Julien Bigot

Julien Bigot
Illustration.
Fonctions
Député français

(7 ans, 11 mois et 4 jours)
Élection 20 août 1885
Réélection 22 septembre 1889
Circonscription Mayenne
Législature IVe et Ve (Troisième République)
Groupe politique Union des droites (1885-1889)
Successeur Amédée Renault-Morlière

(5 ans et 28 jours)
Élection 8 février 1871
Circonscription Mayenne
Groupe politique Centre droit
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Couptrain
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Angers
Sépulture Cimetière de l'Est d'Angers
Nationalité Française
Parti politique Union des droites
Diplômé de Lycée Louis-le-Grand
Profession Magistrat
Résidence Mayenne

Julien-Armand Bigot, né le à Couptrain (Mayenne) et mort le à Angers (Maine-et-Loire), est un magistrat et homme politique français, député monarchiste de la Mayenne à plusieurs reprises entre 1871 et 1893.

Biographie

Origine

Julien-Armand Bigot naît à Couptrain, dans le département de la Mayenne, le . Il est le fils du notaire et juge de paix du canton de Couptrain[1].

  • Julien Simon Bigot (1799-1831) x Armandine Cheux
    • Julien Bigot (1831–1914) x Camille Bourcier
      • René Bigot (1863-1939) x Thérèse Blachez

Formation

Il effectue ses études secondaires au Lycée de Laval[1], puis à Paris[1] au lycée Louis-le-Grand. Il étudie le droit à Paris, obtient sa licence en 1852 et son doctorat en 1854 (De la cession de créance en droit romain et en droit français[2]). Il devient secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris en 1855.

Carrière dans la magistrature

Julien Bigot entre dans la magistrature en 1856 comme substitut du procureur impérial à Mayenne, (). Il est successivement nommé substitut à Laval (), à Angers (), puis substitut du procureur général à Angers ()[1]. Il devient avocat général près la Cour d'appel d'Angers en [1].

Après la Proclamation de la République française du 4 septembre 1870, il démissionne le [1], avec la plupart de ses collègues du parquet, par suite de la révocation du procureur général d'Angers, et du choix fait pour le remplacer, comme décidé par Adolphe Crémieux, ministre de la justice de l'installation du procureur général nommé par le Gouvernement de la Défense nationale. Il refuse de servir sous le Gouvernement de la Défense nationale. Il s’inscrit alors au barreau d’Angers, où il fait partie du Barreau.

Il se fait alors inscrire au barreau d'Angers Il plaide notamment contre le préfet du Maine-et-Loire nommé par Léon Gambetta : Maurice Engelhardt. Il est un magistrat distingué quoiqu'un monsieur désagréable, il est plutôt de tendance orléaniste[3]. Mécène catholique, Julien Bigot est dès les années 1870, l’un des plus importants financiers des établissements congréganistes[4] d’Angers[2]. Propriétaire du Château du Petit-Serrant à Bouchemaine, il possédait notamment un portefeuille d’actions d’un montant très élevé dans la Société anonyme des cloîtres Saint Martin, la Société anonyme d’éducation de la rue Saint-Julien, les Sociétés civiles immobilières des Plaines Saint-Léonard ou encore les Écoles de filles d’Andrezé[5].

Carrière politique

1871-1876

Sans parenté avec Louis Bigot, Julien Bigot est élu député de la Mayenne à l’Assemblée nationale le à la suite des élections législatives de 1871. Il siège au centre droit[6] et fait partie de la réunion Saint-Marc Girardin[6]. Il vote pour les préliminaires de paix, les prières publiques, l’abrogation des lois d’exil, le pouvoir constituant de l’Assemblée, et contre le retour de l’Assemblée à Paris. Il est membre de la Commission des Grâces, qui eut à statuer sur les recours des condamnés de la Commune de Paris et de la commission de réorganisation de la magistrature[6]. Cette dernière est instituée par l'Assemblée nationale élue en 1871, composée de députés de province, et siège jusqu'en [7].

Il prend à diverses reprises la parole et se montre l'adversaire constant des idées libérales et de la République[6]. Il vote pour les préliminaires de paix, les prières publiques, l'abrogation des lois d'exil, la loi des conseils généraux, la pétition des évêques, le pouvoir constituant de l'Assemblée, l'abrogation des traités de commerce, contre le retour de la Chambre à Paris, la proposition Feray, etc[6].

