Katsuhiko Hayashi

Katsuhiko Hayashi
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Katsuhiko Hayashi (林勝彦), né en 1972 dans la préfecture de Hyōgo, est un généticien et chercheur japonais spécialisé dans l'étude des cellules souches et la biologie du développement. Il enseigne la génomique à l'université d'Osaka. Il est connu pour être parvenu à donner naissance à des souriceaux à partir de deux souris mâles.

Biographie

Jeunesse et formation

Katsuhiko Hayashi naît en 1972 dans la préfecture de Hyōgo au Japon[1]. Dans sa jeunesse, sa famille tient un ranch, ce qui l'amène à s'intéresse à la reproduction animale. Son intérêt pour ce domaine se confirme lors de ses études à la faculté d'agronomie de l'université Meiji où il étudie les cellules germinales primordiales[2]. Il obtient son master of science en 1996[3].

En 1996, il devient professeur adjoint du département de biologie moléculaire à l'Institut des sciences du vivant de l'université des sciences de Tokyo. Ce poste aboutit sur celui de chercheur au département d'étiologie et de physiopathologie du Centre médical intégré de santé maternelle et infantile de la préfecture d'Osaka à partir de 2002. Parallèlement, il prépare une thèse à l'université des sciences de Tokyo qu'il soutient en 2004. S'ensuit un contrat post-doctoral à l'institut Gurdon de l'université de Cambridge en 2005[4].

Carrière académique

Hayashi se spécialise au cours de sa carrière dans la recherche sur les cellules souches. Après son doctorat, il rejoint en 2009 la faculté de médecine de l'université de Kyoto pour donner enseigner la micromorphologie fonctionnelle en tant que conférencier. Il est promu professeur associé en 2012[4]. A cette période, il collabore avec le professeur Yuki Saito. Ensemble, il parviennent à produire des ovules viables à partir de cellules souches pluripotentes. Ces ovules, par fécondation in-vitro, aboutissent en des souris saines et fertiles[5].

Il quitte finalement Kyoto en 2014 pour devenir professeur à la faculté de sciences médicales de l'université de Kyūshū où il donne des leçons sur la division des cellules du génome humain. En 2021, il rejoint finalement l'université d'Osaka en tant que professeur de génomique[4],[6]. Avec sa nouvelle équipe, il parvient la même année à produire des organoïdes ovariens à partir de cellules souches embryonnaires par différenciation de cellules germinales. Cette réalisation est reproduite en 2026 cette fois-ci avec des organoïdes testiculaires. Cette étape plus délicate car différenciation des cellules germinales des cellules mâles transformait en cellules dans les ovaires au lieu des testicules[7].

En 2023, son équipe et lui marquent le monde de la science en parvenant à donner naissance à des souriceaux à partir de deux souris mâles. Pour ce faire, ils prélèvent des cellules de la queue de deux mâles avec deux chromosomes sexuels : un X et un Y. Il les convertissent en cellules souches et quelques cellules perdent alors leur chromosome Y. A l'aide d'un traitement chimique, certaines cellules peuvent doubler leur chromosome X restant, devenant ainsi des cellules femelles qu'il est possible de transformer en ovules. Le processus donne lieu à beaucoup de pertes puisqu'ils obtiennent sept souriceaux pour 630 embryons. Pour Hayashi, l'un des enjeux de cette technologie est de pouvoir donner naissance à de nouveaux rhinocéros blancs dont les seuls deux spécimens encore vivants sont des femelles[8]. Il pense également que cette technologie pourrait être étendue à l'être humain sous dix ans et qu'il serait prêt à la développer lorsqu'un cadre éthique aura été posé[9].

Cette découverte lui vaut plusieurs distinctions. Il apparaît parmi les dix personnalités ayant marqué la science dans l'année en 2023[8]. L'année suivant cette découverte, il est nommé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde par le magazine Time, dans le classement général (sous-catégorie des innovateurs)[10] ainsi que dans le classement pour les personnalités du monde de la santé (sous-catégorie des pionniers)[11].

Distinctions

Publications

  • (en) K. Hayashi, S. Ogushi, K. Kurimoto, S. Shimamoto, H. Ohta et M. Saitou, « Offspring from Oocytes Derived from in Vitro Primordial Germ Cell–like Cells in Mice », Science, vol. 338, no 6109,‎ , p. 971-975 (DOI 10.1126/science.1226889)
  • (en) D. Cyranoski, « Mouse eggs made from skin cells in a dish », Nature, no 538,‎ , p. 301 (DOI 10.1038/nature.2016.20817)
  • (en) « Reconstitution in vitro of the entire cycle of the mouse female germ line », Nature, no 539,‎ , p. 299–303 (DOI 10.1038/nature20104)
  • (en) K. Murakami, N. Hamazaki et N. Hamada et al., « Generation of functional oocytes from male mice in vitro », Nature, no 615,‎ , p. 900–906 (DOI 10.1038/s41586-023-05834-x)
  • (en) T. Yoshino, H. Sasada, T. Sato, T. Nakamura, K. Shirane, H. Ohta, Maki Kamoshita, M. Inoue, Y. Matsudaira et K. Hayashi, « Reconstitution of sex determination and the testicular niche using mouse pluripotent stem cells », Science, vol. 391, no 6788,‎ (DOI 10.1126/science.aea0296)

Références

  1. (ja) « お話をうかがった先生 », sur terumozaidan.or.jp (consulté le ).
  2. (ja) « 生命の始まりに挑む ――「オスの卵子」が誕生した理由 », sur igaku-shoin.co.jp,‎ (consulté le ).
  3. (en) « The people behind the papers – Yuki Naitou and Katsuhiko Hayashi », Development, vol. 149, no 4,‎ (lire en ligne).
  4. https://www.med.osaka-u.ac.jp/archives/27149
  5. (ja) « 多能性幹細胞から機能的な卵子を作製することに成功 », sur jst.go.jp,‎ (consulté le ).
  6. (en) Raymond Kunikane Terhune, « Investigating the relay of life with Prof. Katsuhiko Hayashi : professor of Kyushu University’s Faculty of Medical Sciences », sur kyushu-u.ac.jp, (consulté le ).
  7. (ja) « 精巣をES細胞で再現、大阪大学がマウスで成功 男性不妊治療に道 », sur nikkei.com,‎ (consulté le ).
  8. (en) Heidi Ledford, « Making mice with two dads: this biologist rewrote the rules on sexual reproduction », Nature, (consulté le ).
  9. (ja) Pallab Ghosh, « 雄マウスの細胞から卵子を作るのに成功 初期段階の成果を阪大教授が発表 », sur bbc.com,‎ (consulté le ).
  10. (en) Shinya Yamanaka, « Katsuhiko Hayashi », Time,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) Alice Park, « Katsuhiko Hayashi », (consulté le ).
  12. (en) « Nature’s 10: Ten people (and one non-human) who helped shape science in 2023 », Nature,‎ .

Liens externes

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