Kha-Akhet

Kha-Akhet
Temple de l’Égypte antique
Nom en égyptien ancien
Khâ-Akhet (« Lever de l'Horizon »)
Divinité
Époque
Constructeur
Ville
Coordonnées
25° 43′ 39″ N, 32° 36′ 37″ E
Carte

Kha-Akhet est un temple de l'Égypte antique construit dans la nécropole thébaine sous le règne du pharaon Hatchepsout. Bien que le monument soit connu via diverses inscriptions hiéroglyphiques depuis le début du XXe siècle, sa localisation exacte a été longtemps débattue et son identification archéologique formelle n'a eu lieu que dans les années 2000. Le temple, aujourd'hui disparu, a en effet été démantelé dès l'antiquité lors de la construction du Ramesséum sur le même emplacement.

Description

Khâ-Akhet
N28
N27
Ḫʿ-ʒḫt

Kha-Akhet (lever de l'horizon)[1] est un temple de l'Égypte antique édifié dans la nécropole thébaine, sur la rive ouest du Nil, face à l'ancienne ville de Thèbes (aujourd'hui Louxor)[2]. Il fut bâti sur le site occupé aujourd'hui par le Ramesséum, le temple des millions d'années de Ramsès II[2],[3]. Le temple fut construit avec des blocs de calcaire extraits d'une carrière locale, un type de calcaire qui a été retrouvé exclusivement dans des monuments construits par Hatchepsout à Thèbes-Ouest[2].

Le temple était très clairement dédié au dieu Amon[4],[2], bien que la déesse Hathor y fût aussi vénérée[2]. Si Kha-Akhet a pu fonctionner au quotidien de manière indépendante,[2] le temple était associé au temple funéraire d'Hatchepsout (Djéser-Djéserou) de Deir el-Bahari dans un cérémoniel cultuel en l'honneur d'Amon[4],[2]. Kha-Akhet était vraisemblablement connecté à Deir el-Bahari par un canal[2] et servait probablement de chapelle-reposoir pour la barque sacrée d'Amon[4]. Kha-Akhet aurait ainsi été la première étape de processions dédiés à Amon en direction du Djéser-Djéserou[4],[2]. La proximité entre les deux temples était telle qu'une pierre de fondation retrouvée dans les ruines de Kha-Akhet au Ramesséum mentionne le Djéser-Djéserou et non pas le Kha-Akhet[2],[3].

Histoire

Construction et destruction

Hatchepsout

Kha-Akhet fut édifié sous le règne de la reine-pharaon Hatchepsout de la XVIIIe dynastie, qui fit également bâtir le Djéser-Djéserou non loin de là[4],[2]. Un haut fonctionnaire de la cour du nom de Djéhouty fut peut-être responsable de la construction de Kha-Akhet[2]. Le prêtre Senenu servit à la fois de grand prêtre d'Amon et d'Hathor à Djéser-Djéserou et de grand prêtre d'Amon à Kha-Akhet[4].

Bien que le temple soit uniquement mentionné sur des inscriptions datant du règne d'Hatchepsout , Kha-Akhet fut probablement encore en activité sous son successeur Thoutmosis III. Comme dans d'autres monuments datant de cette époque, Thoutmosis III s'employa à remplacer le nom d'Hatchepsout par celui de son prédécesseur Thoutmosis II car il considérait la femme pharaon illégitime[2].

Le temple fut endommagé durant la période amarnienne, le nom d'Amon étant martelé. Les dégradations furent en partie restaurées par la suite, peut-être par le pharaon Horemheb qui effectua des réparations similaires dans le Djéser-Djéserou[2].

Kha-Akhet fut démantelé peu de temps après, probablement par Ramsès II qui érigea son temple des millions d'années, le Ramesséum, à cet emplacement. Les pierres du Kha-Akhet furent largement réemployées dans sa construction, notamment dans la chapelle de Mouttouya et Néfertari[2],[3]. Un siècle plus tard, des blocs du Kha-Akhet utilisés dans le Ramesséum furent réemployés pour la construction du temple funéraire de Ramsès IV à El-Assasif[2],[5].