Il soutient la chute d'Adolphe Thiers le [6], et vote pour le septennat. Il appuie toutes les mesures réactionnaires présentées par le Gouvernement de combat, parle en faveur de l'érection de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, repousse la proposition Périer et Maleville, etc., et se livre à diverses reprises à de violentes attaques contre les républicains[6]. Pour Michel Denis, il se prononce sur le maintien de la forme républicaine en attendant des jours meilleurs. Plusieurs années plus tard, il incriminera l'échec[8] de la tentative de restauration monarchique en France, à la suite d'une lettre du « comte de Chambord » dans laquelle il refuse l'adoption du drapeau tricolore[9], le . Elle est pour lui la seule cause de l' échec subi, et il ajoute que ceux qui l'on conseillée ou provoquée en répondront devant Dieu[10]. Julien Bigot soutient ensuite la politique du Gouvernement Buffet et vote la loi de l'enseignement supérieur[6]. Toutefois, il vote contre l'Amendement Wallon, devenu l'article 2 des lois constitutionnelles, mais a vote l'ensemble des Lois constitutionnelles de 1875[11] le .

1876-1885

Non réélu aux Élections législatives de 1876 contre Vital Bruneau, candidat républicain, il rentre au barreau et, après le [1], est rappelé dans la magistrature, comme Président de Chambre à la Cour d'Angers, par Albert de Broglie, alors ministre de la justice le . Il affiche son antirépublicanisme lors du , avant de prendre part, en 1880[4], à plusieurs délibérations de la chambre des mises en accusation en soutien aux congréganistes[5].

Dessin en couleur représentant Martin-Feuillée travesti en jardinier attentif.
Caricature du journal républicain Le Don Quichotte représentant le ministre de la Justice Félix Martin-Feuillée émondant l'« arbre judiciaire ».

Atteint par les lois Martin-Feuillée sur l’inamovibilité de la magistrature assise, il reprend sa place au barreau d’Angers en 1883[1]. Il fait partie de l'Épuration de la fonction publique française (1879-1884)[1]. Il est retraité comme président de chambre le .

1885-1889

Il est une deuxième fois élu député aux Élections législatives de 1885, dans le département de la Mayenne le . Il retrouve son siège de député de la Mayenne de 1885 à 1893, siégeant à droite. Il s’oppose à l’expulsion des princes, aux lois Ferry sur l’enseignement, aux crédits du Tonkin, et vote contre le rétablissement du scrutin uninominal. Il est choisi comme vice-président par la droite royaliste. Il propose des droits de douane sur les blés et les bestiaux venant de l'étranger, défend le privilège des bouilleurs de cru et s'associe à plusieurs propositions faites dans l'intérêt de l'agriculture et des cultivateurs[12].

1889-1893

Aux Élections législatives de 1889, il demande le renouvellement de son mandat[13]. Il est élu au premier tour de scrutin, contre Amédée Renault-Morlière, qui lui succède en 1893[1].

« Messieurs et chers Concitoyens, Lorsqu'en 1885 vous m'avez élu avec une imposante majorité, vous saviez bien que je n'étais pas républicain. Je ne le suis pas devenu, après quatre années passées dans une Chambre où j'ai été le témoin attristé de tripotages et de scandales qui ont écœuré tous ceux que n'aveugle pas l'esprit de parti. Si, comme moi, vous êtes las d'être gouvernés par des politiciens avides qui ne passent au pouvoir que pour y faire leur fortune; si vous trouvez les impôts trop lourds; l'agriculture insuffisamment protégée; nos ressources follement gaspillées; la paix religieuse odieusement troublée par de sournoises persécutions ou de mesquines tracasseries; si vous voulez rendre aux pères de famille le droit de faire instruire leurs enfants par des maîtres auxquels il ne sera pas défendu d'enseigner le catéchisme: si le trafic scandaleux des places et des croix de la Légion d'honneur vous révolte; vous m'accorderez vos suffrages, car je suis résolu à mettre un terme à des abus qui indignent tous les honnêtes gens et à RÉCLAMER LA REVISION D'UNE CONSTITUTION dont l'expérience a trop duré. (Profession de foi[1], ). »

Les députés de la Mayenne, L'Avenir de la Mayenne, 26 janvier 1890.

Il est membre, à la Chambre, de plusieurs commissions permanentes dont la Commission des douanes qui élaborait le nouveau tarif ; il est même l'un de ses rapporteurs. Il fait également partie d'autres commissions spéciales, notamment de la Commission chargée de l'examen du projet de loi sur la liberté d'association et de la Commission d'enquête sur l'affaire de Panama[14].

