Kfar Etzion

| Nom local |
(he) כפר עציון |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Subdivision | |
| Altitude |
955 m |
| Coordonnées |
31° 39′ 00″ N, 35° 07′ 00″ E |
| Population |
1 156 hab. () |
|---|
| Fondation |
, |
|---|
| Site web |
|---|
|
Kfar Etzion (כפר עציון) est une colonie israélienne[1], illégale au regard du droit international[2], en Cisjordanie, territoire palestinien occupé[3]. Elle est située à 4 km de la Ligne verte, frontière entre Israël et la Cisjordanie[4].
Elle se trouve au sud de Jérusalem, entre Jérusalem et Hébron.
Histoire

Migdal Eder (1927–1929)
En janvier 1927, l'association Zikhron David, un groupe de juifs orthodoxes du quartier de Méa Shéarim à Jérusalem, fonde une petite communauté agricole, Migdal Eder, sur des terres situées près de l'emplacement actuel de Kfar Etzion[5]. Un groupe de 15 familles, dont 12 familles yéménites, s'installe sur ces terres. À l'automne 1926, la société acquiert 4 000 dounams dans la région, bien qu'elle ne reçoit de titres de propriété officiels que pour 1 200 dounams[5]. Les résultats agricoles sont très décevants et les demandes d'aide adressées à l'Exécutif sioniste et à l'Association pour la colonisation juive de Palestine (en) sont rejetées[5]. Au bout d'un an, seules sept familles sont encore présentes[5]. Lorsque les émeutes de 1929 éclatent en Palestine, les colons restants s'enfuient et les Arabes locaux détruisent et incendient les bâtiments[5].
La société El haHar (1933-1936)
La société de colonisation El haHar (« vers la montagne ») est fondée par Shmuel Zvi Holzmann en 1933[6]. Holzmann achète des terres (5 000 dounams), principalement à Migdal Eder, et loue des terres à un couvent russe voisin[6]. L'objectif est de fonder trois colonies : Kfar Etzion, Pri-Amal et Ya'ar Etzion[6]. Le nom « Etzion » est un jeu de mots sur le nom de Holzmann lui-même, car « Holz » signifie « bois » en allemand et en yiddish, tandis que « etz (עץ) » signifie « bois » en hébreu[7]. Cependant, les ouvriers chargés de préparer le site partent en 1936 en raison du début de la révolte arabe et du harcèlement des Arabes locaux[6]. Une grande partie des terres est rachetée par le Fonds national juif afin de les maintenir entre des mains juives[6].
Vieux Kfar Etzion (1943-1948)
Au début des années 1940, le Fonds national juif acquiert de nouvelles terres dans la région, notamment auprès d'un monastère bénédictin et de propriétaires arabes (en dépit de l’interdiction, prévue par le Livre blanc de 1939, de vendre des terres à des Juifs dans cette zone)[6]. Le site de Kfar Etzion est colonisé en 1943 par Kvutzat Avraham, du mouvement religieux Hapoel Hamizrahi[6]. Au cours des quatre années suivantes, trois autres kibboutzim sont fondés dans la région, créant ce qui est devenu le bloc d'Etzion[6].
L’ONU propose un plan de partage de la Palestine, voté en 1947 ; Kfar Etzion est situé dans les frontières du futur Etat de Palestine, avec 31 autres communautés juives[8].
Il fut le site de plusieurs batailles pendant la guerre israélo-arabe de 1948. Il est attaqué par l’armée de libération arabe le . La colonne envoyée à son secours est battue par les combattants arabes et perd 35 hommes. Ce chiffre de 35 morts (Lamed-Heh) fut dès lors utilisé par la Haganah pour toute opération classée comme opération de représailles, même si elle avait été prévue de longue date[9].
Le village est à nouveau attaqué le et fut le lieu du massacre de 250 Juifs[10]. Le kibboutz est détruit au cours de la guerre.
Nouveau Kfar Etzion (depuis 1967)
Après la guerre des Six Jours, en 1967, une colonie israélienne religieuse est établie sur l'emplacement de l'ancien kibboutz[4],[11]. D'anciens habitants du kibboutz s'y installent, avec le soutien des autorités israéliennes[12], bien qu'elles aient été informées par des juristes que la création de telles colonies dans les territoires occupés serait illégale au regard de la quatrième Convention de Genève[13].
Selon l'historien Gershom Gorenberg, auteur de The Accidental Empire. Israel and the birth of the settlements (2006), les autorités politiques israéliennes ont favorisé activement l'émergence d'un consensus national concernant un « droit au retour » des juifs qui étaient établis dans ce territoire palestinien jusqu'en 1948, et concernant le « droit » d'autres juifs de « revenir » là, si les habitants d'avant 1948 ou leurs descendants ne voulaient résider à nouveau en ce lieu[2]. Selon Gorenberg, les Palestiniens sont ainsi censés devoir reconnaître le « rapport émotionnel » que les Israéliens entretiennent avec cette localité. Il juge cette position incohérente avec le refus israélien d'un droit au retour palestinien[2].
La colonie est organisée en kibboutz.
Notes et références
- ↑ « Les héritiers des colons de 1948 s'accrochent à une terre controversée », sur ladepeche.fr (consulté le )
- Gershom Gorenberg,« The Etzion Illusion », Haaretz, 29 septembre 2008, https://www.haaretz.com/2008-09-29/ty-article/the-etzion-illusion/0000017f-e7b5-d97e-a37f-f7f5fcc10000
- ↑ « Comprendre la crise au Proche-Orient : zoom sur les colonies », sur TF1 INFO, (consulté le )
- « Conflit israélo - palestinien : Qui sont les colons israéliens extrémistes visés par les sanctions américaines et britanniques ? », sur BBC News Afrique, (consulté le )
- Ruth Kark et Michal Oren-Nordheim, Jerusalem and its environs: quarter, neighborhoods, villages, 1800-1948, Wayne State University Press, coll. « Israel studies in historical geography », (ISBN 978-0-8143-2909-2), p. 342-345
- (en) Ruth Kark et Michal Oren-Nordheim, Jerusalem and its environs: quarter, neighborhoods, villages, 1800-1948, Wayne State University Press, coll. « Israel studies in historical geography », (ISBN 978-0-8143-2909-2), p. 338, 358
- ↑ David Ohana, « Kfar Etzion: The Community of Memory and the Myth of Return », Israel Studies, vol. 7, no 2, , p. 145–174 (ISSN 1084-9513, lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « La Cisjordanie, entre occupation et annexion », sur RFI, (consulté le )
- ↑ Illan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : Fayard, 2008. (ISBN 978-221363396-1). Version électronique, p. 103.
- ↑ Motti Golani et Adel Manna, Two Sides of the Coin : Independence and Nakba 1948: [English - Arabic], Institute for Historical Justice and Reconciliation, , 320 p. (ISBN 978-90-8979-083-5, présentation en ligne)
- ↑ Amnon Kapeliouk, « L'implantation de colonies israéliennes dans les territoires occupés crée des faits accomplis « irréversibles » », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
- ↑ Michael Blum, « Les habitants de Kfar Etzion, colonie historique, se sentent à la maison »
, sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
- ↑ (en) Donald Macintyre, « Secret memo shows Israel knew Six Day War was illegal », sur The Independent, (version du sur Internet Archive).
- Portail de la Palestine
- Portail du monde colonial
- Portail d’Israël
