Julio Wais San Martín

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| Ministre de l'Économie (d) | |
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Vicente Piniés Bayona (d) José Francos Rodríguez (en) | |
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| Décès |
(à 75 ans) Madrid |
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| Fratrie |
Francisco Wais (d) |
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Julio Wais[note 1] (La Corogne, 1878 – Madrid, 1954) est un avocat, journaliste et homme politique espagnol.
Après des études de droit, Julio Wais s’installa comme avocat, d’abord à La Corogne, puis à Madrid. Parallèlement, il s’engagea en politique et fut élu, sous les auspices du Parti conservateur, député au Conseil régional de Galice, puis, à la faveur d’une vacance, désigné candidat et élu député aux Cortes nationales en 1912, gardant ensuite son siège sans interruption pendant une décennie. Il exerça en 1921 des responsabilités ministérielles dans l’éphémère gouvernement Allendesalazar. Après s’être tenu loin du monde politique après le coup d’État de Primo de Rivera de 1923, il consentit, au lendemain du départ du dictateur, à exercer des fonctions ministérielles dans le cabinet Berenguer, comme titulaire du portefeuille de l’Économie, puis des Finances (1931). À ce titre, et dans le sillage de la crise financière de 1929, il s’efforça avant tout de freiner la dévaluation de la peseta espagnole, négociant avec des institutions étrangères (dont la Banque de France) et mettant en place des organismes chargés de réguler le marché des changes et d’assurer un suivi minutieux de l’économie espagnole. Avec l’avènement du cabinet Aznar en 1931, Julio Wais prit définitivement congé de la politique.
Il est l’auteur d’un ouvrage de mémoires (1933) retraçant ses expériences à la tête du ministère des Finances.
Biographie
Origines familiales, formation et carrière d’avocat
Julio Wais San Martín était issu d’une famille aux ascendances française (son grand-père paternel, originaire de Bayonne, se nommait Sébastien Wais Laffitte), allemande et galicienne[1]. Son père, né en 1838, était un commerçant natif de La Corogne, personnage assez en vue, et sa mère (1846-1933) était originaire de Betanzos, petite ville à une trentaine de km de La Corogne. Le couple eut cinq enfants, dont deux moururent en bas âge. Le patronyme Wais, très peu courant en Espagne (seuls 13 personnes le portaient en Espagne dans la décennie 2000), pourrait, selon certains spécialistes en généalogie, dénoter une origine juive[2].
Julio Wais entreprit des études de droit à l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle, puis obtint en 1900, à l’âge de 22 ans, un doctorat à l’université centrale de Madrid, avant d’ouvrir peu après un cabinet d’avocat à La Corogne. Parallèlement, il se voua aussi à l’enseignement, donnant pendant l’année scolaire 1904-1905 des classes dans un établissement d’enseignement secondaire réputé de La Corogne, apporta également son concours au journal régionaliste et catholique El Noroeste, et cofonda en 1903 la société d'exploitation et de distribution d’eau Aguas de La Coruña S.A.[2] Il transféra ensuite son cabinet d’avocat à Madrid et entra en collaboration avec le célèbre juriste Augusto González Besada[1],[2].
