Koko Komégné

Koko Komégné
Koko Komégné en 2024.
Biographie
Naissance
Décès
(à 75 ans)
Douala
Nom de naissance
Gaston Komegne
Nationalité
Activités

Koko Komégné, nom d'artiste de Gaston Komegne, né le à Batoufam et mort le à Douala (Cameroun), est un artiste peintre et sculpteur camerounais.

Biographie

Njé Mo Yé, qui signifie « c’est quoi, çà? » en langue douala, est une sculpture permanente réalisée par Koko Komégné et située dans la ville de Douala au Cameroun.
Koko Komégné, Labyrinthe, 1995.

Enfance et débuts

Koko Komégné naît en 1950[1]. Il effectue des études primaires à Yaoundé jusqu'à l'âge de 14 ans où il décide de retourner dans son village natal. Il y passe deux années avec sa grand-mère. Au milieu des années soixante, il retourne à Douala où il fait la rencontre de Jean Sabatier[2].

Carrière

Koko Komégné est un peintre et sculpteur autodidacte.

Il commence à peindre en 1966, après avoir fréquenté pendant plusieurs mois l’atelier d’un peintre français amateur reproduisant des paysages, alors en expatriation au Cameroun.

Style artistique

Koko Komégné cherche à définir sa propre identité artistique :

« Il ne s’agissait pas de faire de l’art comme les Blancs, mais de réaliser quelque chose d’autre, quelque chose qui n’est pas forcément ressemblant, qui n’est pas tellement beau, mais qui invite à la méditation. J’ai repensé aux mystères, aux danses, aux symboles, à l’imaginaire de mon village, aux discours de ma grand-mère, et j’ai compris. »

Désireux de créer une rupture avec la représentation figurative, son écriture navigue entre une semi-abstraction et un expressionnisme assez marqué, incluant des éléments décoratifs (frises, masques stylisés..) extraits de l'esthétique rituelle africaine.

Les visages (traités en masques) et les corps (en mouvement) sont des formes récurrentes. Il aime pratiquer la diversion optique qui consiste essentiellement à tromper l'œil. L’œuvre de Koko Komégné est « un mélange de tous les styles », parmi lesquels : cubisme, surréalisme, tachisme, toujours sur des fonds d’africanité.

« J’ai peint plus d’un millier de masques. C’est en les reproduisant et en les déstructurant que j’ai trouvé ma peinture. La diversion optique est passée par le langage des masques, découvert lors du retour au village et approfondi par des recherches sur les différentes cultures africaines. »

Koko Komégné

Amateur des chaudes ambiances nocturnes auxquelles il prend une part active en tant que chanteur, il invite, par sa peinture, à pénétrer le monde de la nuit et ses excès. En représentant les mouvements vibratoires des danseurs, des situations de misères et de vies où sont mis en scène des prostituées, des buveurs, des fumeurs, des musiciens... toujours avec une pointe d’humour. Artiste médiatisé, Koko Komégné participe à de nombreuses émissions de radios et de télévision, et corrige des articles de presse écrite. Il aide ainsi à faire parler des Arts Visuels, dans un pays où seule la musique est populaire. Artiste militant, il a été à l'initiative de beaucoup d'aventures collectives, avec différentes générations de plasticiens : le Cercle Maduta (1979), le Collectif des Artistes plasticiens du Littoral (CAPLIT, 1983) et le Kheops Club (1994). Il crée également le concept de Squatt’art, pour présenter de jeunes artistes hors des galeries, dans des maisons abandonnées de la ville[3],[4].

Plus de 95 % de ses travaux sont répartis dans des collections privées dans le monde[3],[4].

En 2016, il célèbre ses 50 ans de carrière d'artiste plasticien avec une grande exposition rétrospective présentant plus de 200 de ses œuvres : peinture, sculpture, dessins[5].

Mort

Koko Komégne meurt le à Douala âgé de 75 ans[6],[7]. Il est enterré le à Batoufam village du Koung-Khi dans la région de l'Ouest[8].

Références

  1. ↑ Charly ngon, « À la découverte du monument « Njé Mo Yé » de Koko Komégne », sur Auletch, (consulté le )
  2. ↑ Africultures, « Koko Komégné fête quarante années d'arts plastiques », sur Africultures, (consulté le )
  3. « Koko Komegne », sur Doual'art (consulté le )
  4. Armand Djaleu, « Nécrologie : décès de l’artiste plasticien Koko Komégné », sur Actu Cameroun, (consulté le )
  5. ↑ Rita Diba, « Cameroun: Koko Komegne, 50 ans de résistance » Accès libre, sur fr.allafrica.com, (consulté le )
  6. ↑ Horizon Camer, « Nécrologie : Koko Komegne le père de l'art contemporain Camerounais a rangé son pinceau pour toujours », sur Horizon Camer, (consulté le )
  7. ↑ « Décès de l'artiste-peintre et sculpteur camerounais Koko Komegne, le père de l’art contemporain camerounais », sur Vantaart (consulté le )
  8. ↑ Rita DIBA, « Hommage : Koko Komegné, l'ancêtre contemporain », Cameroon Tribune, nos 13507 / 9706,‎ , p. 15 (lire en ligne)

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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