L'Ange pourpre

L'Ange pourpre
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Ava Gardner et Dirk Bogarde dans une scène du film.
Titre original The Angel Wore Red
Réalisation Nunnally Johnson
Scénario Nunnally Johnson
Musique Bronislau Kaper
Acteurs principaux Ava Gardner
Dirk Bogarde
Joseph Cotten
Vittorio De Sica
Sociétés de production Titanus
Metro-Goldwyn-Mayer
Spectator
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film dramatique
Durée 99 min
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

L’Ange pourpre est un film italo-américain réalisé par Nunnally Johnson et sorti en 1960.

Synopsis

En Espagne, durant la guerre civile, le prêtre Arturo Carrera, sur le point de rejoindre les nationalistes, tombe amoureux de la belle entraîneuse Soledad et épouse, par la même occasion, la cause des républicains.

Fiche technique

Distribution

Tournage

Il s'agit d'un projet personnel de Nunnally Johnson se situant dans le contexte de la guerre civile espagnole et rappelant par celui-ci, ainsi que par la présence d'un journaliste correspondant de guerre interprété par Joseph Cotten, la vie et l'œuvre d'Ernest Hemingway. Un film audacieux se voulant humaniste, non manichéen, et critique à l'égard des groupes politiques et religieux. Franco refusant le tournage en Espagne, il a lieu en Italie. Nunnally Johnson souhaite un style rappelant le néoréalisme italien (d'où un tournage en noir et blanc et la présence de Vittorio de Sica au générique). Il propose le rôle de Soledad à Ava Gardner, qu'il estime par sa vie et ses précédents rôles proche de celui-ci, du contexte espagnol et de l'univers d'Hemingway. Encouragée par le succès de son précédent rôle réaliste dans le film d'anticipation engagé en noir et blanc Le dernier rivage qui mettait en garde le public contre l'anéantissement nucléaire, et pour lequel elle a reçu de bonnes critiques la comparant à Anna Magnani, elle accepte. Laurent Dolet écrit à ce sujet : "Ange ou déesse, beauté de chair abîmée, usée et tombée de son piédestal pour un destin de fragile humanité, la voici maintenant jetée dans la boue des bordels et des guerres civiles. Le personnage de cette femme ayant trop vécu, rencontrant enfin l'amour mais trop tard, a fortiori dans le contexte de la guerre d'Espagne si souvent évoquée dans ses films antérieurs, était véritablement fait pour elle"[1]. Elle s’investit dans ce rôle auquel elle croit et accepte de tourner sans maquillage ni corset avec des vêtements abîmés. Mais la MGM, distributeur du film, est mécontente de ce traitement trop éloigné des critères hollywoodiens habituels. Elle impose le retournage des scènes et un montage différent, plus commercial. Malgré une belle distribution, des idées intéressantes, un couple qui crève l'écran et la photographie magnifique de Giuseppe Rotunno, le film est mal compris par le public et connait un échec cuisant à sa sortie. Difficile de se rendre compte aujourd’hui de ce qu’il aurait pu être si son réalisateur avait pu suivre ses propres idées. L’actrice est meurtrie par les mauvaises critiques. D’autant qu’elle constate que, si sa tentative de s’investir dans un cinéma moins glamour et plus engagé échoue, c’est paradoxalement en s’inspirant (entre autres) de ses frasques romaines et de ses démêlés avec les paparazzis pour un personnage d’actrice américaine en visite à Rome (interprété par Anita Ekberg) que Fellini rencontre au même moment le succès avec La Dolce Vita. Son partenaire Dirk Bogarde en revanche, sortira son épingle du jeu. A partir de ce personnage de prêtre amoureux d’une prostituée, on lui proposera désormais des rôles plus approfondis et ambigus[2].

Références

  1. Laurent Dolet, Ava Gardner, des films au mythe, La Madeleine, LettMotif, , 362 p. (ISBN 978-2-36716-401-4), p. 262-263
  2. Laurent Dolet, Ava Gardner, des films au mythe, La Madeleine, LettMotif, , 362 p. (ISBN 978-2-36716-401-4), p. 226-238

Liens externes

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