Justin Gillet

Justin Gillet
Biographie
Naissance
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Nationalité
belge
Activité
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Ordre religieux
Abréviation en botanique
J.Gillet

Justin Gillet, né le à Paliseul (Belgique) et mort le à Kisantu, Congo, est un frère jésuite belge, missionnaire au Congo belge, et fondateur du premier et plus grand jardin botanique d’Afrique centrale, le Jardin botanique de Kisantu.

Biographie

Justin Jean-Baptiste Gillet, né le à Paliseul (Belgique), est le fils de Dieudonné Gillet, cultivateur, de Philomène Renault.

Ses études se résument à l’école primaire. À 20 ans, il rentre par vocation dans l'ordre des Jésuites le . Il y fait son noviciat devenant frère Jésuite en 1888[1].

De 1888 à 1892, il est infirmier au collège de Namur où il commence à s’intéresser à la botanique et aux plantes médicinales.

Le , il quitte la Belgique au sein du premier groupe de Jésuites belges envoyés fonder la mission du Kwango (au Bas-Congo). Il est d'abord cuisinier et infirmier au Stanley-pool et à Kimwenza. Très rapidement les besoins alimentaires, ainsi la lutte contre des maladies tropicales encore peu connues, poussent le frère Gillet à aménager son propre potager[2].

En 1898, il s'installe à Kisantu où il aménage avec le soutien financier de l'État indépendant du Congo un jardin d'essai et d'acclimatation de plantes potagères et fruitières. Il choisit un terrain fertile dans une combe marécageuse où se perd un ruisseau, le Kongisi. Cela nécessite tout un travail de digues et d'irrigation qui est le premier succès de ce genre dans la vallée du fleuve Congo[3].

Outre l'acclimatation de légumes et fruits européens, Gillet cultive également et améliore de nombreuses plantes tropicales : un type de bananier à graines trouvé dans les environs de Kisantu porte son nom Musa gilletii - Ensete gilletii, et son manioc (importé de l'Inde néerlandaise) plus doux et mieux résistant à la vermine, connaît un grand succès et se répand dans de nombreux pays avoisinants. Gillet expérimente sur des variétés de riz asiatique et en lance la culture au Congo (années 1920). Il introduit le mangoustan en Afrique. D'autres arbres fruitiers sont expérimentés tels le mandarinier, pomelo, la cerise-ananas, l'oranger, le goyavier, l'arbre à pain, le vanillier et le caféier. En 1928, les plantations du jardin couvrent une dizaine d'hectares et les variétés sont fournies par les serres royales de Laeken. Les bois de construction sont représentés par l'eucalyptus et les conifères[3].

Plus tard il s'intéresse également aux plantes ornementales, telles l’orchidée d’Afrique. Ses observations méticuleuses et sa connaissance approfondie de la botanique congolaise le mettent en contact avec les grands jardins botaniques des régions tropicales, de Buytenzorg en Indonésie, de Bombay et Calcutta en Inde et de Rio de Janeiro au Brésil.

Un acajou d'Afrique, dans le jardin du frère Gillet (pour échelle: le garçon en rouge fait 1,90 m.)

Son troisième catalogue, publié en 1927, comprend une liste de 1700 espèces et variétés cultivées à Kisantu. Les appréciations et éloges pour ce travail de pionnier, à une époque où tout était à créer, ne manquent pas. Ses récoltes ont été étudiées par Émile De Wildeman et Théophile Alexis Durand[4].

Il décède le à Kisanto. Il est l'homme d'une œuvre considérable : ses herbiers comptabilisent alors 6000 espèces à son décès[2].

Après sa mort

Son successeur, le père Hubert Callens, ouvre en annexe au jardin une école professionnelle d’horticulture qui continue les travaux de Gillet et diffuse la culture des légumes devenue depuis une des activités économiques les plus importantes de la région de Kisantu. Callens a également équité un laboratoire de recherches chimiques sur les plantes médicinales dont le jardin possède de nombreux spécimens. Le jardin est également une grande attraction touristique. Il reçoit plus de 20 000 visiteurs par an.

Hommages et distinctions

En hommage à ce précurseur de la botanique tropicale, le jardin fut appelé Jardin botanique Gillet. Un certain nombre d'espèces portent son nom : Gilletiella, Tebracera Gilletii, Porpoura Gilletii, Xylettia Gilletiietc.

Il a reçu la distinction suivante :

Publications

  • Catalogue des plantes du jardin d’essai de Kisantu, Bruxelles, 1927.

Notes et références

  1. « Nos ignorantins », L'Avenir du Luxembourg,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  2. Charles d'Ydewalle, « Les phares verts », Le Soir,‎ , p. 5 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  3. « Nos souverains à Kisantu », Le Soir,‎ (lire en ligne Inscription nécessaire)
  4. Plantae Gilletianae Congolenses, dans : Bulletin de l'Herbier Boissier. 2e Série, 1900-1901, no 1 & !-ç.

Bibliographie

  • L. Denis: Les Jésuites belges au Kwango (1893-1943), Louvain, 1943.
  • Émile De Wildeman: J. Gillet et le jardin d'essai de Kisantu, Mémoires de l'Institut royal colonial belge, Section des Sciences naturelles et Médicales, Bruxelles, 1946, Tome XV, Fasc. 3 : 119 p..
  • R. de Lamine de Bex: Le Jardin Gillet, Kisantu, 1969, 15 p. (lire en ligne)
  • Walter Robyns: Gillet (Justin), Frère de la Compagnie de Jésus, missionnaire, dans : Biographie Coloniale Belge, Bruxelles, 1995, vol. 4, p. 337-342.
  • R. Georlette, « Les chasseurs de plantes. I, Quelques collectuers belges », Annales de Gembloux, no 4,‎ , p. 199-224.

Liens externes

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