Kayhan (quotidien)
| Kayhan (quotidien) | |
| Pays | Iran |
|---|---|
| Périodicité | quotidien |
| Date de fondation | 1942 |
| Ville d’édition | Téhéran |
| Site web | https://kayhan.ir |
Kayhan (en persan : ﻛﻴﻬﺎﻥ) est un des plus vieux journaux en Iran, publié par l'Institut Kayhan. Le quotidien a été fondé à l'époque Pahlavi et il est devenu le journal le plus respecté et le plus célèbre de son époque. Après la révolution iranienne, Kayhan est tombé sous le contrôle du nouveau gouvernement de la république islamique.
Kayhan est créé en 1942 par Abdul-Rahman Faramarzi[1],[2]. Le rédacteur en chef est Mostafa Mesbahzadeh[2]. Le nom du journal, qui signifie en persan « univers »[3] est semble-t-il une référence au quotidien français Le Monde[2]. Il est publié en Iran, mais aussi à Londres. Sa ligne éditoriale est favorable au régime du Shah[2]. Ses locaux sont situés sur la rue Ferdowsi à Téhéran, à côté de la place Ferdowsi[4],[5].
Ligne éditoriale
De 1942 à 1946, Kayhan apparaît comme un rival d'Ettela'at, qui soutient le régime. Cette rivalité s'accroît de 1953 à 1961. À partir de cette date, les deux quotidiens adoptent une ligne commune, si bien qu'ils sont indiscernables[1].
Lors de la révolution de 1979, l'imprimerie du journal est réquisitionnée[2]. Depuis le début des années 1990, il est dirigé par Hossein Shariatmadari (en)[6],[7], qui est aussi le représentant du guide suprême à l'Institut[8],[2]. Confident d'Ali Khamenei, il est également proche des services de renseignement[9]. Étant indirectement sous le contrôle du cabinet du guide suprême, Kayhan est considéré comme le plus conservateur des journaux iraniens[2]. Hossein Shariatmadari, très conservateur lui-même, y publie en 2015 un éditorial pour défendre la politique d'enrichissement d'uranium de la république islamique[8],[10]. Lors d'un entretien, il affirme que « Israël n'existe pas ». Il nie que Bachar al-Assad ait utilisé des armes chimiques contre le peuple syrien[8]. Dans Kayhan, il défend le Corps des gardiens de la révolution islamique et ses activités au Moyen-Orient, notamment au Liban. Il critique la politique étrangère des États-Unis et prend parti pour la Russie[11]. Il critique ceux qui défient le régime - les femmes qui remettent en question le code vestimentaire, et les religieux réformistes qui s'interrogent sur les fondements théologiques du velayat-e faqih[7].
Autres publications
L'institut Kayhan publie aussi des éditions étrangères spéciales, incluant Kayhan International en langue anglaise (dirigé par Hamid Najafi[5]), Kayhan-e Havaee (« Keyhan aérien », destiné à la diaspora[12]) et une version en arabe de Kayhan[8], conçue à l'origine pour la distribution outre-mer. L'institut publie aussi des magazines spécialisés pour les femmes Zan-e Rouze (« Femme d'aujourd'hui »)[2], Kayhān-e Farhangi, une édition consacrée à la culture et la littérature, une autre pour la jeunesse et les sportifs. En 2003, l'institut arrête de publier Kayhan Caricature, un magazine populaire dirigé par des dessinateurs[2].
À la suite de la publication d'une série d'articles controversés d'Abdolkarim Soroush, Kayhān-e Farhangi est fermé en [13]. Mashallah Shamsolvaezin (en) lance alors le mensuel Kiyan, qui devient à partir de 1991 une tribune pour les intellectuels réformistes[13].
Le fondateur du groupe Kayhan, Mostafa Mesbahzadeh, lance en 1983 Kayhan London, critique à l'égard du régime iranien[14].
Références
- (en-US) Masʿud Barzin, « Kayhān », sur Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
- « Iran Chamber Society: Iranian Media: Kayhan Newspaper », sur www.iranchamber.com (consulté le )
- ↑ « Hossein Shariatmadari, ultra-conservateur iranien », sur France Culture, (consulté le )
- ↑ (fa) « خیابان و میدان فردوسی تهران چطور شکل گرفت؟ » [« Comment la rue et la place Ferdowsi à Téhéran ont-elles été créées ? »], Mehr News Agency, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- « Contact Us » [archive du ], sur kayhan.ir (consulté le )
- ↑ Selon la rubrique À propos du site du journal, c'est toujours le cas en janvier 2026.
- (en-US) Michael Slackman, « Freed by Revolution, He Speaks for Iran’s Hard-Liners », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- « Hossein Shariatmadari, ultra-conservateur iranien » (podcast), sur France Culture, (consulté le )
- ↑ (en-US) Robert F. Worth, « A Struggle for the Legacy of the Iranian Revolution », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Vu d'Iran. Nucléaire : impossible de faire confiance au », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Iran’s propaganda: Hossein Shariatmadari | Центр протидії дезінформації », Center for countering desinformation, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (fa) « روزنامه شرق- حسين قندي و هزاران نكته باريكتر از مو- سه شنبه,18 مرداد 1390 », (Sélectionner Affichage puis Réparer l'encodage du texte pour un affichage correct) [archive du ], sur old.sharghdaily.ir, (consulté le )
- (en) Ziba Mir-Hosseini et Richard Tapper, Islam and democracy in Iran : Eshkevari and the quest for reform, I.B. Tauris, (ISBN 978-1-84511-133-5 et 978-1-84511-134-2, lire en ligne), p. 27
- ↑ (en-US) L. A. Times Archives, « Mostafa Mesbahzadeh, 97; exiled publisher of Iranian newspapers », sur Los Angeles Times, (consulté le )
Liens externes
- (fa) Site officiel
- (en) Caricature de Kayhan
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