La Chaste Suzanne (opérette)
| La Chaste Suzanne Die keusche Susanne | |
Première page de la réduction pour piano de la version française (éd. Max Eschig, 1912). | |
| Genre | opérette |
|---|---|
| Nb. d'actes | 3 |
| Musique | Jean Gilbert |
| Livret | Georg Okonkowski |
| Langue originale | allemand |
| Sources littéraires | Le Fils à papa d'Antony Mars et Maurice Desvallières |
| Publication | Eschig |
| Création | 26 février 1910 Wilhelm-Theater, Magdebourg |
| Création française |
7 février 1913 théâtre des Célestins |
La Chaste Suzanne (Die keusche Susanne) est une opérette en trois actes, musique de Jean Gilbert, livret en allemand de Georg Okonkowski créée le au Wilhelm-Theater de Magdebourg.
Il s'agit du plus grand succès du compositeur.
Historique
Le livret est adaptée de la comédie française Le Fils à papa d'Antony Mars et Maurice Desvallières, créée en 1906 au théâtre du Palais-Royal.
Elle remporte un immense succès lors de sa création et est montée l'année suivante à Berlin, permettant à Gilbert d'obtenir le poste de directeur du Thalia-Theater. Sa renommée dépasse rapidement les frontières : elle est adaptée la même année en Suède, puis en anglais par Frédéric Fenn et Arthur Wimperis à Londres en 1912 sous le titre The Girl in the Taxi, et en français par les auteurs originaux, Mars et Desvallières, à Lyon (théâtre des Célestins) et Paris (Apollo) en février et . Parmi les reprises notables en France, on peut citer celle de la Gaîté-Lyrique en 1960.
Elle obtient également un franc succès en Amérique du Sud en italien (La casta Susana), en espagnol (La chasta Suzanna) et en portugais (Susana). Gilbert y dirigera son œuvre deux décennies plus tard après avoir été forcé de quitter l'Allemagne nazie et s'installer en Argentine.
Elle a été révisée en 1953 par Robert Gilbert, fils du compositeur.
Argument
Acte I : Réception chez les Aubrais
Le baron des Aubrais est célèbre pour ses travaux sur l'hérédité. Membre de l'Institut, sa réputation est irréprochable. Cependant, c'est un noceur familier de lieux peu recommandables. Son fils Hubert suit ses traces en compagnie du lieutenant René Boislurette. Sa fille Jacqueline est amoureuse du lieutenant. Le baron, fidèle à sa réputation, ne souhaite pas cette relation. La baronne des Aubrais est admirative de la vertu et l'austérité de son mari.
Parmi les invités, on trouve le parfumeur Pomarel et son épouse la « Chaste Suzanne », fondatrice de l’œuvre de bienfaisance Le Bon Trottoir, destiné à remettre dans le droit chemin des femmes dites légères. Mais elle non plus n'est pas irréprochable. René fut son amant deux ans auparavant. Son mari devant s'absenter, elle propose un rendez-vous à René, qui accepte pour la forme (il a promis de sortir ce soir-là avec Jacqueline) et donne l'adresse à Hubert, heureux de l'aubaine. L'éternel gaffeur Charencey, à qui Suzanne avait présenté René comme son mari maladroit, apparaît. La catastrophe est évitée in extremis. Chacun s'esquive dans la pénombre ...
Acte II : Au Moulin rouge
Au Moulin rouge, le baron des Aubrais est connu sous le nom de Boboche. Il est accompagné d'une femme rencontrée dans un taxi. Il s'agit en fait de l'épouse de Charencey, Rose, à qui il n'a jamais été présenté. Suzanne arrive. Elle croit rencontrer René : c'est Hubert, qu'elle verrait bien dévergonder. René et Jacqueline entrent à leur tour dans le cabaret. Lui espère ne pas trop s'y attarder mais sa compagne tient à voir le spectacle. Charencey et Pomarel apparaissent inopinément, furieux d'y trouver leurs épouses. S'ensuit une échauffourée générale qui nécessite l'arrivée de la police. Hubert et son père sont arrêtés. Les autres parviennent à s'esquiver.
