Légende de la Belle Maguelonne
La légende de la Belle Maguelonne raconte les aventures et les amours de Pierre de Provence, fils du comte de Provence, et de Maguelonne, une princesse napolitaine. La cathédrale de Maguelone a été bâtie aux XIIe et XIIIe siècles en bord de mer sur l'ancienne île côtière de Maguelone en l'honneur de cette légende médiévale.
Sources

La source la plus ancienne à son sujet est un roman en prose daté de 1453, appelé Pierre de Provence et la belle Maguelonne, réédité par A. Biebermann en 1913.
Jean Baumel, en 1953, dans Le livre de Maguelonne, détaille les différents manuscrits et éditions de cette légende et l'analyse avant d'en reproduire le texte[1].
Pour l'Encyclopaedia Universalis, il s'agit d'un roman écrit au XIIe siècle par Bernard de Trèves, chanoine de la cathédrale de Maguelone, près de Montpellier.
Légende
L'histoire se passe au Moyen Âge... Fils d'un comte de Provence, Pierre entend parler de la beauté de Maguelonne, une princesse napolitaine. Il part pour la cité italienne afin de la rencontrer. Une fois sur les lieux, il participe à un tournoi et le gagne. Sa victoire lui permet d’être invité chez le roi et d’enfin rencontrer la princesse. Dès qu’ils se voient, les deux jeunes gens tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Pour prouver son amour, Pierre offre trois anneaux d’or à sa promise. Une vie de richesse ne les intéresse pas et un soir, ils s’enfuient. Leur cheval galope toute la nuit durant et à l'aube, ils font une halte au bord de la mer pour se reposer. C’est alors qu’un oiseau dérobe les trois anneaux d’or de la princesse et s'enfuit en direction du large. Avec tout son courage, Pierre décide de poursuivre l’oiseau sur une barque. Soudain une tempête se lève et fait chavirer la petite embarcation. Perdu en pleine mer, Pierre est voué à disparaître. Mais un navire maure venant d’Afrique passe par là et prend Pierre à son bord, le sauvant d’une mort certaine.
Pendant ce temps, Maguelonne, inquiète et triste, marche sur la plage, attendant le retour de son bien-aimé. Désespérée, elle arrive sur une petite île qu’on appelle «Port Sarrazin». Dans sa détresse, elle se dit qu’elle ne peut compter que sur Dieu et décide de fonder un hôpital et une église sur ce tout petit îlot. Pour donner un nom à l’église, elle n’hésite pas, ses pensées toutes tournées vers son amour disparu : en hommage à son courageux bien-aimé, l’édifice s’appellera Saint-Pierre,.
Pierre quant à lui, accomplit de grands faits d’armes auprès de l’armée du sultan. Pour le récompenser, ce dernier lui rend sa liberté.
Aussitôt, Pierre prend la décision de partir retrouver sa princesse, mais il est abandonné par son équipage sur une île déserte. La chance lui sourit une nouvelle fois : des pêcheurs le trouvent et le ramènent à l’hôpital de « Port Sarrazin » où il retrouve sa belle Maguelonne.
Telle est l'origine légendaire de la cathédrale de Maguelone.
Selon Frédéric Mistral, la légende renvoie à une supposée conjonction septennale des planètes Vénus et Saturne[2],[3].
Différents titres
L'histoire est connue en français sous différents titres :
- en français moyen (1400-1600)[4]
- en français
Œuvres tirées de la légende

Étienne Moulinié (1599-1676) s'inspire de cette légende pour son Ballet du mariage de Pierre de Provence et de la belle Maguelonne (1638).
Ludwig Tieck (1773–1853) s'inspire de cette légende pour son roman Liebesgeschichte der schönen Magelone und des Grafen Peter von Provence (Les Amours de la Belle Maguelonne et de Pierre, Comte de Provence, 1797 (Hambourg & Vienne 1861/68).
Johannes Brahms tire du roman précédent un cycle de 15 lieder : Magelone Romanzen, op. 33 (1862 (6 morceaux) et 1869 (complété)[5],[6].
Clémence Sophie de Sermézy (1767-1850) réalise une sculpture Pierre de Provence et la belle Maguelonne, aujourd'hui exposée au musée des Beaux-Arts de Lyon.
Notes et références
- ↑ Jean Baumel, Le livre de Maguelonne, C'est le roman connu sous le nom de : « Pierre de Provence et la belle Maguelonne », Institut d'Études Occitanes, Préface de Mario Roques, Paris, La Grande Revue, 1953, 211 p.
- ↑ «"La bello Magalouno e Pèire de Prouvènço se courron après e tôuti li sèt an se maridon", par lequel les paysans provençaux expliquent la conjonction septennale des planètes Vénus et Saturne. Un sarcophage en marbre, qui existe encore dans la cathédrale de Maguelone, est appelé par le peuple „Lou toumbèu de la bello Magalouno“». (Frédéric Mistral, Trésor du Félibrige tome II, page 244, au mot "Magalouno")
- ↑ Adolphe Biedermann, La Belle Maguelonne, Honoré Champion, Paris, 1913.
- Notice sur data.bnf.fr
- ↑ Jimmy Vilalta, Valorisation et promotion du patrimoine touristique de Villeneuve-lès-Maguelone, Montpellier, projet de BTS, 2007, 89 pages
- ↑ Brochure du festival Radio France Occitane Montpellier La Belle Maguelone, le 25 juillet 2022 [lire en ligne]
Articles connexes
- Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Villeneuve-lès-Maguelone
- Villeneuve-lès-Maguelone
- Maguelone (Hérault)
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