On ne connaît pas la date précise de son entrée dans le Comité Mackau, mais son retrait est signalé en 1893, notamment en raison de sa distance géographique[2]. Cette année-là, il abandonne ses activités politiques et quitte Paris pour revenir dans sa région d’origine en Anjou[2]. Il ne se présente pas aux Élections législatives de 1893.

Fin de vie

Julien Bigot meurt le à Angers. Ses obsèques, célébrées en l'église Saint-Joseph d'Angers, rassemblent une foule nombreuse, en présence de personnalités politiques, judiciaires et religieuses[15]. Il était ancien membre du comité paroissial et président du conseil de fabrique de l'église Saint-Joseph d'Angers. Il est inhumé au cimetière de l’Est d’Angers[15]. À sa mort, plusieurs personnalités, dont l’ancien député Edmond Leblanc, soulignent son intégrité, son travail infatigable, et son attachement à ses convictions politiques et religieuses[15]

Œuvres littéraires

On a d'Armand Bigot, deux discours prononcés à la rentrée de la Cour d'Angers :

  • l'un est consacré à l' « Éloge de Prévot de la Chauvellière »
  • l'autre a pour titre « Essai sur l'histoire du droit à Angers ».

Notes et références

  1. Dictionnaire illustré des contemporains, 1891, p. 116.
  2. Sutra, Romy. « La loi à la main ». Militantisme juridique et défense religieuse au temps de l’affirmation de la République. Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2021, Voir en ligne
  3. Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne, p. 419.
  4. Archives départementales du Maine-et-Loire. 3Q 2076. Déclaration de mutation par décès de Bigot, Bureau d’Angers, juin 1914.
  5. V. Bernaudeau, L’Anjou, la République et ses juges, Criminocorpus Voir en ligne
  6. Grand Dictionnaire Universel [du XIXe Siecle] Français: (1.)-2. supplément.1878-90, par Pierre Larousse, 1878. p. 370.
  7. Pierre-Henri Zaidman, « Les sources des recours en grâce des Communards », Criminocorpus,‎ (lire en ligne). La commission est présidée par Louis Martel, vice-présidée par Jean-Baptiste Piou et composée de Charles Duchatel, Félix Voisin, Octave de Bastard d'Estang, Julien Bigot, François-Charles Merveilleux du Vignaux, Anselme Batbie, Auguste Paris, Alexis Maillé, Octavien de Quinsonas, Adrien Tailhand, Jean-François Sacase, René-Armand Peltereau-Villeneuve et Hyacinthe Corne. Les travaux de la commission sont conservées aux archives nationales, dans le fonds de l'Assemblée nationale.
  8. Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne, p. 422.
  9. Arthur Loth, L'échec de la restauration monarchique en 1873, Perrin, 1910.
  10. Bibliothèque municipale de Laval, ms 239. Lettre de Bigot à Amlire Bernard, 10 mai 1578.
  11. Grand Musée national histoire complète de la Chambre des Députés, élections générales de 1889, biographies et portraits, 1890, p. 20.
  12. Alphonse Bertrand, La chambre de 1889, biographies des 576 députés avec avertissement et documents divers, la liste des ministères qui se sont succédé en France depuis 1871, la liste alphabétique des députés, l'indication de leurs professions, etc, 1889, p. 305.
  13. Dénonçant « l'agriculture insuffisamment protégée, nos ressources follement gaspillées, la paix religieuse odieusement troublée », il se défendait toutefois d'être un réactionnaire et de vouloir ramener l'ancien régime. Mais « à la place d'un Gouvernement déconsidéré, disait-il, je veux un Gouvernement honnête ».
  14. Dans la discussion du projet de loi relatif à la liquidation de la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama, en 1893, il intervient pour demander que les obligataires aient la faculté de se porter partie civile dans les instances pénales qui seraient intentées.
  15. Le Cri d'Angers : journal bimensuel ["puis" journal hebdomadaire] illustré (Angers), 25 janvier 1914.

Voir aussi

Bibliographie

  • « Julien Bigot », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition], t. 1, p. 319
  • Angelo De Gubernatis, Dictionnaire international des écrivains du jour., L. Niccolai (Florence), 1888-1891.
  • Archives nationales AP 156(I)/182
  • V. Bernaudeau, L’Anjou, la République et ses juges, Criminocorpus Voir en ligne
  • Sutra, Romy. « La loi à la main ». Militantisme juridique et défense religieuse au temps de l’affirmation de la République. Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2021, Voir en ligne

Liens externes

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