Léopold Pannier

Léopold Pannier
Fonctions
Secrétaire adjoint (en)
Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France
-
Secrétaire adjoint (en)
Société des anciens textes français
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Pannier (d)
Nom de naissance
Léopold Charles Augustin Pannier
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Maître
Sépulture de la famille Pannier au Père-Lachaise.

Léopold Pannier, né le à Paris 10e et mort le à Paris 9e, est un bibliothécaire et historien français.

Biographie

Pannier s’est fait inscrire à l’École des Chartes dans sa vingt-quatrième année, et il n’y avait pas encore terminé ses études, lorsqu’on lui a proposé de faire l’histoire de Saint-Ouen-sur-Seine avant la Révolution. Ayant accepté, il s’est mis activement à l’œuvre. En 1870, son travail était achevé, lorsque les évènements de cette époque sont venus modifier les conditions dans lesquelles l’histoire de Saint-Ouen devait paraitre. Elle a cependant été publiée en 1872[1], avec une préface dans laquelle l’auteur s’attache moins à faire ressortir les éléments nouveaux qui abondent réellement dans son ouvrage, qu’à s’excuser, ou plutôt à s’accuser, d’imperfections peu sensibles pour d’autres que lui-même. Au même ordre d’études se rattachent ses recherches sur Méry-sur-Oise et ses seigneurs au moyen âge[2], mémoire composé et fondé presque entièrement sur des documents inédits[3].

En même temps qu’il préparait l’histoire de Saint-Ouen, Pannier rédigeait sa thèse à l’École des Chartes sur le bénédictin Pierre Bersuire[Note 1], considéré principalement comme traducteur de Tite-Live. Comme il n’a pas voulu sortir ce travail sans l’avoir soumis à une révision attentive, il n’en a malheureusement publié que la première partie seule, qui contient la biographie de Bersuire, rédigée à l’aide de nombreux documents inédits, en 1872[4]. Vers le temps où il terminait ses études à l’École des Chartes, la nouvelle École pratique des hautes études, fondée par Victor Duruy, ouvrait ses portes à un petit nombre de jeunes gens déjà engagés dans les voies de l’érudition et désireux d’y progresser[3]. Pannier, qui dès lors avait en philologie et en histoire littéraire des connaissances réelles, y a suivi avec assiduité les leçons de Gaston Paris, y apprenant à connaitre des méthodes critiques encore peu répandues en France. Il travaille sous sa direction à une édition de la Vie de saint Alexis[5].

Une autre trace de son passage à cette École, à laquelle il devait beaucoup [Note 2], est visible dans la publication d'un long travail de thèse consacré à l’histoire des lapidaires français du Moyen Âge[Note 3].

Son esprit exact et consciencieux se plaisait aux travaux de bibliographie, appréciant les livres non en raison de leur rareté, mais parce qu’il était persuadé qu’aucun sujet ne peut être utilement étudié, sans l’établissement préliminaire d’un relevé exact et méthodique des écrits qui s’y rapportent. On lui doit de nombreux inventaires bibliographiques. Le principal est un État des inventaires sommaires et des autres travaux relatifs aux diverses archives de la France au [6], tâche non sans difficultés, étant donné que beaucoup de ces travaux, épars dans des revues ou dans des mémoires de Sociétés savantes, ou tirés à petit nombre et non mis dans le commerce, étaient peu accessibles, et que d’autre part, la direction officielle donnée à la publication des Inventaires faits aux frais des départements avait longtemps multiplié les causes de complications et de désordre[Note 4].

Un autre de ses travaux est l’essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet Vies des poètes français, publié en 1872[7], établi suite à la disparition de ce document dans l’incendie de la bibliothèque du Louvre[3] par les Communards.

Un dernier travail bibliographique de Pannier, la Note sur les cartes et plans de Paris et de l’Ile-de-France exposés dans la galerie Mazarine de la Bibliothèque nationale, a été publié, à l’occasion de l’Exposition de Géographie[8]. L’histoire des arts ne lui était pas non plus étrangère, comme en témoigne son inventaire des joyaux de Louis, duc de Guyenne, le fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière paru dans la Revue archéologique, et auquel il a joint une étude qui est un bon morceau d’histoire sur ce fastueux personnage[9].

Dans les derniers mois de son existence, deux publications occupèrent la plus grande partie de ses loisirs : l’édition, destinée à la Société des anciens textes français, du Débat des hérauts d’armes de France et d’Angleterre, et le recueil des Lettres de Louis XI pour la Société de l'histoire de France. Faisant partie du plus grand nombre des Sociétés historiques et littéraires de Paris, et il était un membre zélé de plusieurs d’entre elles, notamment la Société des anciens textes français, dont il était membre fondateur et secrétaire adjoint, et la Société de l’histoire de Paris.

