Karl Joseph Eberth
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(à 91 ans) Halensee |
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Anny Eberth (d) |
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Karl Joseph Eberth (né le à Wurtzbourg, mort le à Berlin) est un médecin bavarois, pathologiste et bactériologiste, successivement professeur de l'université de Zurich, de l'université de Halle et de l'université de Wurtzbourg.
Il est surtout connu pour la découverte du « bacille d'Eberth » ou Salmonella typhi, l'agent causal de la fièvre typhoïde.
Biographie
Origine et formation
Karl Joseph Eberth est le fils d'un artiste peintre. Son père meurt alors qu'il avait deux ans, sa mère subsiste dans la pauvreté. Enfant, Eberth aide aux besoins de sa famille en pratiquant le papier découpé pour réaliser des silhouettes. Il réussit à faire des études secondaires qui le mènent à l'université de Würzburg[1].
Il étudie la biologie et la médecine en suivant les cours de maîtres tels que Rudolf Virchow, Franz von Leydig, Henrich Müller et Albert von Kölliker. Il apprend les techniques de microscopie, de coloration et d'histologie. Eberth est représentatif de cette génération formée à l'anatomie pathologique microscopique (étude des tissus) et dont l'intérêt se déplace vers un nouveau domaine, la bactériologie, par utilisation des mêmes techniques[1].
En 1859, il obtient son doctorat en médecine avec une thèse sur la trichocéphalose[2].
Carrière
En 1862, il est maître de conférence et prosecteur d'anatomie. À partir de 1865, il enseigne à l'université de Zurich comme professeur d'anatomie pathologique, en 1874 il est professeur d'histologie à l'école vétérinaire de Zurich. En 1881, il occupe la chaire d'histologie et d'anatomie comparée de l'université de la Halle[2]. En 1884, il est élu membre de la Leopoldina .
En 1895, il est nommé directeur de l'institut pathologique de Wurzbourg où il termine sa carrière[2]. Il prend sa retraite en 1910, à l'âge de 75 ans, à Berlin, sous la gouvernance d'une de ses filles, où il meurt en 1926[1].
Famille
Il épouse Elisabeth Hollensteiner, fille de pasteur, dont il a trois filles. Eberth était de caractère modeste et consciencieux, estimé par ses collègues et apprécié par ses élèves. Ses loisirs étaient les sciences naturelles et les longues courses en montagne[1],[3].
Travaux
Typhoïde et bacille d'Eberth

En 1879, à Zurich, Eberth étudie 40 cas de fièvre typhoïde et réalise 23 autopsies. Il note ce qui était déjà connu : des gonflements et inflammations des plaques de Peyer et du système lymphatique de l'intestin, mais il découvre à ce niveau de nombreux bacilles qu'il étudie pendant deux ans. Il s'agit de petits bâtonnets de 2 à 3 μm de long, arrondis aux extrémités, et munis de cils leur permettant de se déplacer[1]. Eberth les appelle « bacillus typhosus »[4].
En 1881, il publie ses recherches dans les Virchows Archiv (de). Rapidement confirmées dans toute l'Europe, ces recherches terminent un débat de près d'un siècle sur la nature spécifique de la fièvre typhoïde (longtemps confondue avec d'autres maladies, dont le typhus)[1].
En 1884, Georg Gaffky (en) réussit à les cultiver sur milieux de culture, notamment sur eau peptonée et sur gélose[1]. L'agent causal est alors appelé « bacille d'Eberth » ou «Eberthella typhosa» par Robert Koch finalement renommé salmonella typhi[5].
Il existe cependant des problèmes de priorité. Notamment avec Edwin Klebs qui publie des travaux similaires à quelques mois près, et avec Tadeusz Browicz, un microbiologiste polonais qui observe un « parasite microscopique » en forme de bâtonnets dès 1874, mais à propos d'un seul cas de fièvre typhoïde et sans donner d'illustration[1],[6].
Autres contributions
En bactériologie vétérinaire, Eberth publie des travaux sur la pseudotuberculose du cobaye, les cocci du perroquet (ornithose), et les infections bactériennes des rongeurs[2].
Dans le domaine de l'histopathologie, ses principales publications portent sur la structure histologique du foie et du cœur, la régénération des épithéliums, la croissance osseuse, la substance amyloïde et les leucémies[2]. Il identifie aussi les plaquettes sanguines et leur rôle dans les processus de coagulation et de thrombose[3].
Éponymies
Les appellations d'Eberth sont désuètes ou inusitées[7]:
- Bacille d'Eberth, pour Salmonella typhi ;
- cholécystite d'Eberth, cholécystite à salmonella typhi ;
- ligne d'Eberth ou strie scalariforme, zones de jonction entre cellules musculaires cardiaques[8] ;
- périthélium d'Eberth, tissu conjonctif mince entourant des capillaires.
Notes et références
- Colette de Saint-Restitut, « Carl-Joseph Eberth : La fièvre typhoïde au XIXe siècle », La Gazette Médicale, vol. 97, no 8, , p. 69-71.
- « Professor Karl Joseph Eberth », British Medical Journal, vol. 1, no 3443, , p. 44–45 (ISSN 0007-1447, PMID 20772923, PMCID 2453798, lire en ligne, consulté le )
- (en) William S. Haubrich, « Eberth of Eberthella Typhosa », Gastroenterology, vol. 122, no 4, , p. 852 (ISSN 0016-5085 et 1528-0012, DOI 10.1016/S0016-5085(02)80159-7, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Maxime Laignel-Lavastine (dir.), Pierre Delafonraine et Suzanne Trocme, Histoire générale de la médecine, t. III, Paris, Albin Michel, , 816 p., « Histoire des maladies infectieuses », p. 126.
- ↑ (en) Kenneth F. Kiple (dir.), Charles W. Le Baron et David W. Taylor, The Cambridge World History of Human Disease, Cambridge, Cambridge University Press, , 1176 p. (ISBN 0-521-33286-9), chap. VIII. 149 (« Typhoid Fever »), p. 1071-1076.
- ↑ Ryszard W. Gryglewski et Michał Chlipała, « Salmonella Typhi - historical perspective of discovery and forgotten contribution of Polish anatomopathology », Folia Medica Cracoviensia, vol. 60, no 1, , p. 25–32 (ISSN 0015-5616, PMID 32658209, DOI 10.24425/fmc.2020.133483, lire en ligne, consulté le )
- ↑ A. Manuila, Dictionnaire français de Médecine et de Biologie : en quatre volumes, Paris, Masson, 1970-1975
- ↑ « Stries scalariformes », sur histologique.univ-lille.fr (consulté le )
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