Engagement politique : député provincial et national
En , pendant sa période à La Corogne, Julio Wais fut élu député provincial pour la circonscription de Betanzos-Pontedeume (deux villes de la province de La Corogne)[1],[2], avant de s’engager dans la carrière politique nationale sous l’étiquette du Parti conservateur, dont il allait devenir l’une des figures de proue[2]. Doué de talents oratoires, il fut candidat une première fois pour un siège aux Cortes en 1911, mais fut battu par son adversaire[3]. À la faveur de la mort d’un député conservateur, il fut désigné, en lieu et place du trépassé, candidat aux élections partielles tenues début , et réussit à être élu. Par la suite, il siégea comme député national aux Cortes, en représentation de Pontedeume, sans interruption de 1913 à 1923, c’est-à-dire jusqu’au coup d’État du général Primo de Rivera et la dissolution du Parlement[1],[3]. Ayant un large éventail de domaines d’intérêt, il se signala durant son activité parlementaire par nombre d’interventions notables, comme durent en convenir y compris ses ennemis politiques. En tant que député pour Pontedeume, il porta ses efforts plus spécialement sur l’obtention d’avantages pour sa circonscription, œuvrant notamment à abaisser la taxation sur le maïs (défavorable aux agriculteurs galiciens), à élargir la zone de distribution du courrier dans la campagne autour de Ferrol, à créer dans la région une école nationale, et à restaurer plusieurs églises sur le territoire municipal de Pontedeume[3].
Dès 1912, Julio Wais s’était fixé à Madrid, où il travailla comme assistant à l’office de l’illustre jurisconsulte galicien Augusto González Besada, qui devait être appelé en 1914 à occuper le poste de président du Congrès. Wais travailla également comme assistant dans le cabinet d’Eduardo Dato, originaire de la même région, puis également dans celui de Gabino Bugallal, avec lequel il se lia d’amitié ; ces personnalités politiques appartenaient tous deux au Parti conservateur[3].
Il exerça en outre les fonctions de directeur général des Registres notariaux (Director general de los Registros y Notariados) en 1917, de sous-secrétaire à l’Intérieur de 1919 à 1921, sous le ministère de Joaquín Fernández Prida, puis de ministre de la Justice (Gracia y Justicia) pendant seulement un mois (du au ), dans l’éphémère gouvernement Allendesalazar[1],[4].
Ministre au gouvernement Allendesalazar (1921)
Le , Julio Wais fut nommé ministre de la Justice (Ministro de Gracia y Justicia) dans le gouvernement Allendesalazar en replacement de Vicente Piniés Bayona, titulaire de ce portefeuille depuis le , et prêta serment le [4].
À la suite de la déroute militaire espagnole de dans le Rif marocain, connue en Espagne sous le nom de « désastre d’Anoual », qui eut une forte répercussion sur la vie politique espagnole nationale (et qui survenait de surcroît quelques mois après l’assassinat de Dato), le président du Conseil Allendesalazar se vit contraint de présenter sa démission, en conséquence de quoi Julio Wais dut lui aussi déposer ses fonctions ministérielles le [5].
Économie et Finances dans le gouvernement Berenguer (1930-1931)
En 1930, après le départ du dictateur Primo de Rivera, Julio Wais, qui s’était tenu éloigné de la sphère politique tout au long du directoire primorivériste, consentit à assumer à nouveau des responsabilités politiques en acceptant le portefeuille de l’Économie nationale que lui offrait inopinément le général Berenguer et dont il resta titulaire du au de la même année, puis le poste de ministre des Finances du au — dans les deux cas en remplacement de Manuel Argüelles[6],[1],[7]. Si Wais se vit proposer ces postes ministériels dans le cabinet Berenguer, c’était en raison de son notoire positionnement monarchiste et conservateur. Le gouvernement de Berenguer devait tenter, mais en vain, un retour progressif à la normalité constitutionnelle (régie par la constitution de 1876), et convoquer des Cortes constituantes[8].
Dans l’exercice de ces fonctions au gouvernement, Julio Wais fit preuve de pondération, d’équanimité et de bon sens, et apparut disposer de solides et amples connaissances en matière financière. Sa principale préoccupation et objet de ses interventions était la dévaluation de la peseta et son principal objectif, selon ses propres déclarations, était de parvenir à une monnaie nationale saine et stable. Cependant, l’organisme public créé par son prédécesseur, le Centro Regulador de Operaciones de Cambio (littér. Centre de régulation des opérations de change), ne fut pas en mesure dans un premier temps de lutter efficacement contre l’inflation, de sorte que Julio Wais décida des mesures plus draconiennes, telles que l’interdiction, en vertu d’un ordre royal édicté le , de procéder à des achats-ventes de devises sans nécessité démontrée[7].
