de fonder une maison-fille à Maredsous.
Les premiers moines s'installèrent en 1872 au château et à la ferme de Maredsous, puis dans les nouveaux bâtiments en 1876. Les plans furent dessinés par Béthune, inspiré par la même motivation que les frères Desclée pour la restauration de l'art chrétien.
Références
- ↑ https://www.papalzouave.com/pricing-plans/membership
- ↑ G. Gabel, "Desclée de Brouwer", Lexicon of the entire book industry, BRILL, 2014 (ISBN 9783777214122)
- ↑ J Corblet, Revue de l'art chrétien, (lire en ligne), p. 256
Liens externes
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