Kemal Pir
Kemal Pir, aussi connu sous le nom de Laz Kemal, né le 1952 à Güzeloluk, Gümüşhane et mort le à Diyarbakır, en Turquie est un révolutionnaire marxiste-léniniste turc. Il est l'un des fondateurs turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan[1].
Au début des années 1970, il étudie la géographie et l'histoire à la faculté des lettres de l'université Hacettepe. Influencé par le mouvement révolutionnaire dirigé par Abdullah Öcalan, il quitte l'université[2].
En 1972, alors qu'il vit avec Haki Karer (en), ils accueillent Öcalan après sa libération de la prison de Mamak[3]. Lors de la réunion fondatrice du PKK en , il est élu membre du comité central. Il reçoit une formation militaire dans un camp palestinien au Liban, et devient responsable de l'organisation militaire du PKK. De retour en Turquie il est arrêté[4] à Batman en 1979 et incarcéré à la prison de Diyarbakir[2]. Lors de son procès, il déclare que le PKK déclenchera un soulèvement populaire le moment venu[5].
Avec d'autres camarades prisonniers (Mehmet Hayri Durmuş, Akif Yılmaz et Ali Çiçek), il entame une grève de la faim pour protester contre les conditions d'incarcération à la prison de Diyarbakir[6]. Les détenus y sont torturés systématiquement afin de briser leur résistance. Mazlum Dogan, Ferhat Kurtay, Eşref Anyık, Necmi Öner et Mahmut Zengin se sont immolés par le feu pour protester contre ces traitements inhumains[7].
Durant sa grève de la faim, le directeur lui demande : « N'aimes-tu pas la vie, Kemal ? » et il répond avec une réplique devenue célèbre : « Nous aimons tellement la vie que nous sommes prêts à mourir pour elle »[8]. Il meurt après un jeûne de 55 jours à lâge de 30 ans le [3],[7].
La mort de Kemal Pir et de ses camarades est commémorée par le PKK chaque année le sous le nom de jeûne de la mort comme un acte de résistance au régime turc[7],[9].
Son neveu Ziya Pir (en) est un homme politique du HDP[10].
Références
- ↑ Eray Çaylı, The Kurdish Issue in Turkey: A Spatial Perspective, Routledge, (ISBN 978-1-138-82415-7), « Diyarbakır's "witness sites" and discourses », p. 84
- (en) Mehmet Orhan, Political Violence and Kurds in Turkey: Fragmentations, Mobilizations, Participations & Repertoires, Routledge, (ISBN 9781317420439), p. 113
- (en) Jongerden, « The Kurdistan Workers Party and a New Left in Turkey: Analysis of the revolutionary movement in Turkey through the PKK's memorial text on Haki Karer », edepot.wur.nl, (consulté le ), p. 8–9
- ↑ Les Cahiers de l'Orient, Société française d'édition et d'impression et de réalisation (no 29-31), , p. 66
- ↑ (en) Marlies Casier et Joost Jongerden, Nationalisms and Politics in Turkey: Political Islam, Kemalism and the Kurdish Issue, Routledge, , 131 p. (ISBN 9781136938672)
- ↑ (en) Michael M. Gunter, The Kurds in Turkey: a political dilemma, Westview Press, coll. « Westview special studies on the Middle East », (ISBN 978-0-8133-8120-6), p. 58
- ROJINFO, « Le 14 juillet 1982, une flamme de résistance est allumée dans la prison de Diyarbakir », sur RojInfo, (consulté le )
- ↑ Ali Kemal Özcan, Turkey's Kurds: A Theoretical Analysis of the PKK and Abdullah Ocalan, Routledge, (ISBN 0-415-36687-9)
- ↑ Kaf1, « Commémorations des martyrs du 14 juillet kurde », sur Kurdistan au féminin, (consulté le )
- ↑ (de) Özlem Topçu, « Türkei-Wahl: Ein Deutscher gegen Erdoğan », Die Zeit, (lire en ligne, consulté le )
Liens externes
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