La Croix de Cazenac

La Croix de Cazenac
Série
Scénario Pierre Boisserie
Éric Stalner
Dessin Éric Stalner (T1 à T10)
Siro (T9 à T10)
Couleurs Isabelle Merlet
Christian Favrelle
Jean-Jacques Chagnaud
Genre(s) Espionnage

Thèmes Espionnage, Chamanisme
Personnages principaux Henri, Étienne et Louise Cazenac
Époque de l’action XXe siècle

Pays Drapeau de la France France
Langue originale Français
Éditeur Dargaud
Première publication
Format Couleur
Nombre d’albums 10

La Croix de Cazenac est une série de bande dessinée publiée par Dargaud.

L'action, une aventure sur fond d'espionnage et de chamanisme, nous entraîne dans l'Europe agitée de la Première Guerre mondiale.

Synopsis

Cycle de l'Ours

1914, dans le sud-ouest de la France. Henri Cazenac, officier géographe des colonies, retrouve la demeure familiale et Étienne, son jeune frère qui se destine à la prêtrise. C’est un bel été, l’atmosphère est à l’insouciance, et on parle surtout de la saison qui s’annonce exceptionnelle pour le bordeaux. Bien sûr, la révolution menace à Moscou et la situation européenne est tendue. Mais le , c’est l’étincelle : l’archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo. Ensuite, tout se précipite. Le , c’est la mobilisation générale. Et le au matin, le facteur apporte un sinistre colis contenant ce qui reste de Henri Cazenac : la croix qu’il portait sur lui et un morceau de papier brûlé où sont inscrits les mots " soixante cible ". Cazenac traquait un traître qui vendait des renseignements aux allemands et il a été tué. Aussitôt, Étienne s’enrôle et rejoint le front. Étienne Cazenac est rentré chez lui, hanté par ce qu'il a enduré dans les tranchées. Pourtant il accepte d'accompagner la belle Louise dans une mission d'espionnage sur le front russe. Il reste persuadé que son frère Henri est vivant quelque part en Russie, là où a commencé l'histoire des Cazenac. Il se retrouve au coeur d'une sombre machination ourdie par le colonel Valois, chef du contre-espionnage, et le commandant russe Léparsky, qui fait partie des milieux révolutionnaires. Maintenant, tout le monde - y compris Henri, revenu d'entre les morts - se retrouve dans un train en route pour la Sibérie. La fameuse croix de Cazenac est toujours entre les mains d’Étienne et l'ignoble Valois veut la récupérer à n'importe quel prix : elle sert à ouvrir une porte de pierre derrière laquelle est caché un trésor dans la cité Baba Yaga, au coeur des montagnes de Sibérie.

Cycle du Loup

Octobre 1915. Étienne, après son initiation en Sibérie, revient sur le front combattre l’ennemi allemand et ses propres démons, toujours présents. Refusant un destin lourd à porter, il décide d’affronter le présent, tentant d’oublier cette bête en sommeil qui le hante. Il va croiser sur sa route un Baron suisse nommé Von Straufenberg, étrange et inquiétant personnage qui semble travailler pour le camp allemand. Mais Von Straufenberg, véritable loup carnassier prêt à sauter sur sa victime, semble surtout désireux d’affronter Étienne. Sa première rencontre avec le Loup von Strauffenberg laisse à Étienne un arrière-goût de défaite et de malaise. Le capitaine Fabien gravement blessé par le baron n’a dû sa survie qu’à la magnanimité de ce dernier. Un cadeau pour l’Ours de la part du Loup, pour le convaincre de le rallier à sa cause et de laisser définitivement parler la bête en lui. Sorti de ce guêpier, Étienne rejoint le front et remplace Fabien à la tête de sa division. C’est lors d’une visite à ce dernier dans un hôpital de campagne, qu’Étienne se rend compte que ses pouvoirs de chaman ont augmenté et qu’il est à présent capable de soulager la douleur... Mais il doit répondre à une convocation de l’état-major qui le réclame à Paris. C’est son frère, Henri, qui fait appel à lui et à ses extraordinaires facultés pour servir dans les services secrets. Proposition d’autant plus intéressante qu’elle lui permettrait de travailler avec la femme et "plus proche collaboratrice" d’Henri, Louise, pour qui Étienne ressent toujours un sentiment très fort. Pendant ce temps von Strauffenberg prépare une réunion secrète dans le but de réunir assez d’argent pour stopper la guerre. Mais son objectif n’a rien d’altruiste. Il ne fait qu’avancer ses pions pour qu’à la fin, seuls les plus forts survivent. En laissant derrière lui Louise et Étienne, Henri sait qu’il va devoir affronter von Straufenberg. Mais il sait surtout qu’il va devoir s’affronter lui-même, surmonter ses propres démons. Le Loup contre l’Ours, le bien contre le mal ? Mais pendant ce temps la guerre fait toujours rage et les grandes puissances européennes et américaines se livrent à une féroce bataille sur le front et sur les champs de bataille.

