L'Objet du scandale (roman)
| L'Objet du scandale | |
| Auteur | Robertson Davies |
|---|---|
| Pays | Canada |
| Genre | Roman épistolaire |
| Version originale | |
| Langue | Anglais |
| Titre | Fifth Business |
| Éditeur | Macmillan Publishers |
| Lieu de parution | Canada |
| Date de parution | 1970 |
| Version française | |
| Traducteur | Arlette Francière |
| Éditeur | Payot et Rivages |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1993 |
L'Objet du scandale (titre original en anglais : Fifth Business) est un roman épistolaire de l'écrivain canadien de langue anglaise Robertson Davies paru en 1970[1]. Il relate la vie de Dunstan Ramsey, un enseignant d'histoire dans une école privée pour garçons, qui raconte sa carrière dans une lettre au directeur de Collège. Ce livre est considéré comme un chef-d'œuvre de la littérature canadienne[2].
Tout comme les autres romans de Davies, L'Objet du scandale est rempli des thèmes et archétypes de médecin psychiatre suisse Carl Gustav Jung[3].
Initialement composé comme un roman autonome, ce succès commercial a encouragé Davies à écrire deux suites[4]. Aujourd'hui, ils sont les romans les plus connus de Davies, la Trilogie de Deptford[4].
Historique
La carrière littéraire de Davies a connu un arrêt après la publication de son roman A Mixture of Frailties en 1958. En 1960, il a commencé sa carrière d'enseignant à l'Université de Trinity College. En 1963, il est devenu directeur du Collège Massey, une nouvelle école dans l'Université de Toronto. Quelque universitaires ont remarqué une ressemblance entre ce récit personnel et la carrière de Dunstan Ramsey dans L'Objet du scandale.[5]
Pendant cette pause, Davies commence à intégrer des idées de Jung dans la fiction[4]. L'Objet de scandale est son retour à la littérature et la première fois qu'il écrit avec l'inspiration de Jung[3].
Résumé
À la fête de Noël en 1908, Dunstable Ramsey, dix ans, et son meilleur ami, Percy Boyd Staunton, se sont battus à coups de boules de neige pour attirer l’attention de Leola Cruikshank. Quand une boule lancée par Percy et destinée à Dunny frappe Mary Dempster, celle-ci voit son accouchement se faire provoquer et son fils Paul nait prématurément. Tout au long du roman, Ramsey découvre l'importance de cet incident et comment toutes leurs vies sont attachées ensemble.
Personnages
Les personnages majeur du roman, dans l'ordre d'introduction[6].
- Dunstan 'Dunny' Ramsey (né Dunstable Ramsey) - Un vieil enseignant du Collège Colborne qui mène une double vie. Dans le monde actuel, ses étudiants le trouvent terne. Mais, il a une signification majeure dans le monde parallèle des symboles[5]. Son narrative autobiographique est une d'individualisation, un concept dans la psychologie analytique qui relate le dévouement du soi[7]. Il a esquivé la boule de neige qui frappe Mme Dempster dans le premier chapitre[6].
- Percy Boyd 'Boy' Staunton - Ami et rival de toujours pour Ramsey. Les spécialistes de littérature suggèrent qu'il représente l'Ombre de Ramsey[8]. Tout ce qu'il poursuit; l'argent, le statut, et les femmes sont des éléments du monde actuel, auxquels Ramsey ne s'intéressent pas[8]. L'inverse est vrai aussi, Boy est incapable de suivre Ramsey dans ses poursuites de soi et mythes[8]. Il a lancé la boule de neige qui frappe Mme Dempster. Boy oublie son rôle dans ce grand évènement[6].
- Mary Dempster - Jeune mariée de Amasa Dempster, ministre baptiste en Deptford. Après l'incident avec la boule de neige, elle quitté la vie publique mais prend un rôle de plus et plus grand dans la vie de Ramsey. Les spécialistes de littérature suggèrent qu'elle est son Anima ou l'archétype de la Femme sage parce qu'elle guide Ramsey dans la Première Guerre mondiale et dans ses études[8].
