Kakusan-ni
| Naissance | |
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| Décès |
(à 54 ans) |
| Activité | |
| Famille | |
| Père |
Adachi Yoshikage (d) |
| Mère |
北条時房の娘 (安達義景の正室のち千葉時胤の妻) (d) |
| Fratrie |
Adachi Yasumori (en) |
| Conjoint | |
| Enfant |
| Maître |
|---|
Kakusan-ni (覚山尼) (littéralement « maître-abbesse Kakusan »), également connue sous le nom de Kakusan Shidō (覚山志道), est une religieuse bouddhiste japonaise née le et morte le , veuve de Hōjō Tokimune (1251-1284), huitième régent Shikken du shogunat de Kamakura[1]. Elle est l'abbesse fondatrice du temple Tōkei-ji à Kamakura, connu pour sa longue histoire de refuge pour les femmes cherchant à divorcer de leur mari[1]. Elle est également connue sous le nom de Dame Horiuchi (堀内殿, Horiuchi-dono) et le nom posthume de Chōon'in[2].
Enfance et famille
Dame Horiuchi naît en 1252 au sein du puissant clan Adachi[3]. Son père est Yoshikage, commandant du château d'Akita[2] ; sa mère est la fille de Hōjō Tokifusa[4]. Elle est la dernière des onze enfants de Yoshikage, selon les Lignées de la Haute et de la Basse Aristocratie[2]. Après la mort de son père en 1253, elle est élevée par son frère aîné, Adachi Yasumori, qui succède à Yoshikage à la tête du clan et devient son tuteur[2].
Dame Horiuchi et Tokimune, son cousin et futur mari, se connaissent probablement depuis leur plus jeune âge[2],[3], Tokimune étant né à la résidence Adachi à Kamakura[2].
Mariage et fils

En 1261, Dame Horiuchi épouse Hōjō Tokimune à l'âge de neuf ans, tandis que lui en a dix[2]. Ils quittent ensemble la demeure des Adachi pour s'installer chez Tokimune[2]. Près de sept ans plus tard, Tokimune devient régent du shōgun et, de facto, l'homme le plus puissant du pays[3]. En tant que jeune femme issue de la classe des samouraïs, Dame Horiuchi porte toujours sur elle un couteau de vingt-cinq centimètres[3].
À l'âge de 19 ans, Dame Horiuchi donne naissance à un fils, Hōjō Sadatoki, l'héritier légitime de Tokimune[2]. La nourrice de Sadatoki est l'épouse de Taira no Yoritsuna, qui exercera plus tard une influence sur Sadatoki[5].
En 1274 et en 1281, Tokimune repousse avec succès les invasions mongoles du Japon[1], mais à un coût considérable pour le shogunat de Kamakura, tant sur le plan financier que politique[2].
Religion
Dame Horiuchi et Hōjō Tokimune étudient tous deux le bouddhisme zen, notamment la méditation, auprès de Mugaku Sogen (1226-1286)[6], qui a émigré de Chine, alors sous la dynastie Song, et est devenu l'abbé fondateur du temple Engaku-ji[6]. Compte tenu de leur intérêt commun pour la religion et la spiritualité, les historiens émettent l'hypothèse que Horiuchi et Tokimune étaient heureux en ménage[6],[2]. Au début de l'année 1284, Dame Horiuchi et Hōjō Tokimune se rasent la tête après que Tokimune est tombé soudainement malade[2]. Dame Horiuchi reçoit le nom bouddhiste de Kakusan Shidō[3],[7] et revêt l'habit de nonne[2]. Mugaku compose plusieurs vers en chinois pour commémorer leur conversion, dont « Shidō Daishi [c'est-à-dire Kakusan] reçoit la tonsure »[2].
Mort de Tokimune et incident de Shimotsuki
En 1284, Hōjō Tokimune meurt, à l'âge précoce de 34 ans[2]. Son fils Hōjō Sadatoki, âgé de 13 ans, lui succède comme régent du Hōjō[2]. Sous l'influence de son conseiller Taira no Yoritsuna, de nombreux membres du clan Adachi, dont Yasumori, le frère de Kakusan et son ancien tuteur[5],[8], sont assassinés lors de ce qui est appelé l'incident du Shimotsuki[5]. De nombreux partisans présumés de Yasumori sont attaqués et tués, et plus de 50 hommes se suicident, tandis que d'autres s'exilent[5].
Fondation du Tōkeiji
En 1285, Kakusan-ni et Hōjō Sadatoki fondent le Tōkei-ji, un couvent de l'école Rinzai, situé près de l'Engaku-ji, aujourd'hui à Kita-Kamakura[2],[4]. Kakusan-ni en est l'abbesse fondatrice, tandis que son fils Sadatoki en est le protecteur laïc[2]. Du Tōkei-ji, Kakusan-ni peut apercevoir l'ancienne demeure qu'elle avait partagée avec Tokimune[2].
Origines du « temple du divorce »

Malgré sa réputation de fondatrice du Tōkei-ji, présenté comme un « temple du divorce », aucune preuve tangible ne confirme que Kakusan-ni ait spécifiquement voulu faire du Tōkei-ji un refuge pour les femmes fuyant leur mari[2],[9]. Un texte historique suggère que Kakusan-ni aurait demandé à son fils Sadatoki de promulguer une loi au Tōkei-ji afin d'aider les femmes souhaitant se séparer de leur époux, et que ce dernier aurait ensuite sollicité l'empereur, qui aurait approuvé la requête[2],[7]. Bien que la tradition du temple soutienne que le Tōkei-ji était autorisé dès le départ à accorder le divorce aux femmes ayant œuvré dans son couvent pendant un certain temps[7],[9], le plus ancien certificat de divorce conservé dans les archives du temple ne date que de 1783[7]. D'autres historiens soulignent que la nouvelle Karaito-zōshi, qui décrit le Tōkei-ji comme un sanctuaire, prouve qu'il avait déjà acquis la réputation d'être un refuge pour les femmes dès l'époque de Muromachi[9].