Il était entré à la Bibliothèque nationale presque au sortir de l’École, dont il était sorti en février 1869, avec le diplôme d’archiviste-paléographe. D’abord attaché au service des acquisitions du département des Imprimés, il était passé depuis 1872 au cabinet des Manuscrits. Déjà membre adjoint de la commission de publication de la Société de l’École des Chartes[10], il allait y rentrer en qualité de secrétaire général, lorsqu’une fluxion de poitrine l’a enlevé, en quelques jours, à ses travaux bibliographiques[11]. Ses obsèques ont eu lieu à Notre-Dame-de-Lorette[12]. Le directeur de la Bibliothèque Nationale, Léopold Delisle, a prononcé son éloge au Père-Lachaise[Note 5] Il était le père de l’historien du protestantisme français, Jacques Pannier[11]. Pendant les dix années de sa vie d’érudit, il a touché à diverses branches de la science et laissé sa trace dans chacune d’elles[3].

Gendre de Charles Pernolet, il est le père de Jacques Pannier.

Notes et références

Notes

  1. Jusqu’alors, le nom de ce lettré n’était jamais cité que sous les formes altérées de Bercheure, le Bercheur, etc.
  2. Voir les premières pages d’un article publié après sa mort, — c’est probablement son dernier écrit, — dans la Bibliothèque de l’École des Chartes, t. xxxvi, 1875, p. 481.
  3. Plusieurs des ouvrages qui ont fourni les éléments du travail de Pannier sont réunis dans le Catalogue de la bibliothèque 1876, n°54-55.
  4. Cet état de choses a cessé lorsque Gustave Desjardins (d) a été placé, en 1874, à la tête du bureau des Archives départementales au ministère de l’Intérieur.
  5. Aunay 1875, relate un incident à l’occasion de son enterrement : « Le cercueil était à demi descendu dans la tombe, quand on s’aperçut qu’il y avait erreur : le véritable tombeau de famille se trouvait à l’autre extrémité du cimetière. Il fallut remonter la bière. ».

Références

  1. La Noble Maison de Saint-Ouen, la villa Clippiacum et l’ordre de l’Étoile.
  2. Voir Mémoires de la Société de l’histoire de Paris, t. I (1874), p. 229-90.
  3. P. M., Catalogue de la bibliothèque de feu M. Léopard Pannier, Paris, Honoré Champion, , 96 p. (lire en ligne), iii-vii.
  4. Bibliothèque de l’École des Chartes, t. xxxiii, 1872, p. 325-364. — Le tirage à part porte pour titre : le Bénédictin Pierre Bersuire, premier traducteur français de Tite-Live ; première partie, notice biographique.
  5. La Vie de saint Alexis, poème du XIe siècle, par Gaston Paris et Léopold Pannier, Paris, Franck, 1872, in-8°, xii-416 p. (7e fascicule de la Bibliothèque de l’École des Hautes Études. — La partie due à Pannier est comprise entre les pages 327 et 416.
  6. Bibliothèque de l’École des Chartes, t. xxxvi (1875), p. 80.— Tiré à part.
  7. Dans les numéros complémentaires de la Revue critique de 1870, t. II, p. 324-338. — Cet essai a été tiré à part.
  8. Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, t. II, 1875, p. l18-127.
  9. Tiré à part sous le titre de : les Joyaux du duc de Guyenne, recherches sur les gouts artistiques et la vie privée du dauphin Louis, fils de Charles VI, Paris, Didier et Cie, in-8°, 72 p. et pl.
  10. Martine François et Bruno Delmas, « Léopold Charles Augustin Pannier », sur cths.fr, CTHS, 11/04/2008 - dernière mise à jour le 16/09/2013 (consulté le ).
  11. « Les on-dit », Le Rappel, no 2072,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
  12. Alfred d'Aunay, « Informations », Le Figaro, no 315,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).

Publications

Articles

  • « Notice biographique sur le bénédictin Pierre Bersuire, premier traducteur français de Tite-Live », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 33, 1872, p. 325-364.

Ouvrages

  • La Noble Maison de Saint-Ouen, la villa Clippiacum et l’ordre de l’Étoile, d’après les documents originaux. Paris, Franck et Aubry, 1872, v1-138 p.
  • La Vie de saint Alexis, poème du XIe siècle et renouvellements des XIIe, XIIIe et XIVe siècles, publiés avec préfaces, variantes, notes et glossaire, 1872.
  • Les Joyaux du duc de Guyenne, 1873.
  • État des inventaires-sommaires et des autres travaux relatifs aux diverses archives de la France au , 1875
  • Méry-sur-Oise et ses seigneurs au moyen âge, 1875.
  • Le Débat des hérauts d'armes de France et d'Angleterre, 1877.
  • Lapidaires, Marbodeus ; traductions en vers et en prose, 1882.

Liens externes

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