L'Amant jaloux

Les Fausses Apparences, ou l’Amant jaloux
Page de titre d’une édition du livret de 1779.
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Genre
Date de parution

Les Fausses Apparences, ou l’Amant jaloux est une comédie mêlée d'ariettes française en trois actes d'André Grétry, sur un livret de Thomas d'Hèle et des passages en vers de F. Levasseur, créée au château de Versailles le .

Rôles

Rôle Type de voix Première distribution ,
Don Alonze, l'amant de Léonore taille Clairval
Lopez, un homme d'affaires basse-taille M. Nainville
Léonore, sa fille soprano Marie-Jeanne Trial, dite Félicité Mandeville (d)
Florival, un officier français taille M. Jullien
Isabelle, la sœur de Don Alonze soprano Catherine-Ursule Billion, dite Mlle Billioni
Jacinte, servante de Léonore soprano Louise-Rosalie Dugazon

Argument

La scène est à Cadix. Les deux premiers actes se passent dans la maison de Lopez, le troisième dans le jardin.

Le riche marchand Don Lopez ne veut pas que sa fille Léonore, jeune veuve, se remarie. Elle est cependant amoureuse du maladivement jaloux Don Alonze. Isabelle, sœur d'Alonze et amie de Léonore, est poursuivie par son tuteur qui veut l'épouser. Celui-ci est chassé par l'officier français Florival et Isabelle se réfugie chez Léonore. Alonze le jaloux le prend pour un amant secret de Léonore (Isabelle porte un voile). Léonore est ennuyée de la jalousie de Don Alonze. Florival arrive chez elle à la recherche de la mystérieuse étrangère qu'il a sauvée et dont il est maintenant amoureux. La femme de ménage Jacinte lui dit que la maison appartient à Leonore et il suppose à tort qu'elle est la femme qu'il cherche.

Alonze surprend Florival chanter une sérénade (Tandis que tout sommeille) à « Léonore » et s'emporte dans une nouvelle crise de jalousie. Florival et Alonze s'affrontent de nuit dans le jardin. Ils sont tous deux soulagés de constater qu'ils ne sont pas rivaux quand Alonze reconnaît enfin sa sœur. Alonze vient de faire un héritage qui lui permet d'épouser Léonore et Florival épouse Isabelle.

Inspiration

L’Amant jaloux s’inspire de la pièce The Wonder: A Woman Keeps a Secret!!! () de Susanna Centlivre.

Historique

Affiche pour la production de 1807 de The Wonder: a woman keeps a secret!!!, à l’origine de l’opéra de Grétry.

Il s'agit du vingt-troisième opéra de Grétry et l’un des opéras comiques les plus célèbres de son époque[1]. La création parisienne a lieu un mois plus tard, le , avec vingt-quatre autres représentations, au rythme de deux à trois par semaine[1].

Analyse

Parmi les arias les plus connues de l'opéra figurent Ô douce nuit, la sérénade pour ténor Tandis que tout sommeille (enregistrée par Roberto Alagna entre autres[2]) et la pièce en colorature Je romps la chaîne qui m'engage. Le compositeur a admis que cette dernière aria n'avait aucune fonction dramatique mais qu'il avait voulu donner à sa soprano étoile Marie-Jeanne Trial (« la plus belle voix jamais formée par la nature ») « une occasion de briller[3] »…

Livret

David Charlton a avancé que Mozart et son librettiste Lorenzo da Ponte connaissaient l'opéra de Grétry, qui les a influencés lors de la composition des Nozze di Figaro. Aurore Chéry a postulé que la réponse à l’Amant jaloux a pris la forme de l’Enlèvement au sérail dans le cadre de l’affrontement entre la France et l’Autriche par opéras interposés[4].

Paternité du livret

La paternité du livret de l’Amant jaloux par d'Hèle a été remise en cause[a], et il a été suggéré que Beaumarchais pourrait avoir été derrière le livret[b], du fait que le sujet de cette pièce comporte de nombreuses similitudes d’inspiration avec des pièces comme le Barbier de Séville ou du Mariage de Figaro. Des références à divers personnages de la Cour peuvent laisser penser que Beaumarchais, agent du Secret du Roi, aurait rédigé le livret pour faire pièce aux tensions franco-autrichiennes reflétant l’hostilité dominante à l’alliance, très impopulaire dans le public, entre les deux couronnes[4].

Reprises

Le Bampton Classical Opera a interprété l'opéra en anglais en . Le rôle d'Isabelle était chanté par la soprano australienne Martene Grimson.

L'opéra a également été donné par le Pinchgut Opera (en) en au City Recital Hall de Sydney[7] (sorti en CD en 2017 chez Pinchgut Live).

Arrangement

Datant de l'époque même de la création, une transcription pour quintette d'instruments : flûte, hautbois, violon, alto et basse est retrouvé. Le manuscrit est conservé à la bibliothèque Estense de Modène.

Enregistrements

  • L'Amant jalouxMady Mesplé, Bruce Brewer, Jules Bastin, Danièle Perriers, Orchestre philharmonique de la RTB, dirigé par Edgard Doneux (1978, EMI 7243 5 75263 2 6)
  • L'Amant jalouxMagali Léger (Léonore), Claire Debono (Isabelle), Maryline Fallot (Jacinte), Frédéric Antoum (Florival), Brad Cooper (Don Alonze), Vincent Billier (Don Lopez) ; Le Cercle de l'Harmonie, dir. Jérémie Rhorer (Opéra royal de Versailles, , DVD WAHOO/Opéra Comique WAH001) (OCLC 706984345)
  • L'Amant jaloux (arrangement pour quintette) – Notturna : Christopher Palameta, hautbois ; Mika Putterman, traverso ; Laura Andriani, violon ; Pemi Paull, alto ; Susie Napper, violoncelle ; Brice Sailly, clavecin (, Atma Classique) (OCLC 1348288790)

Éditions

  • Les Fausses Apparences : ou L'amant jaloux, comédie en trois actes mêlée d'ariettes, représentée devant Leurs Majestés, à Versailles en Novembre 1778, Paris, Duchesne, (lire en ligne) — Livret de 1779.

Notes et références

Notes

  1. Déjà la rédaction anonyme par Marmontel du livret du Huron avait alimenté les spéculations[5],[6].
  2. Beaumarchais aurait déjà écrit Tarare pour Antonio Salieri, en 1787[4].

Références

  1. Palameta 2019.
  2. Roberto Alagna French Arias (EMI)
  3. Parouty
  4. Aurore Chéry, « Beaumarchais et le théâtre politique de Louis XVI : un nouveau « Secret du roi » », Romanica Wratislaviensia, Wrocław, no 67,‎ , p. 77–89 (ISSN 2957-2363, lire en ligne, consulté le ).
  5. Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc. : revue sur les textes originaux comprenant outre ce qui a été publié à diverses époques…, Maurice Tourneux (éd.), Paris, Garnier, , 518 p. (OCLC 230151301, lire en ligne), p. 164.
  6. Louis Petit de Bachaumont, Mémoires secrets de Bachaumont de 1762 à 1787, Paris, Brissot-Thivars, , 4 vol. ; in-8º (OCLC 8896678, lire en ligne), p. 319
  7. Enregistrement de Sydney

Sources

  • (en) David Charlton, article dans The Viking Opera Guide éd. Holden (1993).
  • Notes du livret de l'enregistrement EMI.
  • Christopher Palameta, « L'Amant jaloux » : dans un arrangement de l’époque pour flûte, hautbois, violon, alto et basse, p. 4-5, ATMA Classique (ACD2xx), 2019 (OCLC 1348288790) .

Liens externes

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