Wais désigna Federico Bas gouverneur de la Banque d'Espagne, avec mission de mettre fin à la dépréciation de la peseta et d’élaborer un plan de stabilisation. La première décision du duo Wais-Bas fut de substituer à l’ancien Comité de Contratación de Moneda (littér. Comité d’ajustement monétaire) un organisme analogue, créé par un décret royal d’ et dénommé Centro Oficial de Contratación de Moneda, à la tête duquel fut placé l’économiste Manuel Arburúa de la Miyar et qui était chargé de contrecarrer la chute de la peseta, voire d’arriver à une certaine réévaluation de celle-ci[7].
Julio Wais et Federico Bas étaient tous deux convaincus que le taux de change sur le marché des devises ne correspondait pas à la réalité économique et financière de l’Espagne, et préconisaient d’accroître le taux à 40 pesetas par livre sterling. Ils tentèrent de négocier des prêts avec des banques privées étrangères, dont la J.P. Morgan & Co., mais essuyèrent un refus[7]. Après cet échec, Julio Wais s’adressa en au ministre français des Finances, Paul Reynaud, pour demander que la Banque de France concède à la Banque d’Espagne un crédit de 10 millions de livres sterling, dans le cadre d’une opération de réévaluation de la peseta. Reynaud, après concertation avec Clément Moret, gouverneur de la Banque de France, répondit que cette dernière conditionnait son aide à la mise en place préalable d’un plan de stabilisation général, ainsi qu’à la mise à contribution d’autres banques centrales[9]. Cette réponse n’ayant pas satisfait le conseil de direction de la Banque d’Espagne, peu enclin à mobiliser ses réserves d’or, Wais et Bas résolurent en octobre de changer de stratégie et, suivant les suggestions de J. P. Morgan et de la Banque de France, choisirent de solliciter l’aide institutionnelle à Paris et Londres, mais aussi à la Banque des règlements internationaux (BRI) sise à Bâle. Peu après, Julio Wais justifia publiquement cette décision comme suit :
« Concernant un problème tel que celui de la monnaie, l’isolement ne peut se concevoir, et beaucoup moins encore lorsqu’il s’agit de préparer une réforme visant à établir un système déjà pratiqué ailleurs, qui requiert de la solidarité entre les banques d’émission. »
L’action des experts monétaires venus de l’étranger pour apporter leurs compétences dans ces questions prioritaires — variations du taux de change de la peseta, politique des taux d'intérêt — sera toutefois peu fructueuse à long terme[10].
Par ailleurs, Julio Wais créa au sein de la Banque d’Espagne un service d’études (Servicio de Estudios), qui fut à pied d’œuvre à partir de . Ledit service, de haut niveau, se vouait à la collecte d’informations, à la production de statistiques et à l’analyse économique[11],[1]. Le Centre officiel d’ajustement monétaire, fondé à l’instigation de Wais, allait persister sous la République et figurer comme l’ancêtre du futur Institut espagnol des devises étrangères (Instituto Español de Moneda Extranjera, IEME)[11].
Quand en fut constitué le gouvernement de l’amiral Aznar, Wais déclina la proposition d’en faire partie, par éthique personnelle, et en raison d’un désaccord sur l’échelon des élections envisagées, que Julio Wais souhaitait générales plutôt que municipales[11].
Retrait de la politique, guerre civile et fin de vie
Au lendemain de la proclamation de la Seconde République, survenue le à l’issue du scrutin municipal, Julio Wais, monarchiste loyal, décida par esprit de cohérence idéologique à renoncer définitivement à la politique, pour se consacrer dorénavant et jusqu’à la fin de ses jours exclusivement à son métier d’avocat[1],[11]. Il s’attacha aussi à consigner ses expériences de ministre dans un livre publié en 1933 et intitulé Una experiencia sobre moneda y cambio (littér. Une expérience sur la monnaie et sur le change), qui constitue la mise en forme imprimée (avec corrections et ajout d’annexes) d’une conférence prononcée en à l’Académie nationale de jurisprudence et de législation, dont il était membre titulaire[11],[1].