Cycle du Tigre

Port de Marseille, 1917. Henri et Étienne Cazenac s’apprêtent à embarquer pour Le Caire. Toujours au service du contre-espionnage français, ils ont pour mission de faire le tri et de se débarrasser des officiers anti-français qui veulent obtenir une révision des accords Sykes-Picot. Signés en 1916, ces accords prévoient, à la fin de la guerre, le partage du monde arabe en deux zones d’influence : l’une française et l’autre anglaise. Les deux frères cherchent à faire pencher la balance du côté français, car sous ces terres se trouve le pétrole, véritable enjeu économique du vingtième siècle. Deux rencontres successives réveillent leur brouille. Tout d’abord la mise en garde d’Imélovitch, le gourou chaman d’Étienne, qui recommande à celui-ci la plus grande prudence. Puis les deux frères croisent Louise, femme d’Henri et amante d’Étienne, également en mission sous une fausse identité ! Son objectif est de compromettre un officier britannique en l’incitant à acheter au marché noir des antiquités égyptiennes protégées. Étienne et Imélovitch tentent d’échapper aux griffes des Anglais dans les rues du Caire pendant que Henri et Louise ont déjà été faits prisonniers et emmenés au QG anglais. Le deal est clair : Henri livre le nom des espions français qui opèrent au Moyen-Orient, échappant ainsi à la torture.

Cycle de l'Aigle

Avant de mourir, Nicolas Imélovitch, alias le Tigre, a apporté une double révélation à Étienne. Il est un chaman comme lui et sa soeur est en fait la mère d’Étienne. Elle vit en Amérique et elle serait liée à la dernière croix, la croix de l'Aigle ! Séparé de Fabien, Louise et de son frère Henri, Étienne se rend en Amérique, plus proche que jamais de son destin. Etienne arrive au bout de son périple et découvre le secret qui entoure sa famille, les Cazenac. Devenu un agent du FBI, il remonte la piste d’un vaste trafic d’alcool et arrive à un entrepôt où il a la surprise de rencontrer son ami Fabien et son ancienne maîtresse Louise, épouse de son frère Henri, tous deux espions des services secrets français. Étienne apprend d’elle que cela fait maintenant un an qu’Henri a été assassiné au cours d’une mission, justement dans cet entrepôt. Après une nuit très arrosée en compagnie de Louise et de Fabien, à la fois pour fêter les retrouvailles et faire son deuil, Étienne fait la connaissance du jeune Victorien, fils de son défunt frère. A la tête des trafiquants d’alcool, il retrouve Wolf qui, en fait, n’a pas succombé au combat qui l’avait opposé à Étienne une quinzaine d’année plus tôt. Ce dernier est ravi de revoir surgir cet ennemi, dont il avait complètement perdu la trace. Il organise alors l’enlèvement de Victorien, pour en faire un appât. C’est alors qu’Étienne découvre que Victorien est en fait son propre fils, qui a probablement hérité de ses pouvoirs ancestraux.

Personnages

  • Henri Cazenac : officier géographe des colonies, déclaré mort au combat en 1914; sa croix et un morceau de papier brûlé où sont inscrits les mots soixante cible sont remis à la famille.
  • Étienne Cazenac : l'Ours, le frère cadet d'Henri, promis à la prêtrise, mais qui s’enrôle et rejoint le front pour comprendre ce qui est arrivé à son frère.
  • Louise Cazenac : espionne et femme d'Henri; Étienne est amoureux d'elle.
  • Colonel Valois : il voue une haine farouche aux Cazenac et veut s'emparer de leurs croix et de leur trésor.
  • Commandant Stépan Borissovitch Léparsky : officier Russe faisant partie des milieux révolutionnaires.
  • Baron Von Straufenberg : le chaman Loup, surnommé Némésis, il tue pour le plaisir. Pour lui, seuls les puissants survivront.
  • Nicolas Imélovitch : le chaman Tigre qui a initié l'Ours et le Loup, qui demande à Étienne de mourir dans la dignité, au combat, de la main d'un autre chaman.
  • Victorien Cazenac : fils d'Henri et Louis, qui s'avère finalement être le fils d’Étienne.
  • La mère d'Étienne : l'Aigle, d’origine yakoute et sœur de Nicolas Imélovitch.

Albums

Cycle de l'Ours

Cycle du Loup

Cycle du Tigre

Cycle de l'Aigle

Auteurs

Pierre Boisserie est un scénariste de bande dessinée français. Il a notamment scénarisé Dantès et Voyageur.

Éric Stalner est un dessinateur de bande dessinée français. En complément de La Croix de Cazenac, il a aussi travaillé avec Pierre Boisserie sur Voyageur.

Siro est un dessinateur de bande dessinée français. Il a notamment dessiné Polka et 3 tomes d'Aquablue.

Analyse

La Croix de Cazenac est tout d'abord une bande dessinée historique avec des intrigues politico-militaires. Les personnages se débattent entre les conflits militaires et leurs états d’âmes sur fond de mensonges, de trahisons, de contre-espionnage et de résistance. Une fois les pouvoirs d’Étienne révélés, la série prend un tournant où le fantastique est plus présent. La première guerre mondiale devient alors un simple décor de fond. Mais le fond du mystère reste entier : pouvoirs chamaniques, liens entre les Cazenac et leur croix ?

