Léon Curmer

Léon Curmer
Portrait gravé de Léon Curmer (vers 1850).
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activité
Parentèle
signature de Léon Curmer
Signature.
Vue de la sépulture.

Léon Curmer, né le dans l'ancien 4e arrondissement de Paris et mort le dans le 16e arrondissement de la même ville, est un libraire et éditeur français du XIXe siècle. Son nom reste attaché à la qualité de ses ouvrages illustrés à l'époque romantique. Il utilise la chromolithographie pour reproduire en couleurs d'anciens manuscrits enluminés. Il fait aussi appel à la technique alors nouvelle de la photographie.

Biographie et carrière

Henry Léon[a] Curmer naît à Paris, rue Saint-Honoré (4e arrondissement ancien, 1er actuel) le [1] (26 frimaire an X).

Son oncle paternel, le notaire Alexandre François Curmer[b], pourvoit à son éducation et lui fait entreprendre des études de droit[2]. Mais Léon Curmer s'en détache assez vite pour tenter sa chance dans le métier de la librairie.

En 1833, il ouvre une boutique parisienne au 25 de la rue Sainte-Anne, transférée par la suite 49 de la rue de Richelieu. Il fait faillite en 1845 mais continue à publier de nombreux ouvrages jusqu'en 1865. Dès 1838, il noue des relations d'affaires avec des éditeurs londoniens, afin de produire des éditions illustrées d'œuvres de classiques britanniques[3].

Léon Curmer voyagea beaucoup dans toute la France et à l'étranger[4], à la recherche d'illustrations destinées à ses publications. Issu d'une bourgeoisie dont il partage les valeurs, et notamment la foi catholique, il s'adresse aux classes les plus riches du Second Empire. Toutefois, deux ans avant la révolution de 1848, il publie De l'établissement des bibliothèques communales en France, qui atteste son attention pour les plus modestes.

Il meurt d'un cancer[5] à Paris (XVIe arrondissement) le [6]. Inhumé au cimetière de Montmartre (division 4)[7],[8],[9], il repose auprès de sa mère et de ses deux épouses.

Famille et vie privée

Son père, Gilbert Léonard Curmer (1776-1812), est marchand de draps. Ruiné par une faillite[10], il suit l'armée napoléonienne[11] mais meurt prématurément à Flessingue (Pays-Bas)[12]. Ses ancêtres paternels auraient quitté la ville de Cork en Irlande du sud, après la chute de Jacques II d'Angleterre en 1689, pour s'installer en France[11]. Toutefois, la recherche généalogique infirme cette origine étrangère[c] : Jean Curmer (ca 1656-1696), trisaïeul paternel direct de Léon, se marie en 1684 à Bouquelon (Eure)[13]. Par ailleurs, on trouve le patronyme « Curmer » à Honfleur (Calvados) en 1647[14].

Sa mère, Antoinette Félicité Louvet (1776-1851), appartient à une famille aisée de fabricants de draps établie en Normandie[d],[15].

Léon Curmer a trois frères cadets :

  • Édouard Nicolas, contrôleur-receveur des contributions indirectes (Paris 1803 - Amiens 1876), père du général Fernand-Alexandre Curmer (1854-1937) - postérité actuellement vivante, dont l'athlète Grégoire Curmer ;
  • Alphonse Alexandre, pharmacien (Paris 1805-1855 - postérité actuelle non établie) ;
  • Adolphe, orfèvre (Boulogne-sur-Mer 1809 - Paris 1890 - postérité actuelle non établie).

Il se marie deux fois :

Il n'a aucun enfant. Toutefois, d'un précédent mariage, sa première épouse laisse un fils et une fille qu'il élèvera comme les siens :

  • Amand Moller (Paris 1826 - Plourin-lès-Morlaix 1888), commissaire de police ;
  • Léonide Moller épouse Pohl (Paris 1828 - 1875).

Œuvre et production

Les Heures nouvelles (1841), page de titre.
Les Évangiles des dimanches et fêtes (1862-1864). Frontispice.

Léon Curmer édite des ouvrages à caractère artistique. Il fait appel aux plus grands illustrateurs de son époque tels Charles-François Daubigny, Honoré Daumier, Paul Gavarni, Tony Johannot et Ernest Meissonier.

