Kpanlogo (danse)

Le Kpanlogo ou Kpalongo est une danse et un style musicale récréative tradi-urbaine originaire du Ghana. Elle est considérée comme l'une des danses les plus populaires du pays.

Origine

Créée au début des années 1960, le Kpanlogo est une danse issue de l’ethnie Ga, originaire de la région du Grand Accra, où la majorité de ses membres vivent dans la capitale et ses environs. Aujourd’hui, la danse s’est largement diffusée à travers tout le territoire ghanéen[1],[2].

Le Kpanlogo était autrefois appelé Gbadjo, un terme qui signifie «récit» en langue ga. La pratique repose sur une interaction étroite entre chant, musique et danse. une histoire est interprétée en chœur par le groupe, accompagnée par les percussions, puis la danse s’adapte au récit chanté. Cette dimension narrative explique l’existence de nombreuses variantes chorégraphiques du Kpanlogo, qui évoluent selon le contexte et l’histoire mise en scène. Il s'agit d"une danse et musique récréative servi lors des rencontres et évènements de réjouissance[3].

Au delà l'aspect récréatif cette danse est aussi un outil de sensibilisation, d'éducation et d'affirmation identitaire. Style novateur, le Kpanlogo s’inspire notamment rock and roll américain et des rythmes traditionnels Ga[4],[5]. Il a permis aux jeunes générations ga d’affirmer leur identité et de se démarquer de leurs aînés[6]. Le maître percussionniste ghanéen CK Ladzekpo définit le kpanlogo comme «une danse-percussion urbaine portée par la jeunesse, symbole de l’engagement d’une génération issue de quartiers en pleine expansion, désireuse de faire entendre sa voix dans la construction de la vision politique de l’Afrique postcoloniale»[6].

Description

Accompagnement aux tambours.

La danse kpanlogo se pratique souvent au ras du sol, genoux et dos fléchis, et comporte fréquemment des mouvements suggestifs. Des cas de saisie d'instruments de musique et d'arrestations de danseurs par la police à ses débuts ont été rapportés[7].

La musique qui accompagne la danse Kpanlogo puise ses racines dans les anciennes traditions de percussions du peuple Ga, notamment le gome, l'oge et le kolomashie[7].

Elle repose sur trois types d’instruments principaux: le nono (une cloche métallique), le fao (un hochet en calebasse) et les tambours kpanlogo. Le nono assure la trame rythmique de base, tandis que le fao vient la soutenir et l’enrichir. Un ensemble de Kpanlogo comprend généralement trois tambours, chacun ayant un rôle précis: l’un joue la «voix masculine», un autre la « voix féminine », et le troisième, appelé « tambour maître », dirige l’ensemble et improvise[1],[7].

Motif de cloche Kpanlogo

Le motif de cloche du kpanlogo constitue l’un des rythmes les plus anciens et les plus répandus d’Afrique subsaharienne. Il est identique à celui de la clave son, largement utilisé dans la musique cubaine. Ce même schéma rythmique se rapproche aussi du célèbre «Bo Diddley beat», popularisé par le musicien américain de RnB Bo Diddley.

Notes et références

  1. (en-US) Ray, « The History Of The Kpanlogo Dance and Rhythm Part 1 », sur Ray Pereira, (consulté le )
  2. Steven J. Salm et Toyin Falola, Culture and Customs of Ghana, Greenwood Publishing Group, , 178 (ISBN 9780313320507, ISSN 1530-8367, lire en ligne Inscription nécessaire)
  3. (en-US) « Learn Kpanlogo Drums – Virtual Music Classroom | ThisWorldMusic », (consulté le )
  4. (en-GB) « More about Kpanlogo », sur University of Birmingham (consulté le )
  5. (en-US) M. D, « Arts and Culture - Ghana's Ga People Kpanlogo Dance », sur WADR, (consulté le )
  6. Ladzekpo, C. K. (1995: web). "Kpanlogo Song Book", Foundation Course in African Music. Web. « Kpanlogo Song Book by CK Ladzekpo » [archive du ] (consulté le )
  7. Mai Palmberg et Annemette Kirkegaard, Playing with Identities in Contemporary Music in Africa, Nordic Africa Institute, , 67 p. (ISBN 9789171064967, lire en ligne)

Liens externes

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