Léontine Borreman

Léontine Borreman
Photographie policière de Léontine Borreman par Alphonse Bertillon (fichier anthropométrique des anarchistes, 1894).
Biographie
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Idéologie

Léontine Borreman, surnommée Titine, née le dans le 1er arrondissement de Paris et morte le au Perreux-sur-Marne, est une modiste, papetière, chanteuse et éventuellement travailleuse du sexe anarchiste française.

Née en 1870, elle émigre au Brésil à la fin des années 1880, y rencontrant des anarchistes et y vivant comme modiste et chanteuse. Revenue à Paris en 1893, Borreman rejoint le mouvement anarchiste en France, étant plusieurs fois chanteuse dans le débit de vins tenu par les compagnons Louis Duprat et Louise Pioger - un lieu notable de rassemblement du mouvement à cette époque. Six mois après son retour, l'anarchiste est visée pendant la répression de début 1894, perquisitionnée, arrêtée pendant un mois puis remise en liberté et mise hors de cause. Borreman se marie ensuite en 1900 et meurt en 1936.

Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET).

Biographie

Naissance, enfance, jeunesse

Léontine Madeleine Borreman naît dans le 1er arrondissement de Paris le [1],[2],[3]. Son père est peintre décorateur[4],[5].

À l'âge de 19 ans, elle quitte la France pour se rendre à Rio de Janeiro[1],[2]. Borreman y exerce comme modiste et chanteuse, participant aux Folies Bergère de la ville. Dans la ville brésilienne, elle côtoie de nombreux anarchistes et est entretenue financièrement par un amant turc surnommé Georges Pacha[1],[2].

Années 1890

Rentrée à Paris le avec « des bijoux en quantité et pas mal d’argent », selon La Gazette nationale[3], Borreman s'installe dans un hôtel où elle est notée par la police comme se livrant au travail du sexe[1],[2]. Elle en est renvoyée deux mois plus tard par le patron de l'établissement pour « mauvaise conduite »[1],[2].

Parallèlement, elle s'intègre aux milieux anarchistes parisiens et fréquente l'établissement de vente de vins tenu par Louis Duprat et sa compagne, Louise Pioger[1],[2]. Dans ces milieux, où elle est surnommée « Titine », Borreman chante souvent des romances et est caractérisée par Le Gaulois comme étant une « compagnonne à l'eau de rose »[4]. Elle est particulièrement liée à la compagnonne anarchiste Emilie Sacksteder, chez qui elle va résider[1],[2],[3].

Les rapports de police la concernant pendant cette période sont contradictoires et se concentrent sur ses relations sentimentales et sexuelles : un premier rapport soutient qu'elle serait en relations intimes avec Sébastien Faure, Paul Bernard, Paul Paillette et Riedfel, tandis qu'un rapport policier postérieur annonce qu'aucune de ces informations ne serait corroborée par des éléments concrets[1],[2],[3].

En , Borreman est remarquée par des agents en train de plaisanter avec Élisée Bastard[3]. Selon Le Parisien, elle est en charge de la vente des principaux journaux anarchistes de la période[3].

Pendant la répression de début 1894, alors qu'elle diffuse des journaux anarchistes en tant que papetière[6], elle est visée, perquisitionnée, arrêtée pendant un mois, prise en photographie par Alphonse Bertillon et remise en liberté[1],[2],[7].

Les charges d'association de malfaiteurs contre elle reçoivent un non-lieu l'année suivante[1],[2],[3].

1900 et postérieurement

Borreman vit à Anvers au tournant du siècle et exerce la profession de modiste, puis épouse Martin Thissen, cabaretier, à Bruxelles le [8]. On ne sait à quelle période elle rentre en France.

Mort

Borreman meurt à l'âge de 65 ans au 8, sentier de la Croix-d'Eau au Perreux-sur-Marne le , veuve de Thissen[9],[10].

Photographie policière

Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET)[7].

Références

  1. « BORREMAN Léontine, Eugénie, Madeleine [dite Titine] », sur Archives anarchistes, (consulté le )
  2. Dominique Petit, « BORREMAN Léontine, Eugénie, Madeleine dite Titine », sur Le Maitron des anarchistes (consulté le )
  3. Dominique Petit, « BORREMAN Léontine, Eugénie, Madeleine [dite Titine] », sur Dictionnaire international des militant·e·s anarchistes, (consulté le )
  4. « Nouvelles diverses », Le Gaulois : littéraire et politique,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  5. ↑ « Les anarchistes », Gazette nationale ou le Moniteur universel, vol. 73,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  6. ↑ « Les anarchistes », La Petite presse : journal quotidien,‎
  7. (en) « Alphonse Bertillon - Borreman. Léontine, Eugénie. 23 ans, née à Paris le 25/12/70. Papetière. Anarchiste. 13/3/94. - The Metropolitan Museum of Art », sur www.metmuseum.org (consulté le )
  8. ↑ Site Family Search
  9. ↑ Archives départementales du Val-de-Marne Tables décennales des décès du Perreux
  10. ↑ Archives départementales du Val-de-Marne Table alphabétique des successions du Bureau de Nogent-sur-Marne, vue 8 /187
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