- Paul Dempster - Après sa naissance prématurée causée par l’incident avec la boule de neige, Paul est devenu un « vieillard miniature »[9]. En Deptford, il est l'apprenti de Dunny dans les arts magiques. Plus tard, Ramsey a vu Paul en Europe, où il travaillait dans un cirque sous son nom de scène « Magnus Eisengrim ». Les spécialistes de Jung suggèrent que Paul représente l’archétype du Vieux Sage, en raison de ses qualités inhabituelles chez un enfant et de sa relation avec la magie[8].
- Leola Staunton (née Cruikshank) - La plus jolie fille de Deptford. Premier intérêt amoureux pour Boy et Dunstan, elle se marie à Mr Staunton après que Ramsey est déclaré mort pendant la Première Guerre mondiale.
- Diana Marfleet - L'infirmière qui s'occupe de Ramsay après qu'il ait été blessé pendant Passchendaele. La deuxième occurrence de l'archétype du Femme sage[7].
- Padre Blazon - Excentrique membre du groupe de savants jésuites, La Société des Bollandistes, où Ramsey étudie en Europe. La deuxième occurrence de l'archétype du vieux sage[7].
- Liselotte 'Liesl' Vitzlipützli - Membre de Magnus Eisengrim's La Soirée des Illusions, une femme avec apparence androgyne. C'était suggéré qu'elle représente l'animus ou l'homme sage, au cause des qualités androgyne et connaissance du monde spirituel de Ramsey[8].
L'importance des noms
Les noms choisis par Davies sont représentatifs des archétypes, dans une lettre il dit que :
Dans L'Objet du scandale, les noms donnés aux personnages canadiens, en particulier à ceux du village de Deptford, sont tous familiers pour une oreille canadienne […] Les personnages qui enfreignent cette règle se font parfois traiter de 'nicodèmes du symbole'[10].
Interprétations
Patricia Monk présente trois métaphores cachées dans L'Objet de scandale; Cinquième emploi, la cabal, et la théorie sur les images archétypales[5].
Métaphore de Cinquième Emploi
Dans les anciennes troupes de répertoire et d'Opera, il y avait des rôles qui, tout en n'étant ni ceux du héros ou de héroïne, ni celui du Villain ou celui du confident, étaient cependant indispensables au dénouement de l'action; le comédien qui tenait ce genre de rôle était souvent appelé le Cinquième Emploi. — Tho. Overskou, Den Danske Skueplads[11]
Dans la chapitre La soirée des illusions, Lisel dit à Ramsey « Qui es-tu? Comment te rattaches tu à la poésie et au mythe? […] Je crois que tu es le Cinquième Emploi »[12]. Cette métaphore est une autre mandala Jungienne, qui place Ramsey au centre au lieu de Staunton[7].
Sur le sujet de la définition qui est attribuée à Thomas Overskou, Davies a écrit que c'était une « Vrai faux » et « Overskou n'a jamais rien écrit d'aussi ambigu »[13].
Métaphore du Cabal
La métaphore du « Cabal », dit par Liesl a Ramsey sur la dernier page du roman[12], décrit la mandala des personnages quand Boy Staunton prend la rôle principale[7].
Qui a tué Boy Staunton ? Il fut assassiné par l’habituelle cabal ; par lui-même d’abord ; par la femme qu’il connaissait ; par la femme qu’il ne connaissait pas ; par l’homme qui remplit son vœu le plus cher ; et par l’inévitable cinquième, qui était le gardien de sa conscience comme de la pierre[12].
Il se peut qu’un lectorat varié perçoive des protagonistes distincts pour chacun des membres du cabal : seulement Ramsey semble taillé pour endosser le rôle de « l’inévitable cinquième »[7].
Métaphores de C.G. Jung
Théorie sur les images archétypales
Chaque personnage dans le roman peut représenter un archétype du psychologie analytique[7].
Autre
La récurrence de la roche est un exemple du synchronicité, un concept dans la psychologie analytique[7]. Dans le premier chapitre, il se trouve dedans la boule de neige qui frappe Mme Dempster[9]. Pendant sa carrière à Colborne, Ramsey garde la roche dans son bureau. La même roche se présent dans la bouche de Boy Staunton après son suicide dans le port de Toronto.[12]
Ramsey's vision de Mme Dempster peut être interprétée comme le concept de rêve dans la psychologie analytique[7].
