Léandre le Gay

Léandre le Gay
La rue Lege à Sofia.
Biographie
Naissance
Décès
(à 53 ans)
Jaffa
Activité

Léandre François René le Gay ou Legay (, Cuillé - , Jaffa[1], Jaffa) est un diplomate français, vice-consul à Sofia pendant l'insurrection bulgare d'avril 1876 et la guerre russo-turque de 1877-1878. Il est probablement le Français le plus célèbre et le plus apprécié des Bulgares, puisqu'il a contribué à éviter à la ville de Sofia d'être incendiée dans les premiers jours de 1878. En Bulgarie, il est connu sous le nom de famille bulgarisé « Lege »[2].

Biographie

Origine

Il est né le à Cuillé dans le département de la Mayenne. Le père de Léandre Le Gay est doyen et président de la Chambre des Notaires de l'arrondissement de Château-Gontier depuis de nombreuses années ; en 1858, il exerce déjà ses fonctions de notaire depuis 38 ans[3]. Son oncle paternel est propriétaire et percepteur, tandis que son oncle maternel est médecin, propriétaire et maire depuis 9 ans.

Formation

En 1852, Léandre Le Gay achève ses études au collège et obtient le diplôme de bachelier ès Lettres. En 1854, il décroche celui de bachelier en Droit. Il obtint une licence en droit à Rennes. Élève brillant, par la suite, il effectue plusieurs stages à Rennes en tant qu'employé aux écritures auprès d'un avocat, puis d'un notaire[3]. Toutefois, sa passion pour les langues est manifeste, et durant la seconde moitié des années 1850, elle le conduit à Paris, où il recherche également de meilleures opportunités pour exercer des professions juridiques[3].

Léandre Le Gay maîtrise l'anglais parlé, ainsi que l'italien et l'espagnol, à un niveau suffisant pour traduire des documents officiels[2]. À la Bibliothèque Impériale, il suit des cours d'arabe parlé (une leçon par jour), ainsi que des cours de turc et de persan. Au Collège de France, il approfondit ses connaissances en turc et en persan, tout en apprenant le hindi. Il est exempté du service militaire en raison de sa « myopie et de sa fragilité constitutionnelle »[3].

Diplomatie

Sa formation intellectuelle est soutenue par des références solides et des garanties: Édouard Jean Marie Duclos, ainsi que les notaires parisiens Amédée Beau et E. Baudier, et le Comte de Sancy lui fournissent leurs appuis. Grâce à cette aide, sa candidature pour intégrer la carrière des Drogman parvient jusqu'à Alexandre Colonna Walewski, Mathieu de Lesseps, et Rodolphe d'Ornano en sorte que Le Gay est envoyé en 1859 au Caire en tant qu'attaché du consulat général de France à Alexandrie, où il continue sa formation linguistique tout en s'engageant dans des activités littéraires et linguistiques[3]. Au Caire, il se consacre à l'étude des tombeaux et des mosquées avec le soutien de la Société Asiatique de Paris. Entre 1866 et 1867, il remanie plusieurs volumes de manuscrits arabes qui sont inclus dans le Catalogue général de l’Exposition Universelle, représentant ainsi une part essentielle de la contribution égyptienne à l'événement[3].

Il part ensuite travailler dans les missions françaises en Tunisie et à Djeddah. Grand connaisseur des peuples de l'Empire ottoman, il fut nommé en vice-consulat à Sofia, rattaché à l'ambassade de France à la Porte Ottomane[2].

Relations avec la Bulgarie

Pendant l'insurrection bulgare d'avril 1876, il soutint la cause nationale bulgare. Il appela les autorités turques à mettre fin à la répression. Il parvint ainsi à épargner de nombreuses souffrances au peuple qu'il aimait et protégeait.

Pendant les premiers mois de la guerre russo-turque de 1877-1878, Sofia devint le principal point de ravitaillement de l'armée turque. D'importantes quantités de munitions y étaient stockées. Après la défaite de l'armée turque à Orhanié et l'approche de l'armée russe en , il fut prévu d'incendier la ville. Les diplomates étrangers reçurent l'ordre d'évacuer la ville, mais Léandre le Gay, en collaboration avec le vice-consul italien Vittorio Positano, organisa la résistance de Sofia et engagea des négociations fructueuses avec Osman Pacha, le commandant des forces turques, pour éviter la destruction de la ville. Joseph Waldhard, vice-consul d'Autriche-Hongrie, se joignit à l'action. Grâce à leurs efforts, Sofia ne fut pas incendiée.

Léandre le Gay est également reconnu pour son soutien à la cause nationale bulgare et son aide active pour protéger les révolutionnaires bulgares. Après la libération de la Bulgarie, il fut nommé citoyen d'honneur de Sofia par décision du conseil municipal le . Depuis 1878, l'une des rues principales de Sofia porte son nom, prononcé en bulgare « Lege ». Elle abrite la rotonde Saint-Georges, la plus ancienne église préservée de Sofia depuis le début du IVe siècle et à proximité de laquelle résidaient les empereurs Galerius et Constantin le Grand[4]. C'est sous le nom de « Lege » qu'il est devenu un personnage du roman « Le Chemin de Sofia » de Stefan Ditchev et du film qui en est tiré[2].

Après son séjour à Sofia, il séjourna brièvement en Bosnie et, de 1878 à 1882, fut consul à Bourgas. Son portrait, auquel les Bulgares sont très attachés, figure en bonne place dans le hall d’entrée de la résidence de France à Sofia[5].

Décès

Léandre le Gay décéda le à Jaffa, aujourd'hui en Israël, laissant deux enfants : Rose-Victoire, née à Sofia le , et Léandre-Victor, né à Bourgas le [6]. Marius Barrellet épousa en 1888, Rose-Victoire Sillard la veuve de Léandre Le Gay[7].

Références

  • (bg) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en bulgare intitulé « Leandre le Gay » (voir la liste des auteurs). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ivan Roussev, Le consul français : un intermédiaire de la modernisation occidentale dans les Balkans au XIXe siècle, p. 93 à 110 Document utilisé pour la rédaction de l’article Voir en ligne - Les informations concernant la vie et la carrière de Léandre Le Gay présentées proviennent de son dossier personnel, disponible dans les Archives diplomatiques[8].

Notes et références

  1. Le Gay (lire en ligne)
  2. « Léandre Légé » dans Ivan Karayotov, Stoyan Raichevski, Mitko Ivanov : « Histoire de Bourgas. De l’Antiquité au milieu du XXe siècle », Tafprint Ltd., Plovdiv, 2011, (ISBN 978-954-92689-1-1), p. 275
  3. Ivan Roussev, Le consul français : un intermédiaire de la modernisation occidentale dans les Balkans au XIXe siècle
  4. Льо Ге и Позитано – покровителите на българския народ
  5. Voir en ligne
  6. La Gazette de Château-Gontier, .
  7. La Gazette de Château-Gontier, .
  8. AMAE, Personnel, 1re série, 2498.

Liens externes

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