Kossi Assou

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Kossi Assou, de son nom complet Kossi Hemadzo Assou, alias Pharaon ou Togbe-Pharaon ou encore Sika-Trontodzi, né le à Treichville à Abidjan (Côte d'Ivoire), est un écrivain et artiste contemporain togolais, enseignant-chercheur, plasticien, designer et entrepreneur culturel.
Il est également prêtre du culte vodun (hounnon). Son travail artistique explore les relations entre art contemporain, spiritualité africaine et systèmes de connaissance traditionnels tels que le Fâ (Afan ou Ifa).
Biographie
Kossi Hemadzro Assou est né le à Treichville (Abidjan). Il suit une formation artistique à l’École des Beaux-Arts d’Abidjan. Il développe par la suite une carrière internationale en tant qu’artiste plasticien et designer[1],[2].
Parallèlement à son activité artistique, il exerce des fonctions d’enseignant, notamment à l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) et à l’Université de Lomé. Il est également impliqué dans la promotion de la création contemporaine africaine à travers des initiatives culturelles telles que Ewolé et Afrodesign[1],[2].
Parcours artistique

Le travail de Kossi Assou se caractérise par une approche interdisciplinaire mêlant arts plastiques, design et réflexion théorique. Ses œuvres, réalisées à partir de matériaux tels que le bois, le métal ou les fibres naturelles, s’inspirent des systèmes symboliques et spirituels africains[1],[2].
Il développe un langage plastique fondé sur les notions de mémoire, d’énergie et de relation entre le visible et l’invisible. Ses créations ont été présentées dans plusieurs expositions en Afrique et à l’international, notamment dans le cadre de manifestations consacrées à l’art contemporain africain[1],[2],[3].
Engagement culturel
Kossi Assou est également un acteur du développement culturel. Il est à l’origine de projets visant à valoriser les esthétiques africaines contemporaines et à accompagner les jeunes créateurs[2].
Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place des savoirs africains dans le monde contemporain, en particulier dans les domaines de l’art, du design et de la pensée[2].
Pensée et spiritualité
Cette dimension influence fortement son œuvre artistique, qu’il conçoit comme un espace de médiation entre matérialité et spiritualité[4].
En 2024, il publie AFAN, une interface complexe entre le Principe et ses manifestations aux éditions Graines de Pensées[1],[5].