La relation entre Ramsey et Staunton peut être interprétée comme l'ombre personnelle[5]. Sur la concept de l'ombre, Davies dit « La connaissance de l’ombre personnel est nécessaire pour agir de façon responsable et contribuer à la diminution de l'obscurité moral dans le monde »[3]. Leur traits de personnalité contrastifs peuvent être interprétés comme an exemple de l'introversion et extroversion, un concept de la psychologie analytique[7].
Réception
Le , il était arrivé à la première place de la liste des meilleures ventes nationales du Toronto Daily Star, où il est resté à la première ou deuxième place jusqu'en avril[4].
Liens externes
- Ressource relative à la littérature :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Monique Polak, Plus on est de fous, plus on lit, CBC Radio Cinqasix
- Collection des deux Solitudes, Correspondance, manuscrits et autres documents relatifs à la traduction
Notes et références
- ↑ (en) Christopher Lehmann-Haupt, « A Magical Mystery Fiction », The New York Times, november 25th, 1970 (lire en ligne)
- ↑ Lee Morrissey, « Harold Bloom (1930–) from “An Elegy for the Canon,” The Western Canon: The Books and the School of Ages (1994) », dans Debating the Canon: A Reader from Addison to Nafisi, Palgrave Macmillan US, , 241–257 p. (ISBN 978-1-4039-6820-3, lire en ligne)
- Robertson Davies (trad. Dominique Issenhuth), « À Ronald Ewing », dans Entre vous et moi: Lettres 1976-1995, Canada, Lemeac, , 549 p. (ISBN 2-7609-6055-2), p. 115-116
- (en) Judith Skelton Grant, « The Deptford Trilogy: 1975-85 », dans Robertson Davies: Man of Myth, Canada, Penguin Books Canada, , 787 p. (ISBN 0-670-825573), p. 457-518
- (en) Patricia Monk, « The bizarre and passionate life of Dunstan Ramsey », dans Mud and Magic shows: Robertson Davies’s Fifth Business, Canada, ECW Press, , 88 p. (ISBN 1-55022-128-0), p. 25-38
- Robertson Davies (trad. Arlette Francière), L'Objet du scandale, Paris, Payot & Rivages, , 353 p. (ISBN 9782869306578)
- (en) Patricia Monk, « Interface », dans The Smaller Infinity: The jungien self in the novels of Robertson Davies, Canada, University of Toronto Press, , 185 p. (ISBN 9780802055446, lire en ligne), p. 74-104
- (en) Patricia Monk, « Other Characters », dans Mud and Magic shows: Robertson Davies’s Fifth Business, Canada, ECW Press, , 88 p., p. 39-49
- Robertson Davies (trad. Arlette Franciere), « Madame Dempster », dans L'Objet du scandale [« Fifth Business »] [« L'Objet du scandale »], Paris, Payot & Rivages, , 353 p. (ISBN 9782869306578), p. 1-87
- ↑ Robertson Davies (trad. Dominique Issenhuth), « À Theresa Riordan », dans Entre vous et moi: Lettres 1976-1995, Montréal, Leméac, , 549 p. (ISBN 2-7609-6055-2), p. 63-64
- ↑ Robertson Davies (trad. Arlette Francière), « Cinquième Emploi: Une Définition », dans Cinquième Emploi, Ottawa, Le Cercle du Livre de France Ltée, , 349 p. (ISBN 7753-0058-6[à vérifier : ISBN invalide]), p. 10
- Robertson Davies (trad. Arlette Franciere), « La soirée des illusions », dans L'Objet du scandale, Paris, Payot & Rivages, , 353 p. (ISBN 9782869306578), p. 351-352
- ↑ Robertson Davies (trad. Dominique Issenhuth), « À William J. Keith », dans Entre vous et moi: Lettres 1976-1995, Montreal, Leméac, , 549 p. (ISBN 2-7609-6055-2), p. 214-217
- Portail de la littérature
- Portail de l’Ontario
- Portail du Canada