Acte III : Salon chez les Aubrais
Tout le monde a rejoint son domicile, même Hubert et son père qui ont été relâchés. Les maris sont furieux du comportement de leurs épouses. On s'en sortira par une pirouette : Suzanne était au Moulin rouge pour y chercher et remettre dans le droit chemin des brebis égarées. Rose persuade Charencey qu'elle en faisait de même. Les maris se contentent de ces explications. René épousera Jacqueline. Mais chacun espère bien continuer en secret sa vie dissolue.
Distribution
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| Rôles (VF/VO) | Voix |
|---|---|
| Susanne Fleuron | soprano |
| Pomarel, parfumeur et mari de Suzanne Fleuron |
baryton |
| René Boislurette René Wildhagen |
ténor |
| Le baron des Aubrais Le baron Conrad von Felseneck |
basse |
| Delphine des Aubrais , sa femme Clementine von Felseneck |
contralto |
| Jacqueline des Aubrais , leur fille Pauline von Felseneck |
soprano |
| Hubert des Aubrais , leur fils Paul von Felseneck |
ténor |
| Le professeur Charencey Le professeur Hintzmeyer |
baryton |
| Rose, sa femme Rosa |
contralto |
| Alexis, maître d'hôtel au Moulin-Rouge Krause, maître d'hôtel au Palais de danse |
baryton |
| Un policier | baryton |
| Une servante | soprano |
| Professeurs, étudiants, police, invités, etc. | |
Numéros musicaux
Acte I :
- Ensemble « Chère baronne » - Delphine, Jacqueline et chœur
- Entrée et lied « Voici venir le vainqueur » - Jacqueline, Delphine, des Aubrais et chœur
- Duo « C'est bien vrai tout ce qu’on raconte » - Jacqueline, René
- Entrée-duo « Qui nous voit passer tous les deux » - Suzanne, Pomarel
- Trio « Le jour, c'est un enfer bruyant » - Suzanne, René, Hubert
- Final I « Ah quel bonheur » - Tous les personnages et chœur
Acte II
- Introduction « Dansons, chantons » - Ensemble et chœur
- Couplets « Être maître d’hôtel » - Alexis
- Lied « C'est mon début » - Hubert
- Duo « Le petit est fort à mon goût » - Suzanne, Hubert
- Lied « Allons, mes belles » - René
- Ensemble « Ici, ma fille ? » - Suzanne, Jacqueline, Rose, René, Hubert, des Aubrais
- Final II « Des fiançailles ! » - Tous les personnages et chœur
Acte III
- Mélodrame
- Trio-marche « Ayant rôti plus d'un balai » - René, Hubert, des Aubrais
- Quatuor « Suzy ! Suzon ! » - Suzanne, René, Hubert, des Aubrais
- Duo « Au fond d'une courette » - Suzanne, des Aubrais
- Ensemble final « Quand le père avec le fils se met à nocer » - Tous les personnages et chœur
Autour de l’œuvre
Le titre est un clin d’œil à l'épisode biblique Suzanne et les Vieillards.
Adaptations cinématographiques
L'opérette a été adaptée à de nombreuses reprises au cinéma :
- La Chaste Suzanne (Die keusche Susanne), film allemand muet de Richard Eichberg d'après l'opérette homonyme, sorti en 1926 ;
- La Chaste Suzanne, film français d'André Berthomieu d'après l'opérette homonyme, sorti en 1937 ;
- La P'tite Femme du Moulin-Rouge (La casta Susana), film argentin de Benito Perojo sorti en 1944 ;
- La Chaste Suzanne (La Casta Susana), film hispano-français de Luis César Amadori d'après l'opérette homonyme, sorti en 1963.
Références
Liens externes
- Ressource relative à la musique :
- La Chaste Suzanne sur Théâtre Musical - Opérette
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