Pendant la guerre civile, le siège de l’ambassade d’Argentine à Madrid, situé alors Paseo de la Castellana, accueillit plus de 200 Espagnols désireux de fuir le conflit et leur promit l’asile en Argentine. Parmi ces demandeurs d’asile figuraient plusieurs hautes personnalités des milieux politique, économique et aristocratique. Le gouvernement argentin dépêcha vers l’Espagne un vaisseau militaire, dûment approvisionné, avec mission de mener à bien l’évacuation des réfugiés. Ils furent embarqués à Alicante, Valence et Barcelone, villes sous autorité républicaine, pour être acheminés sur Gênes, Lisbonne et principalement sur Marseille. La famille Wais, au risque d’être découverte et interpellée aux différents points de contrôle, parvint à rejoindre le port d’Alicante le , où elle monta à bord du torpilleur argentin A.R.A. Tucumán[12].
Vie personnelle
En à La Corogne, Julio Wais avait contracté mariage avec Aurora Tenreiro Berdié, originaire de Buenos Aires[1], avec qui il eut quatre enfants, dont une fille qui allait entrer dans les ordres, et un fils qui choisit, à l’instar de son père, la carrière d’avocat[13].
Après son décès en , Julio Wais fut inhumé au cimetière de San Amaro de La Corogne[14].
Décorations
Julio Wais était récipiendaire de la Grande-croix de l’Ordre de l'Épi d'or de Chine, celle de l’ordre du Trésor sacré du Japon, et de celle de l’ordre de la Couronne de Belgique, ainsi que de la Croix de 1re classe de l’ordre Polonia Restituta. Il était jusqu’à sa mort membre du Conseil privé du comte de Barcelone[1].
En 1921, la municipalité de Pontedeume baptisa de son nom l’une de ses avenues, mais cette décision fut révoquée en . Renommée à nouveau Avenida Julio Wais, la même avenue fut derechef débaptisée en 1969, pour adopter le nom d’Avenida de La Coruña[1],[15].
Publications de Wais Sanmartín
- (es) Una experiencia sobre moneda y cambio, Madrid, Diana, , 357 p.
Bibliographie
- (es) Jesús María Reiriz Rey, « Remembranza de Julio Wais San Martín », Anuario brigantino, Betanzos, Concello de Betanzos, no 31, , p. 141-152 (ISSN 1130-7625, lire en ligne).
Notes et références
Notes
- ↑ On trouve aussi la graphie « Sanmartín ».
Références
- (es) José Luis Sampedro Escolar, « Julio Wais Sanmartín », sur Diccionario biográfico español, Madrid, Real Academia de la Historia (consulté le ).
- J. M. Reiriz Rey (2008), p. 142.
- J. M. Reiriz Rey (2008), p. 143.
- J. M. Reiriz Rey (2008), p. 144.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 145.
- ↑ « Real decreto (rectificado) nombrando Ministro de Economía Nacional a D. Julio Wais San Martin, ex Diputado a Cortes, y disponiendo cese en dicho cargo D. Manuel Argüelles y Argüelles, Ministro de Hacienda, que interinamente lo desempeñaba », Gaceta de Madrid, Madrid, Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado, no 36, , p. 949 (lire en ligne)
- J. M. Reiriz Rey (2008), p. 146.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 145-146.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 147.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 147-148.
- J. M. Reiriz Rey (2008), p. 148.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 149 & 151.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 149.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 150.
- ↑ J. M. Reiriz Rey (2008), p. 143-144.
Liens externes
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