Légion tricolore
La Légion tricolore, qui n'exista presque que sur le papier du au , est une tentative du gouvernement de Vichy, sous l'égide de Laval et de son secrétaire d'État Jacques Benoist-Méchin, de récupérer politiquement et militairement la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), créée le . Cette dernière avait en effet un statut d'association de droit privé sous le contrôle de partis collaborationnistes français et sa partie combattante était intégrée au sein de l'armée allemande en tant que Infanterie Regiment 638.
Les objectifs de la légion tricolore
L'objectif principal de la création de la Légion Tricolore est de faire revenir la LVF sous l'autorité de Vichy, afin qu'elle soit une force française qui puisse combattre pour la France, selon des objectifs fixés par la France, et ce non seulement sur le front de l'est mais aussi dans les possessions françaises d'outre-mer.
Vichy peut aussi s'appuyer sur les nombreux déboire de la LVF pour faire valoir sa capacité à redresser la gestion de l'association, marquée par les luttes entre les partis qui la dirigent, les détournements de fonds...
A l'occasion de la création de la Légion Tricolore, Vichy parvient également à obtenir l'autorisation pour que des militaires de l'armée active, fait exceptionnel dans le cadre de l'armistice, soient autorisés à reprendre les armes.

L'échec de la mise en place de la Légion tricolore
Elle échoue en grande partie parce que les responsables français tenaient pour acquis une éventuelle décision allemande positive. Or, les Allemands n'avaient alors aucune envie de voir une telle force mise sur pied, celle-ci pouvant se retourner contre eux si d'aventure la situation le permettait tel qu'un ralliement du gouvernement de Vichy à la cause des Alliés.
Un délégué de la commission d'armistice a fait une enquête qui a mené les Allemands à exiger du gouvernement français la dissolution de la Légion tricolore qu'ils ne reconnaissaient pas, et Hitler l'a interdite le . Le gouvernement français a ensuite obtempéré : la loi no 1113 du (Journal officiel du ) en a porté dissolution.
Bilan :
- La Légion tricolore dissoute, bon nombre de ses membres ne faisant pas partie de l'armée d'armistice rejoignent la LVF ;
- La LVF récupère certains candidats à la Légion tricolore ;
- Les partis collaborationnistes qui craignaient que la LVF soit récupérée par la Légion sortent renforcés ;
- Pour le gouvernement de Vichy, c'est un échec cuisant.
Suites
En Afrique du Nord, à Alger, après le débarquement allié, un projet de création d'une Légion tricolore locale est envisagé, sous le commandement du général Giraud[1]. Ce projet se heurte à une forte opposition. Des volontaires seront néanmoins recrutés pour former les Corps francs d'Afrique, pour combattre aux côtés des Américains.
Notes et références
- ↑ op. cit. Durand (1999) p. 23
Voir aussi
Bibliographie
- De la LVF à la division SS Charlemagne, les Français sous uniforme allemand - - Agence France Presse.
- Volontaires français sous l'uniforme allemand - Pierre Giolitto
- Romain Durand, De Giraud à de Gaulle : Les corps francs d'Afrique, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et Perspectives Méditerranéennes », , 596 p., poche (ISBN 2-7384-7485-3)
- La Légion Tricolore, un intermède de la L.V.F de juin à décembre 1942, Cercle des Descendants des Vétérans Français du Front de l'Est
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