Des historiens récents, dont Sachiko Kaneko Morrell et Robert E. Morell, suggèrent que l'intérêt de Kakusan-ni pour l'accueil d'autrui a probablement été influencé par le fait que de nombreux membres de sa propre famille ont été tués ou contraints à l'exil suite à l'incident de Shimotsuki[2]. Une autre théorie avance que le Tōkei-ji avait initialement pour vocation d'offrir l'asile de manière plus générale, et que sa fonction de temple du divorce serait apparue plus tard[2].
Transcription du Sutra de la Guirlande
Après la mort de Tokimune, Kakusan-ni entreprend de recopier l'intégralité du texte du Sutra de la Guirlande en sa mémoire, et met une année entière à transcrire 80 volumes[2]. Les rouleaux qu'elle a transcrits sont officiellement présentés lors du troisième anniversaire de sa mort, puis conservés au Engaku-ji, dans un stūpa commandé par Sadatoki[2].
Les kōan zen de Kamakura
En 1545, le moine Rinzai Muin Hōjō publie une compilation des kōan zen de Kamakura[2]. Elle comprend plusieurs anecdotes sur Kakusan-ni[2].
Sceau de succession
Selon un kōan, en 1304, Kakusan reçoit l'inka, ou « sceau de succession », en tant que maître bouddhiste zen, des mains de Tōkei, quatrième abbé de l'Engaku-ji[2],[3]. Un maître des novices, opposé à sa confirmation, la met au défi en lui demandant : « Dans notre lignée, quiconque reçoit la transmission doit exposer les Discours de Lin-chi (Rinzai-roku). Connaissez-vous cet ouvrage ? »[2],[3]
Kakusan place alors son couteau devant elle et répond : « En tant que femme issue d’une famille militaire, je place mon poignard devant moi. Quel besoin ai-je de livres ? »[2],[3]
Miroir zen du Tōkei-ji
Un autre kōan montre Kakusan-ni méditer devant un miroir, ce qui lui permettrait de voir en sa propre nature et d'atteindre l'illumination[2],[3]. La pratique du zazen assis devant un miroir devient ainsi une tradition parmi les nonnes du Tōkeiji, qui méditent sur la question : « Où se trouve un seul sentiment, une seule pensée, dans l’image du miroir que je contemple ? »[2].
Mort et postérité
On pense que Kakusan-ni est enterrée au Butsunichian, le mémorial de la famille Hōjō au Engakuji, avec Tokimune[2]. Après sa mort en 1306, elle reçoit le nom de Chōon'in[2]. En 1384, un incendie détruit le stūpa de la Guirlande au Engaku-ji, et le sort et le lieu où se trouve l'exemplaire du Sūtra de la Guirlande de Kakusan-ni, s'il existe encore, sont inconnus[2].
Selon les historiens du temple, le Tōkei-ji conserve pendant plus de 600 ans la loi sacrée autorisant les femmes à se séparer de leurs maris[7]. Durant l'époque d'Edo, le Tōkei-ji est l'un des deux temples reconnus par le shogunat Tokugawa comme asiles pour femmes[4]. La loi sur le divorce est abolie en 1871 en raison de la nouvelle politique anti-bouddhiste, et le temple cesse d'être un couvent en 1902[7].
Représentation dans la culture populaire
En 2001, la NHK lui consacre son taiga drama, intitulé Hōjō Tokimune[4]. Kakusan-ni y est appelée Noriko (祝子), bien que son véritable prénom soit inconnu. Elle est interprétée par Hikaru Nishida, avec d'autres actrices la jouant enfant et âgée[4].
Notes et références
- Religions of Japan in Practice, Princeton University Press, , 18 p. (ISBN 0-691-05788-5), « Introduction »
- Sachiko Kaneko Morrell et Robert E. Morrell, Zen Sanctuary of Purple Robes, State University of New York Press, , 39–54 p. (ISBN 9780791468289, lire en ligne
), « Abbess Kakusan and the Kamakura Hōjō »
- Sallie Tisdale, Women of the Way: Discovering 2,500 Years of Buddhist Wisdom, HarperSanFrancisco, (ISBN 978-0-06-059816-7), « The Knife: Kakuzan Shidō (1252–1306) »
- (ja) « 覚山尼 », デジタル版 日本人名大辞典+Plus, Kōdansha (consulté le )
- Cambridge History of Japan: Medieval Japan, vol. 3, 2006, , 150–152 p. (ISBN 978-0-521-22354-6)
- Sachiko Kaneko et Robert E. Morrell, Religions of Japan in Practice, Princeton University Press, , 523–550 p. (ISBN 0-691-05788-5), « Tōkeiji: Kamakura's 'Divorce Temple' in Edo Popular Verse »
- (ja) « 覚山尼 [Kakusanni] », Tōkeiji (consulté le )
- ↑ (ja) « 覚山志道 [Kakuzan Shidō] », 朝日日本歴史人物事典, Asahi Shimbun Publications (consulté le )
- (ja) Tetsuo Owada, 日本の歴史101の謎 [101 Mysteries of Japanese History], Tokyo, Mikasa Shobō, , 228 p. (ISBN 9784837909569)
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Profil de Kakusan-ni au Tōkei-ji (incluant une sculpture à son effigie)
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