La Commune (journal)
| La Commune | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | française |
| Fondateur | Félix Pyat |
| Date de fondation | 20 septembre 1880 |
| Date du dernier numéro | Novembre 1880 |
La Commune est un journal français d'orientation socialiste et républicaine fondé en 1880 par Félix Pyat.
Histoire
Après son retour d'exil, Félix Pyat lance, le 20 septembre 1880[1], en compagnie d'anciens communards comme Gustave Paul Cluseret et Charles Ferdinand Gambon, et avec Maurice Lachâtre comme gérant, le journal La Commune. Dès son premier numéro, la rédaction écrit dans un article :
« Le but de la République française est certainement Gambetta ; le but de la Paix, Grévy. Le but de la Commune est la Commune, c'est-à-dire France aux français, République aux républicains, le produit aux producteurs. Nous reprenons donc notre place dans le rang pour la lutte finale du droit contre la force, saluant nos amis, défiant nos ennemis, avec notre drapeau non tricolore, non retour de Berlin, mais ressuscité de ses cendres comme l'Hôtel de ville »[2].
Souhaitant se placer dans l'héritage de la Commune de Paris et de la tradition républicaine française, Pyat va dénoncer « la collaboration masquée » de Ferdinand Lassalle et de Karl Marx avec Bismarck et dénoncer les « pseudo-socialistes d'outre-Rhin » (allemands) comme Karl Liebknecht, « politicien dont les palinodies ne se comptent plus »[3]. Dans un article daté du 7 octobre, Émile Gautier va quant à lui écrire sur « la boutique de socialisme autoritaire Karl Marx, Liebknecht, Bismarck et Cie » et assimiler le marxisme à une « Eglise » qui considère comme un « sacrilège » le fait d'être réfractaire à sa doctrine et qui se permet de prononcer des « excommunication majeure avec toutes les conséquences des exécutions pontificales ». Il cite en exemple les « anathèmes » de Lafargue à l'adresse du citoyen Serraux, rédacteur en chef de la Révolution sociale, et du fait que les « gendres et émissaires » de Marx se fâchent, il y voit la preuve « qu'ils ont tort »[4]. Le journal va également s'attaquer au Parti ouvrier français (POF) en lui reprochant la mollesse (« minimunards ») de son programme[3].
La rédaction du journal ouvrira une souscription pour offrir un pistolet d'honneur à Antoni Berezowski, responsable d'une tentative d'assassinat sur l'empereur russe Alexandre II, et une autre plaidant pour la destruction du Sacré-Cœur[3], édifice construit pour « expier les crimes des communards »[5].
L'article de Pyat célébrant l'acte de Berezowski lui vaut une condamnation à deux mois de prison et le journal disparaît en novembre 1880. Félix Pyat continue son activité dans La Marseillaise puis dans La Commune libre[6] à partir d'août 1881.
Collaborateurs
- Félix Pyat
- Gustave Paul Cluseret
- Jean Baptiste Clément
- Léo Melliet
- Pierre Vésinier
- Charles Ferdinand Gambon
- Eugène Protot
- Émile Gautier
Notes et références
- ↑ Alexandre Zévaès, « Notes d'histoire socialiste », La Nouvelle revue, , p. 174 (lire en ligne)
- ↑ « La Commune », Le Petit Caporal, , p. 2 (lire en ligne)
- Alexandre Zévaès, De l'introduction du marxisme en France, Paris, M. Rivière et Cie, 1947, page 137., Paris, M. Rivière et Cie, (lire en ligne), p. 137
- ↑ Maurice Dommanget, L'introduction du Marxisme en France, Lausanne, Rencontre, (lire en ligne), p. 159-160
- ↑ En action de grâces et en expiation des « crimes de la Commune », s'élèvera de 1876 à 1886 la « Basilique du vœu national du Sacré-Cœur de Montmartre », dont le projet, cautionné par Pie IX, approuvé par l'Assemblée et déclaré d'utilité publique, est financé par les offrandes des fidèles. dans l'ouvrage de Jean Favier, Paris : deux mille ans d'histoire, 1997.
- ↑ Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècl, Paris, Administration du grand Dictionnaire universel, 1866-1890 (lire en ligne), p. 1749
Bibliographie
- Alexandre Zévaès, De l'introduction du marxisme en France, Paris, M. Rivière et Cie, 1947, page 137.
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