Dans cet ouvrage, Kossi aborde le Fa (également appelé Ifa ou Afan selon les contextes culturels) comme un système de connaissance et d’interprétation du monde. Il y est présenté comme un cadre de pensée articulant les relations entre l’humain, la nature et des principes spirituels, dans le prolongement des pratiques associées au Vodou[1],[5].
L’essai propose une lecture interdisciplinaire, mobilisant des éléments issus de la philosophie, de l’anthropologie et des arts visuels. L’auteur y intègre également des schémas et représentations graphiques destinés à illustrer les concepts développés[1],[5].
L’ouvrage s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place des savoirs endogènes africains dans les sociétés contemporaines, notamment en lien avec les questions d’identité, de transmission et de production des connaissances[1],[5].
Démarche artistique
Kossi Assou, également connu sous les noms de Pharaon ou Togbé Pharaon, développe une démarche artistique étroitement liée aux spiritualités traditionnelles ouest-africaines, en particulier au Vodun et au Fâ. À la fois prêtre (Hounnon), artiste plasticien, designer et essayiste, il inscrit son travail à l’intersection de la création contemporaine et des systèmes de pensée issus des traditions africaines[6].
Selon ses propres déclarations, son approche ne dissocie pas l’art de la spiritualité. Il considère la création artistique comme une forme de médiation entre le monde visible et les dimensions invisibles de l’existence. Dans cette perspective, ses œuvres visent à traduire des éléments issus de la cosmologie vodun, notamment les rapports entre les forces naturelles, les ancêtres et les équilibres du monde[6].
Son parcours est marqué par une double influence religieuse durant l’enfance, entre éducation catholique et immersion dans les pratiques spirituelles traditionnelles en Afrique de l’Ouest. Il décrit cette expérience comme déterminante dans son orientation vers le Vodun, qu’il considère comme un système de connaissance structuré plutôt qu’une simple pratique rituelle[6].
Kossi Assou définit le Fâ comme une « matrice universelle » permettant d’interpréter les relations entre les individus, la nature et les forces invisibles. Dans ce cadre, il compare le rôle du praticien du Fâ (bokonon) à celui d’un analyste, chargé d’identifier les déséquilibres et d’orienter les décisions[6].
Sur le plan artistique, il mobilise divers matériaux, notamment le bois, le métal ou des fibres naturelles, qu’il associe à des significations symboliques. Ses expositions abordent fréquemment des thèmes liés aux éléments naturels, aux tensions sociales contemporaines et à la place des héritages culturels africains dans le monde actuel[6].
Sa démarche s’inscrit dans un mouvement de réappropriation et de réinterprétation des savoirs africains. Il affirme que ces systèmes de pensée peuvent constituer des ressources pour comprendre les transformations contemporaines et contribuer à une forme de modernité africaine ancrée dans ses traditions[6].
Activités artistiques et médiation culturelle
En , Kossi Hemadzro Assou participe à un « talk show » organisé au musée Kijain à Lomé, au cours duquel il présente une exposition de ses œuvres autour du thème Mon obsession. L’événement réunit un public varié et porte notamment sur la définition de l’art et la place de l’art contemporain dans la société[3],[7],[8].
Lors de cette rencontre, l’artiste développe sa conception de l’art comme un moyen d’expression des émotions, des idées et des questionnements humains. Il décrit l’art contemporain comme une forme artistique en dialogue avec son époque, abordant des thématiques telles que l’identité, la spiritualité, les crises sociales et les dynamiques culturelles[7],[8].
Son travail s’inscrit dans une démarche marquée par son appartenance aux traditions vodun, qu’il intègre dans sa création artistique. Il met également en avant son attachement à la nature et aux éléments du monde végétal, minéral et animal comme sources d’inspiration[7],[8].
L’événement donne lieu à des échanges avec le public autour de sa démarche artistique et de son processus de création[8].
Distinctions
- 1996 : Prix UNESCO pour le design et l’artisanat d’art pour l’Afrique, SIAO, Ouagadougou
- 2007 : désigné « Trésor humain vivant » par le ministère togolais de la Culture[9],[10]
Publications
Essai
- 2024 : AFAN, une interface complexe entre le Principe et ses manifestations, Lomé, Graines de Pensées
Notes et références
- Adama AYIKOUE, « Notes de lecture de AFAN, Une interface complexe entre le principe et ses manifestations, Kossi Hemadzro ASSOU, essai, août 2024, Ed. Graines de pensées, Lomé, 355 p. », sur togocultures.com, (consulté le )
- gregoire.awesso, « Entre profondeur artistique et rayonnement international : le Ministre à la rencontre de Kossi ASSOU », sur Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, (consulté le )
- ACTUBILAN, « Obsession vivante : L’art contemporain dialogue avec l’invisible », sur ActuBilan, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Yatou Sallah, « Inside artist Kossi Assou’s Togo home and studio », sur The World Of Interiors, (consulté le )
- « Sur les terres du Vodou, avec le Fa comme boussole - Togo Couleurs », (consulté le )
- Francisco Lawson, « Kossi AssouEntre l’art et le sacré, l’itinéraire d’un passeur de mondes. », sur Cloche Media Monde, (consulté le )
- La redaction, « Togo : Kossi Assou transforme le musée KIJAIN en archive vivante », sur Actu Togo, (consulté le )
- « Kossi Assou-offre-une-immersion-dans-le-monde-artistique-au-musee-kijain », sur togoenlive.tg, (consulté le )
- ↑ « Sokey Edorh et Kossi Assou : deux grands peintres togolais », sur www.letogolais.com (consulté le )
- ↑ « Kossi ASSOU (Professeur, expert en arts plastiques, design, artisanat d’art) - aLome.com - Qui est qui ? », sur www.alome.com (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Dak'Art 2008. Afrique : Miroir ?, catalogue de la 8e Biennale de l'art africain contemporain, 2008, p. 74-75
- Christiane Falgayrettes-Leveau (dir.), Design en Afrique, s'asseoir, se coucher et rêver, Musée Dapper, Paris, 2012 (ISBN 978-2-915258-32-5) (catalogue d'exposition)
Articles connexes
Liens externes
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