L'Assassin assassiné
| Sortie | 1980 |
|---|---|
| Durée | 6:22 |
| Genre | Chanson française |
| Format | 33 tours |
| Auteur | Jean-Loup Dabadie |
| Compositeur | Julien Clerc |
| Label | Pathé Marconi / EMI |
Pistes de Sans entracte
L'Assassin assassiné est une chanson composée et interprétée par Julien Clerc sur des paroles de Jean-Loup Dabadie. Écrite en 1978, elle n'est enregistrée qu'en 1980 et est diffusée sur l'album Sans entracte qu'elle clot.
La chanson évoque l'indignation et l'émotion d'un artiste, qui alors qu'il compose au piano, apprend que le matin même, un homme, condamné à mort, a été exécuté par décapitation, à la prison de la Santé.
Julien Clerc, précédemment à l'enregistrement, la chante à la télévision, en 1979 et fait grande impression, au point que l'avocat et fervent militant pour l'abolition de la peine capitale, Robert Badinter, lui adresse des remerciements. L'engagement ne s'arrête pas là, l'année suivante, le chanteur assiste à Toulouse au procès d'un homme, meurtrier défendu par Badinter qui lui évite la guillotine. Dans un entretien à la télévision, Julien Clerc déclare « On ne peut pas répondre à la mort par la mort ».
À l'automne 1981, la peine de mort est abolie en France, sous l'influence du nouveau ministre de la justice, Robert Badinter.
Le , lors de la cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter (mort en ), Julien Clerc, sur le parvis du Panthéon, chante L'assassin assassiné, en hommage et en souvenir de celui qui, en 1979, à propos de cette chanson lui avait écrit : « elle a plus fait pour la cause que 30 débats et 40 conférences. »
Histoire




En 1978, lorsque l'écrivain scénariste et parolier Jean-Loup Dabadie lui présente le texte de L'assassin assassiné, Julien Clerc, qui n'est en rien un « chanteur engagé », se montre plus que réservé à chanter ce plaidoyer contre la peine de mort[1]. D'autant, qu'en 1976, Michel Sardou chante lui Je suis pour et fait polémique. Julien Clerc, bien qu'il en compose la musique, craint et ne veut pas que cela se transforme en un match « Clerc contre Sardou », « les pour les contres », dans une époque, où à 64%, les Français sont majoritairement favorables à l'exécution capitale et choisit de « passer la main ». Il est un temps envisagé de la confier à Serge Reggiani (pour qui Dabadie a déjà écrit des chansons), qui après une audition à son domicile, accompagné au piano par Julien Clerc, débordé par l'émotion, renonce à son tour à la chanter[2]. Il faut attendre 1979 et une émission de télévision consacrée à Dabadie, après que ce dernier lui demande de la chanter (ce qu'il fait au piano en direct), pour que Julien Clerc s'approprie la chanson et l'inscrive à son tour de chant et l'interprète sur scène[3],[2].
Félicité par écrit par l'avocat abolitionniste Robert Badinter, « votre chanson a fait bien plus que vingt conférences et trente discours »[4],[5], le chanteur fait désormais sienne la cause et au printemps 1980, est présent à Toulouse, au procès de Norbert Garceau, meurtrier récidiviste défendu par Badinter, grâce à qui il échappe à la guillotine[6],[3]. Dans un train de nuit, l'avocat et le chanteur rentrent ensemble à Paris ; Julien Clerc confie plus tard (au journal La tribune du dimanche) : « Nous avons longuement parlé, [il m'a dit] : il faut abolir la peine de mort. La tension est trop forte, un jour il y aura un accident » (pour échapper à la colère de la foule, l'avocat a dû s'évincer par un escalier de service du tribunal)[3]. Le , au cours du journal d'Antenne 2, lors d'un entretien télévisé, avec le journaliste Paul Lefèvre, Julien Clerc déclare « On ne peut pas répondre à la mort par la mort ». Il décide alors d'enregistrer L'assassin assassiné et en , la chanson est présente sur son onzième album studio, Sans entracte, qu'elle achève[7].
Le , François Mitterrand est élu Président de la République Française[8]. L'homme a fait de l'abolition de la peine de mort, la 53ème des 110 propositions qu'il soumet aux Français au cours de sa campagne électorale. Subséquemment, Robert Badinter est nommé ministre de la justice et à ce titre, le , propose à l'Assemblée nationale le projet de loi abolissant la peine de mort. La loi est promulguée le [9].
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François Mitterrand guillotinant la guillotine en 1981 (dessin de Calvi). -

Loi du proclamant l'abolition de la peine de mort. Archives nationales 19940194/4.
À l'âge de 95 ans, Robert Badinter meurt en [10]. Il entre au Panthéon le (soit 44 ans après l'abolition)[11] et lors de la cérémonie, conduite par le président de la République Emmanuel Macron, en présence de nombreuses personnalités, dont sa veuve Élisabeth Badinter, Julien Clerc en hommage, dans une version raccourcie et légèrement remaniée, chante sur le parvis du Panthéon L'assassin assassiné[12],[13].
Discographie
- 1980 : album Sans entracte[7].
- Enregistrements en public
- 1981 : album Vendredi 13 (live enregistré à Lyon)[14].
Notes et références
- ↑ https://www.lokko.fr/2025/10/06/lassassin-assassine-histoire-dune-chanson/ consulté le 16 novembre 2025.
- https://www.canalacademies.com/emissions/en-habit-vert/lessentiel-avec-jean-loup-dabadie-de-lacademie-francaise / consulté le 16 novembre 2025.
- https://www.bfmtv.com/people/musique/l-assassin-assassine-l-histoire-de-la-chanson-que-julien-clerc-va-interpreter-lors-de-la-pantheonisation-de-robert-badinter_AN-202510090526.html / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.francebleu.fr/emissions/nos-trucs-en-plus-ici-occitanie/robert-badinter-au-pantheon-quand-julien-clerc-voyait-l-avocat-plaider-a-toulouse-et-en-faisait-une-chanson-3026710 / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.lefigaro.fr/musique/pour-robert-badinter-au-pantheon-julien-clerc-chante-l-assassin-assassine-plaidoyer-contre-la-peine-de-mort-qui-a-failli-ne-jamais-voir-le-jour-20251009 / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.francebleu.fr/emissions/affaires-classees-racontees-par-thierry-sagardoytho/l-affaire-norbert-garceau-le-meurtrier-recidiviste-qui-a-inspire-l-assassin-assassine-a-julien-clerc-3134257 / consulté le 16 novembre 2025.
- https://www.discogs.com/release/2047718-Julien-Clerc-Sans-Entracte / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/237 / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.justice.gouv.fr/robert-badinter-garde-sceaux-1981-1986 / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2024/02/09/robert-badinter-est-mort_6215627_3382.html / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.franceinfo.fr/politique/mort-de-robert-badinter/l-ancien-ministre-de-la-justice-robert-badinter-entrera-au-pantheon-le-9-octobre-date-anniversaire-de-l-abolition-de-la-peine-de-mort_7178388.html / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.nouvelobs.com/musique/20251009.OBS108575/l-emouvante-histoire-de-l-assassin-assassine-la-chanson-de-julien-clerc-devenue-l-hymne-de-l-abolition.html / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.ouest-france.fr/politique/robert-badinter/video-badinter-au-pantheon-julien-clerc-interprete-lassassin-assassine-7e903f73-6433-4960-914a-5e191eda2942 / consulté le 16 novembre 2025.
- ↑ https://www.discogs.com/release/1082427-Julien-Clerc-Vendredi-13 / consulté le 16 novembre 2025.
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