Kārlis Padegs

Kārlis Padegs
Padegs. Autoportrait, collage.
Naissance
Décès
(à 28 ans)
Riga Drapeau de la Lettonie Lettonie
Sépulture
Nationalités
Activités
Autres activités
Formation
Mouvement
Mécène
Influencé par

Kārlis Padegs, né le à Riga et mort le dans la même ville, est un graphiste et peintre letton, auteur d’œuvres décalées, dont certaines clairement considérées comme peu ragoûtantes par la critique de l'époque[1]. Personnage extravagant de Riga des années 1920-1930, on le surnomme le dandy ou encore caballero dans les milieux artistiques, à cause de son style vestimentaire particulier[2]. Occasionnellement, il signait ses œuvres en tant que Charles ou Carl[2]. Sa série de dessins à l'encre Red Laughter aujourd'hui fait partie du Canon culturel letton[3].

Biographie

Fils de Kārlis Padegs senior et d'Elza Steinberg, le futur artiste naît dans le voisinage de Torņakalns. Son père meurt en 1917 et sa mère se remarie. À l'approche de la Première Guerre mondiale, la famille se réfugie à Tartu et ne rentre à Riga qu'en 1918. Ils s'installent au no 24 rue Elizabetes. Padegs intègre l'Académie des beaux-arts de Lettonie à l'âge de 16 ans et participe à de nombreuses expositions. Il travaille comme caricaturiste dans la revue Svari dirigée par Jānis Roberts Tillbergs qui publie plus de 170 de ses œuvres en 1930-1931. Il effectue son service militaire dans une unité d'artillerie à Daugavgrīva.

Padegs provoque la bourgeoisie de Riga avec des tenues formelles spectaculaires mais raffinées, ainsi que des représentations pacifistes mais grotesques telles que Madonna avec une mitrailleuse[4]. Concernant les sujets de ses tableaux, dans un article intitulé Le Dessinateur d'horreur („Šausmu zīmētājs”, 1936) il se dit investi de la mission de représenter le côté sombre de la vie, celui qu'on évite pour ne pas perdre l'appétit, surtout qu'il y a déjà suffisamment d'artistes pour dessiner les fleurs et les nuages roses[5],[6]. Dans ce registre, ses dessins des gueules cassées sont particulièrement remarquables[7]. Chroniqueur parfait de la face cachée de la société, son terrain d'activité incluait les endroits comme les cabarets et les morgues[2]. Ses croquis rappellent le travail d'Otto Dix et de George Grosz, mais avec moins de leur côté macabre et plus d'originalité et de style[8].

Padegs épouse Elvīra Feodorovitch le . L'artiste souffre de tuberculose pulmonaire sur fond d'alcoolisme sévère et de tabagisme. Il meurt en âgé de 28 ans. Inhumé au cimetière boisé de Riga

Hommages

Plaque commémorative de Padegs rue Elizabetes à Riga.

La statue de Padegs, œuvre du sculpteur Andris Vārpa, est placée au Jardin de Wöhrmann à Riga en 1998[9],[10]. En 2011, une grande exposition célébrant le centenaire de l'artiste est organisée au Musée national des arts de Lettonie[11]. Jānis Kalnačs lui consacre la monographie Rīgas dendijs un autsaiders. Kārlis Padegs (Neputns, 2014) qui inspirera au dramaturge Ivo Briedis une pièce de théâtre Padegs un Padegs, mise en scène par Varis Piņķis dont la représentation a lieu dans la salle de spectacle Arsenals à Riga en [12],[13].

Galerie photographique

Notes et références

  1. (en) Isabel Wünsche, The Routledge Companion to Expressionism in a Transnational Context, Taylor & Francis, , 634 p. (ISBN 9781351777995, lire en ligne)
  2. (en) Alla Rosenfeld, Norton T. Dodge, Jane Voorhees, Art of the Baltics : The Struggle for Freedom of Artistic Expression Under the Soviets, 1945-1991, Rutgers University Press, , 476 p. (ISBN 9780813530420, lire en ligne)
  3. (en) Kristiāna Ābele, « Kārlis Padegs. Series of drawings "Red Laughter" », sur kulturaskanons.lv (consulté le )
  4. (en) Susan Fillin-Yeh, Dandies : Fashion and Finesse in Art and Culture, NYU Press, , 304 p. (ISBN 9780814771266, lire en ligne)
  5. (lv) Guntars Godiņš, Santa Lauga, « Rīgas dendijs un autsaiders Kārlis Padegs. Viņš vēlējās rādīt dzīves ēnas puses », sur Latvijas Radio 1,

    « Es nekā nesaku, kad citi zīmē skaistas puķītes un rozā mākonīšus – lai taču man atļauj zīmēt to, ko es gribu. Es gribu rādīt dzīves ēnas puses, to, ko mēs labprāt negribam skatīt, lai nesabojātu savu apetīti... »

  6. (lv) Jānis Kalnačs, « Izstāde "Kārlim Padegam - 100". », sur studija.lv, (consulté le )
  7. (en) Ann Murray, Constructing the Memory of War in Visual Culture Since 1914 : The Eye on War, Taylor & Francis, , 294 p. (ISBN 9781351360203, lire en ligne), p. 203
  8. (en) Richard C. Frucht, Eastern Europe : An Introduction to the People, Lands, and Culture, Bloomsbury Publishing, , 1100 p. (ISBN 9781576078013, lire en ligne), p. 147

    « In his sketches are reminescent of the work of Otto Dix and George Grosz, but with less of their gruesomeness and more flire and style. »

  9. (lv) Aina Rozeniece, « Pārrautā leģenda — nu akmenī un bronzā — atkal dzīva », Latvijas Vēstnesis, nos 345/346,‎ (lire en ligne)
  10. (en) Ojārs Spārītis, Riga's monuments and decorative sculptures, Nacionālais apgāds, , 198 p. (ISBN 9789984263120, lire en ligne)
  11. (lv) « Atklās Kārļa Padega simtgadei veltītas izstādes. », sur Diena, (consulté le )
  12. (lv) « Varis Piņkis iestudē izrādi par mākslinieku Kārli Padegu. », sur Diena, (consulté le )
  13. (lv) « Pirmizrādi piedzīvos iestudējums par mākslinieku Kārli Padegu. », sur Diena, (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la peinture
  • icône décorative Portail de la Lettonie