Jules Godi
Jules Godi (1902-1986) est un artiste associé à l’art brut, d’origine italienne, installé en France. Ancien maçon et radiesthésiste, il commence à dessiner après la catastrophe du barrage de Malpasset en 1959, qui coûte la vie à sa famille. Cette catastrophe est probablement l'élément déclancheur de son activité graphique[1]. Ses œuvres, réalisées selon un procédé qu’il décrit comme guidé par un pendule et des forces occultes, se caractérisent par des compositions géométriques et des couleurs saturées. Elles figurent dans plusieurs collections majeures, dont la Collection de l'Art Brut à Lausanne et le LaM à Villeneuve-d'Ascq.
Biographie
D'origine italienne, Jules Godi exerce la profession de maçon jusqu'à sa retraite, époque à laquelle il se retire dans les environs de Draguigan, dans le Var, en France. Il pratique de front la radiesthésie. Ses dons sont reconnus puisqu'on s'adresse à lui pour détecter des nappes d'eau souterraine et pour retrouver des personnes et des objets disparus[2].
Rien, ne semble-t-il, ne prépare au dessin et à la peinture[3]. Peut-être la disparition de sa famille dans une catastrophe provoquée par la rupture du barrage du Malpasset dans le Var en 1959 [4] est un événement qui aurait déclenché sa démarche créatrice. Pourtant ce créateur, à l'aide de son pendule par lequel il se dit guidé, à la manière des artistes spirites, triangule l'espace de la feuille blanche de points de repère, se référant parfois à la figuration astrale[5]. il fait un point avec une mine de plomb[6] et relie ensuite les différents points comme cela se produit dans certains jeux pour les enfants. Toujours à l'aide de son pendule, il choisit dans sa boite de crayons ou de peinture, les couleurs, d'une palette vibrante[7], qui remplira les surfaces déjà délimitées. Le pendule, lui indique donc la marche à suivre : direction du trait, nature du pinceau, du crayon, de la peinture à utiliser. Les forces occultes qui dirigent sa main déterminent donc aussi la composition des couleurs[8]. Ainsi le carton entoilé ou la feuille blanche sont investis d’architectures fabuleuses et de signes initiatiques d’un chromatisme éclatant.
Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées; il est, par exemple dans la collection de l'art brut à Lausanne[9], dans les collections permanentes du LaM Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut à Villeneuve d'Ascq, du Musée de la Création Franche à Bègles, au Musée d'art brut de Montpellier, ainsi que dans d'importantes collections d'art brut privées : la collection ABCD-Bruno Decharme à Paris[10], la collection Eternod-Mermod à Lausanne.
En 1998, les Éditions Larousse publient le "Dictionnaire de la psychiatrie et de psychopathologie clinique" sous la direction de Jacques Postel avec un dessin de Jules Godi en couverture.
Expositions personnelles
- 1981 Galerie Chave, Vence[11]
- 2019 "Jules Godi" Galerie Chave, Vence[12]
- 2014 " Regards éblouis", Musée Ingres, Montauban[13]
Expositions collectives
- 2021 "Croyances", collection de l'art brut, Lausanne
- 2021 "planètes brutes" , Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut , Lille-Villeneuve-d'Ascq
- 2020 "l'art brut s'encadre", collection de l'art brut, Lausanne[14]
- 2011 Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut , Lille-Villeneuve-d'Ascq, "Amicalement brut, collection Eternod-Mermod"(catalogue)
- 2003 L'ESPAL, Le Mans, "Lisières"
- 2001 Prins Eugens Waldemarsudde, Stockholm, "Solitärer", the Art Brut Collection of Philippe Eternod and Jean-David Mermod, 2000, (catalogue)
- 2000 Kunstmuseum Malmö, "Solitärer. Sarlingskonst fran Samling Eternod - Mermod", Malmö, (catalogue)
- 1997 Musée de la Création Franche, Bègles-Bordeaux, "collection Eternod-Mermod",(catalogue)
Notes et références
- ↑ Michel Thévoz, Pathologie du cadre, Les Editions de Minuit, , 155 p. (ISBN 978-2-7073-4639-1), p. 35
- ↑ (en) « Jules Godi », sur artbrut.international (consulté le )
- ↑ (su) Geneviève Roulin, Solitärer, Särlingerkonst från Samling Eternod-Mermod Lausanne, Malmö, Malmö Konstmuseum, , 112 p. (ISBN 91-88040-55-0), p. 49
- ↑ « Les regards éblouis d’artistes oubliés », sur academiedesbeauxarts.fr (consulté le )
- ↑ (en + it) Geneviève Roulin, Eternity has no door of Escape, Lugano, Fondazione Gottardo, , 282 p. (ISBN 88-86455-17-8), p. 124
- ↑ « Les histoires folles, d'un art pas si fou, à l'exposition d'Alain Bouillet », sur La Montagne, (consulté le )
- ↑ collectif, Amicalement brut, collection Eternod & Mermod, LaM, , 128 p. (ISBN 978-2-86961-115-3), p. 113
- ↑ « Jules Godi », sur abcd-artbrut.net (consulté le )
- ↑ « Jules Godi », sur collection de l'art brut (consulté le )
- ↑ « Jules Godi », sur abcd-artbrut (consulté le )
- ↑ « Jules Godi », sur Galerie Chave (consulté le )
- ↑ (en) « Jules Godi Exhibition », sur artetcinemas (consulté le )
- ↑ Bruno Montpied, « Regards éblouis au Musée Ingres du 17 avril au 16 juin 2014 », sur Le poignard subtil (consulté le )
- ↑ « l'art brut s'encadre », sur art brut.ch (consulté le )
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