On peut citer, comme publications majeures :

Notes et références

Notes

  1. Comme le veut l'usage de l'époque, seul le dernier prénom d'état civil est porté.
  2. Les oncles paternels de Léon Curmer sont :
    • vérificateur en chef des poids et mesures (Jean-Baptiste Marie Saint-Germain - Fontainebleau [Seine-et-Marne] ca 1753-Paris 1833) ;
    • marchand de draps (Pierre Ambroise Fernel - Brienon-sur-Armançon [Yonne] 1755-Paris 1829) ;
    • receveur principal des droits indirects (Jacques Michel Curmer - Paris 1774-1838) ;
    • notaire (Alexandre François Curmer - Paris 1777-1839).
  3. Curmer serait à rapprocher du mot gaélique cormar signifiant grand espoir. Toutefois, ce syntagme se dit dóchas mór en irlandais.
  4. Mathieu Quesné, aïeul maternel d'Antoinette Félicité Louvet, est maire d'Elbeuf de 1778 à 1782.

Références

  1. Paris, État civil reconstitué, vue 30/56.
  2. L'acte de naissance précité (référence 1) fut reconstitué le 15 juillet 1872, après la destruction de l'état civil en mai 1871, grâce à un dépôt de l'École de droit de Paris.
  3. [PDF] Bernard Goorden, Redécouverte de gravures du 19ème siècle, Bruxelles, Ides et Autres, 2025 — lire en ligne.
  4. Précision autobiographique fournie, par exemple, dans Les Évangiles des dimanches et fêtes - 1864 - Appendice - Pages IV sqq.
  5. L'article nécrologique paru le 6 février 1870 dans le Journal des débats politiques et littéraires mentionne une longue et douloureuse maladie.
  6. « Visionneuse - Archives de Paris » [archive du ], sur archives.paris.fr (consulté le )
  7. « Visionneuse - Archives de Paris » [archive du ], sur archives.paris.fr (consulté le )
  8. « Visionneuse - Archives de Paris » [archive du ], sur archives.paris.fr (consulté le )
  9. Concession perpétuelle n° 47 P de 1844 (division 4 - ligne 2 - tombe 1). Cette chapelle funéraire est à l'état d'abandon (décembre 2011).
  10. Archives de Paris - D11 U3 / Carton 35 / Faillite n° 2298 du 12 mai 1806.
  11. Selon la tradition orale familiale.
  12. (en) « https://archives.somme.fr/ark:/58483/5c6btkxdj98q/039cf784-85c9-4330-b2e7-0547bd915e4e » [archive du ], sur archives.somme.fr (consulté le )
  13. « BMS (1684-1750) (8 Mi 710) », sur Mnesys (consulté le )
  14. « 1629-1700 Archives du Calvados », sur archives.calvados.fr (consulté le )
  15. « 4 E 1679 - 23/09/1800-22/09/1801 Archives Départementales de la Seine-Maritime », sur Archives de la Seine-Maritime (consulté le )
  16. « Visionneuse - Archives de Paris » [archive du ], sur archives.paris.fr (consulté le )
  17. Après le décès de sa première épouse, Léon Curmer publie hors commerce une plaquette à tirage limité intitulée L'agonie d'un Ange.
  18. « Visionneuse - Archives de Paris » [archive du ], sur archives.paris.fr (consulté le )

Bibliographie

  • Jean-Yves Mollier in Dictionnaire encyclopédique du Livre, Paris, éd. du Cercle de la Librairie, 2002, T. 1, p. 708
  • M. Cloche, "Un grand éditeur du XIXe siècle, Léon Curmer", Arts et métiers graphiques, no 31 (1931-1932), p. 27-32
  • Carole Christen, « Curmer et les bibliothèques populaires : un savoir encyclopédique moral pour le peuple ? », dans Vincent Bourdeau, Jean-Luc Chappey et Julien Vincent (dir.), Les encyclopédismes en France à l'ère des révolutions (1789-1850), Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, (ISBN 978-2-84867-667-8, DOI 10.4000/books.pufc.18814 Accès libre, lire en ligne), p. 281-286

Articles connexes

Liens externes

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