L'Amour et la Vérité

L’Amour et la Vérité
Dialogue de l’Amour et la Vérité
Publication dans le Mercure de France de mars 1720.
Publication dans le Mercure de France de mars 1720.

Auteur Marivaux et Saint-Jory
Genre Comédie
Pays d'origine France
Lieu de parution Paris
Date de parution
Date de création en français
Lieu de création en français hôtel de Bourgogne
Compagnie théâtrale Comédiens italiens

L’Amour et la Vérité est une comédie en trois actes et en prose de Marivaux représentée pour la première fois le dimanche par les Comédiens italiens à l’hôtel de Bourgogne.

Présentation

L'Amour et la Vérité est la première pièce écrite par Marivaux pour une scène de Paris et le fut en collaboration avec son collègue au Mercure, le chevalier de Saint-Jory[1]. Son échec complet est le sujet d'une anecdote : D'Alembert a rapporté que Marivaux aurait déclaré à la sortie que la pièce l’avait ennuyé plus qu’un autre, ajoutant « c’est que j’en suis l’auteur[2] ». Le prologue seul de cette pièce fut publié dans le Mercure de France en mars 1720 sous le titre de Dialogue entre l’amour et la vérité[3]. Le reste de la pièce est perdu.

Personnages

  • l’Amour.
  • la Vérité.

Argument

Un rencontre entre L’Amour et la Vérité montre à quel point tous deux ont changé : le premier s’est s’assagi et la seconde est tellement ornementée qu’ils en sont devenus méconnaissables. La faute en revient, assurent-ils à la façon dont ils ont été traités. Pour s’être attiré, à la suite d’une querelle, l’inimitié de la Débauche et de l’Avarice, l’Amour se voit jouer un mauvais tours par ceux-ci auprès de Plutus et de Vénus. Quant à la vérité, elle a été chassée du monde par ses ennemis, la flatterie et la médisance. La Vérité veut assouvir son ressentiment, en justifiant le proverbe qui dit que « la vérité est au fond du puits. » Quiconque boira de son eau sera forcé de dire tout ce qu'il pense, en toute occasion. L’Amour décide de l’imiter avec un arbre près du puits. Quiconque qui mangera de ses fruits tombera subitement amoureux du premier objet qu'il apercevra.

Réception

La chute de la pièce a été complète et méritée, selon les contemporains[4].

Postérité

L'Amour et la Vérité a contribué à populariser la catachrèse « tomber amoureux ». Il s'agit de l'une des premières œuvres à utiliser l'expression alors qu'elle n'existait auparavant que dans un sens figuré. Johan Faerber et Sylvie Loignon soulignent que « le sens médian de la catachrèse, entre sens propre primitif et sens figuré, s'impose dans cette réplique où l'Amour indique à la Vérité qu'il va rentrer dans un arbre » :

« Les fruits en sont beaux et bons, et me serviront à une petite malice qui sera tout à fait plaisante. Celui qui en mangera tombera subitement amoureux du premier objet qu'il apercevra[5]. »

Références

  1. ↑ Albert Soubies, Une première par jour : causeries sur le théâtre, Paris, A. Dupret, (lire en ligne sur Gallica), p. 68-69.
  2. ↑ D’Alembert, Œuvres de d'Alembert, t. 3, Paris, A. Belin, , 434 p., 10 parties en 5 vol. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica), partie 2, p. 279.
  3. ↑ Jean Fleury, Marivaux et le marivaudage, Paris, Plon, , viii-416 p., in-8º (OCLC 2101868, lire en ligne sur Gallica), p. 242-3.
  4. ↑ Gustave Larroumet, Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents, Paris, Librairie Hachette, , xi-640 p., pl., portr ; in-8º (OCLC 921344709, lire en ligne sur Gallica), p. 36-38.
  5. ↑ Johan Faerber et Sylvie Loignon, Les procédés littéraires : de allégorie à zeugme, Paris, Armand Colin, , 224 p., 24 cm (ISBN 978-2-20062-321-0, OCLC 1045423453, page sur Google Livres), p. 57.

Bibliographie

  • Bernard Dort, « À la recherche de l’Amour et de la Vérité : Esquisse d’un système marivaudien », Les Temps Modernes,‎ , p. 1074 (ISSN 2272-9356).

Liens externes

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