Pour le Cycle du Tigre, Pierre Boisserie déplace son intrigue en Égypte et parvient à insérer naturellement ses personnages fictifs dans l’Histoire réelle. La rivalité fraternelle entre Henri et Étienne couve toujours sous l’action et le personnage d’Étienne gagne en maturité. Le fil conducteur de la série reste cette croix familiale et les affrontements entre possesseurs de ces croix est programmé pour qu’il n’en reste qu’un qui puisse accéder au sanctuaire de Baba Yaga.

Le dernier cycle se déroule aux États-Unis[11] et prend des allures de polar dans les paysages mythiques d’Arizona et les ruelles de New York à une époque (1927) où la prohibition bat son plein.

Accueil critique

Lors de la sortie de l'intégrale du Cycle de l'Ours, le site bédéphile Planète BD ne s’enthousiasme pas et regrette le nombre important de mystères et de conjectures rendant l'histoire complexe[12]. La tournure fantastique que prend l'histoire en début du Cycle du Loup rend perplexe ce même site qui souligne que « le récit hésite perpétuellement entre l'aventure et le fantastique »[13]. La sortie du tome 5 ne fait pas changer d'avis le site qui indique que « la crédibilité des personnages en a pris un sacré coup et l’intérêt de la série va en décroissant »[14]. Enfin, à la sortie du tome 6 qui clôt le Cycle du Loup, le site bédéphile retient un cycle fort décevant[15].

Le Cycle du Tigre fait réagir Planète BD qui, cette fois-ci, apprécie le retour de la série sur les ingrédients originels de l’espionnage et de l’action tout en s’installant définitivement dans le genre fantastique. Le site apprécie les « intrigues diplomatiques, poursuites dans la vieille ville, équipées amoureuses, manipulations d’identités et trafics divers » et souligne le « Le superbe dessin d’Eric Stalner »[16]. Un autre site bédéphile Actua BD confirme en indiquant que le tome 7 suscite un regain d’intérêt et que « la carte du dépaysement total, en déplaçant son intrigue en Afrique du Nord, relance la série, d’autant plus que le scénariste délaisse dans cet album le chamanisme au profit de la géopolitique du début du vingtième siècle »[17].

La sortie du tome 9, début du Cycle de l'Aigle, ne provoque pas de critique particulière. Le site Actua BD précise que Éric Stalner a confié l’encrage de son dessin à Siro et que « le graphisme s’en trouve légèrement modifié sans pour autant que cela soit dérangeant »[18]. Les avis sont partagés lors de la sortie du tome 10 qui clôt la série. D'un côté, le site Actua BD indique une conclusion décevante en soulignant que Pierre Boisseri « ne propose pas le combat attendu entre l’aigle et l’ours, les croix y sont devenues un élément plus que secondaire et la conclusion sur trois pages, déconnectée du reste de l’album, n’apporte rien de plus que le sentiment d’une fin bâclée »[19]. De l'autre côté, le site Planète BD retient que « Pierre Boisserie et Eric Stalner, arrivent à proposer une fin intéressante, qui ne laisse absolument pas un arrière-goût de « tout ça pour ça » » et termine sa critique en soulignant que la fin est concluante et bien menée[20].

Notes et références

  1. « T1-L'Ours », sur sceneario.com,
  2. « T2-L’Ange endormi », sur sceneario.com,
  3. « T3-Le Sang de mon père », sur sceneario.com,
  4. « T4-Némésis », sur sceneario.com,
  5. « T5-La Marque du loup », sur sceneario.com,
  6. « T6-Ni dieux ni bêtes », sur sceneario.com,
  7. « T7-Les Espions du Caire », sur sceneario.com,
  8. « T8-La Mort du Tigre », sur sceneario.com,
  9. « T9-L'Ennemi », sur sceneario.com,
  10. « T10-La Dernière Croix », sur sceneario.com,
  11. « La Croix de Cazenac - T9 : L’ennemi », sur auracan.com (consulté le )
  12. « La croix de Cazenac (intégrale cycle de l'ours) », sur planetebd.com,
  13. « La croix de Cazenac T4 Nemesis », sur planetebd.com,
  14. « La croix de Cazenac T5 La marque du loup », sur planetebd.com,
  15. « La croix de Cazenac T6 Ni dieux, ni bêtes », sur planetebd.com,
  16. « La croix de Cazenac T7 Les Espions du Caire », sur planetebd.com,
  17. « La Croix de Cazenac - T7 : Les Espions du Caire », sur actuabd.com,
  18. « La Croix de Cazenac - T9 : L’ennemi », sur actuabd.com,
  19. « La Croix de Cazenac – T10 : La dernière Croix », sur actuabd.com,
  20. « La croix de Cazenac T10 La dernière croix », sur planetebd.com,

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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