Redécouverte

Djéser-Djéserou : le temple funéraire d'Hatchepsout.

L'existence du temple de Kha-Akhet est attestée via diverses inscriptions hiéroglyphiques sur plusieurs monuments datant du règne d'Hatchepsout, comme la chapelle rouge à Karnak[2], depuis le début du XXe siècle[1]. Néanmoins la localisation du temple est restée très longtemps problématique[2]. De par son association rituelle avec le temple funéraire d'Hatchepsout, Djéser-Djéserou, on a longtemps cherché à le localiser près de Deir el-Bahari, voire à Deir el-Bahari même[2],[4].

À la fin des années 1970, les vestiges d'un temple datant du règne d'Hatchepsout sont découverts à El-Assasif, non loin du début de la chaussée de Deir el-Bahari. L’archéologue égyptien Abu el-Ayun Barakat en conclut qu'il s’agit là de Kha-Akhet [6]. Cette identification est rapidement contestée, plusieurs égyptologues préférant situer Kha-Akhet à Deir el-Bahari. Certains chapelles du temple funéraire d'Hatchepsout sont proposées comme étant le Kha-Akhet, même si aucune ne mentionne ce nom. Le temple funéraire de Thoutmôsis III de Deir el-Bahari est aussi proposé comme étant le Kha-Akhet, il aurait alors été renommé Djéser-akhet par Thoutmosis III après la mort d'Hatchepsout[2],[7]. Le temple fouillé par Barakat a depuis été identifié comme le temple des millions d'années de Thoutmôsis Ier[8].

Dans les années 2000, la mission archéologique française qui fouille le Ramesséum identifie les vestiges d'un monument plus ancien sous le temple de Ramsès II. Les blocs issus de ce temple plus ancien sont retrouvés dans toute la zone du Ramesséum et datés du règne d'Hatchepsout. Un bloc comportant une inscription mentionnant le Kha-Akhet est également retrouvé sur place, confirmant l'existence de Kha-Akhet à cet endroit[2],[3],[9].

Notes et références

Bibliographie

  • Henri Gauthier, Dictionnaire des noms géographiques contenus dans les textes hiéroglyphiques, t. 6, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, (lire en ligne)
  • (en) Edward Brovarski, « Senenu, High Priest of Amūn at Deir El-Baḥri », Journal of Egyptian Archaeology, vol. 62,‎ , p. 57-73 (DOI https://doi.org/10.2307/3856345)
  • (en) Abu El-Ayun Barakat, « The Temple of Kha'-'Akhet in Western Thebes », Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts Kairo, vol. 37,‎ , p. 29-33 (lire en ligne)
  • Claude Vandersleyen, L'Égypte et la vallée du Nil, t. 2 : De la fin de l'Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, Paris, Presses universitaires de France, (ISBN 9782130465522)
  • (en) Julia Budka, « Non-textual marks from the Asasif (Westem-Thebes). Remarks on function and practical use based on extemal textual evidence », dans Lingua Aegyptia: Studia Monographica, vol. 8, Göttingen, Hubert & Co, (ISSN 0946-8641, DOI 10.11588/PROPYLAEUMDOK.00003144, lire en ligne), p. 179-203
  • Christian Leblanc, « À propos du Ramesseum et de l’existance d’un monument plus ancien à son emplacement », dans Memnonia, vol. XXI, Le Caire, Dar Darwich, , p. 61–108
  • (en) Jadwiga Iwaszczuk, « The Temple of Thutmosis I Rediscovered », Polish Archaeology in the Mediterranean, vol. 21,‎ , p. 269-278 (ISBN 9788323511441, lire en ligne)
  • (en) Andrzej Ćwiek, « Old and Middle Kingdom Tradition in the Temple of Hatshepsut at Deir el-Bahari », dans Etudes et Travaux, vol. XXVII, Varsovie, Iksio Pan, (ISBN 9788392231981, lire en ligne), p. 61–93
  • (en) Jadwiga Iwaszczuk, Sacred Landscape of Thebes During the Reign of Hatshepsut: Royal Construction Projects, vol. 1 : Topography of the West Bank, Varsovie, Iksio Pan, (ISBN 9788394758233, lire en ligne)
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