LGBT+ au Bangladesh

Les minorités sexuelles et de genre au Bangladesh doivent faire face à des conditions de vie difficiles : l'homosexualité est criminalisée et fait l'objet d'une répression sociale violente, tandis que les conditions économiques des hijras restent précaires. Dans ce contexte, des espaces de résistance et de communauté arrivent à se maintenir.

Histoire

Le , un couple de femmes est arrêté pour s'être marié en secret. Shibronty Roy Puja, une Hindoue de 16 ans, et Sanjida Akter, une musulmane de 21 ans, ont fui leur ville de Dhaka et se sont mariées lors d'une cérémonie hindoue. Elles ont ensuite été arrêtées et menacées d'emprisonnement à vie[1]. Un autre couple de femmes a été arrêté en du fait de leur relation. Une des deux femmes ayant les cheveux court, elle a été identifiée comme le mari. La police a eu recours à un test d'identification de sexe, et a déclaré qu'il s'agissait de deux femmes. L'affaire a été classée en vertu de l'article 209, qui régule les activités asociales[2].

Démographie

Une étude réalisée par le ministère de la Protection sociale estime que depuis 2013, 10 000 personnes se sont enregistrées comme hijras, une identité transféminine[3]. Selon AsiaNews, entre 1,6 et 4,8 de personnes bengalaises sont LGBT[4].

Culture

En est créé le premier le premier magazine LGBT du pays, Roopbaan (en) ; le journal publie pour la dernière fois en août de la même année[5],[6].

Militantisme

Le plus grand réseau gays est Boys of Bangladesh ; en plus de ces activités en ligne, BoB organise des événements tels que des ateliers de prise de conscience, prend part à des festivals liés aux LGBT et organise des fêtes et des pique-niques. Boys of Bangladesh vise à construire une communauté gay dans le pays[7] et à abolir la section 377 du code pénal qui criminalise l'homosexualité[8].

Conditions de vie

Hijra Guru Ma

Hijras bengladaises en 2010. Photographie réalisée par l'Agence des États-Unis pour le développement international.

La communauté hijra bengalaise est organisée en maisons avec à sa tête une Hijra Guru Ma (mère de la maison) accueillant plusieurs chela (enfants) ; dans ces maisons, les ressources financières sont mises en commun et gérées par la Guru Ma, responsable pour fournir des logements, des repas et intégrer politiquement et socialement les chela au sein de la communauté[9].

Si la plupart des maisons vivent dans des conditions très précaires, il existe à Dacca une communauté relativement prospère qui possède quatre étages d'un immeuble de la vieille ville. Cela est possible en raison de la forte concentration de lieux religieux et commerciaux dans le quartier, offrant ainsi des opportunités de revenus aux hijras[9]. Celles-ci vivent notamment de la mendicité, du travail du sexe et de missions religieuses lors des mariages et des naissances[9].

Perception sociale

Human Rights Watch affirme que « la discrimination à l'égard des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) est omniprésente au Bangladesh »[10],[11]. L'homosexualité est considérée à la fois comme un crime et une maladie à soigner et des médecins prescrivent des traitements aux effets délétères[12].

La vie est d'autant plus difficile pour les lesbiennes que pour les hommes gays, car il existe plus d'opportunités de sociabilité entre hommes plutôt qu'entre femmes[4].

Violences

Les violences contre la communauté LGBT sont fortes ; en 2016, Xulhaz Mannan, un militant LGBT, a ainsi été assassiné lors d'une attaque au couteau[13].

Droits

Droits LGBT au Bangladesh
Dépénalisation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe  depuis 1860
Sanction peine de prison à vie
Protection contre les discriminations  Non
Identité de genre Troisième genre reconnu
Partenariat  Non
Mariage  Non
Adoption  Non

L'article 377 du code pénal interdit la sodomie et la sexualité orale, quel que soit le genre et l'orientation sexuelle des participants[14],[15]. Le , les hijras sont reconnus comme genre distinct des hommes et des femmes par le gouvernement du Bangladesh[réf. nécessaire]. Malgré cela, le Bangladesh n'a pas de législation décrivant les conditions nécessaires à une reconnaissance légale d'un changement de sexe, ni de définition légale des hijras[16].

Références

  1. (en) « Bangladesh lesbian couple threatened with life in jail for getting married », sur Gay Star News, (consulté le ).
  2. (en) « Bangladesh jails ‘married’ lesbian couple », sur Gay Star News, (consulté le ).
  3. (en) Mohosinul Karim, « Hijras Now a Separate Gender », sur dhakatribune.com, Dhaka Tribune, .
  4. (en) « Acceptance of lesbian love: Too much to expect? », sur dhakatribune.com, .
  5. « First ever LGBT magazine launched », Dhaka Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (en-GB) Saad Hammadi et Aisha Gani, « Founder of Bangladesh's first and only LGBT magazine killed », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) « The Boys of Bangladesh », pink-pages.co.in (consulté le )
  8. (en) « Bangladesh: Treatment of homosexuals including legislation, availability of state protection and support services »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?), www.unhcr.org (consulté le )
  9. Ruhul Abdin, « AHijra Guru Ma's Rooftop », dans Queer spaces: an atlas of LGBTQIA+ places and stories, RIBA Publishing, (ISBN 978-1-914124-21-1), p. 22-23
  10. (en) « World Report 2015 – Bangladesh », sur Human Rights Watch.
  11. (en) « Nowhere to turn for Bangladesh′s LGBT | Asia | DW | 17.05.2016 », sur DW, (consulté le ).
  12. (en) « Nowhere to turn for Bangladesh's LGBT – DW – 05/17/2016 », sur dw.com (consulté le )
  13. (en) « Bangladesh Gay Right Activist is hacked to death », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  14. (en) « Sodomy Laws Around the World » [archive du ], sur sodomylaws.org, (consulté le ).
  15. (en) « Bangladesh_Penal_Code_1860_Full_text.pdf (application/pdf Object) » [archive du ], sur www.unodc.org (consulté le ).
  16. (en) « Respecting their rights », sur dhakatribune.com, .
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