La Danse de l'almée

| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type | |
| Matériau |
huile sur panneau de bois |
| Dimensions (H × L) |
50 × 81 cm |
| Mouvement | |
| No d’inventaire |
1951.15 |
| Localisation |
La Danse de l'almée est une peinture à l'huile sur panneau de bois réalisée en 1863 par l'artiste français Jean-Léon Gérôme. Elle représente une danseuse du ventre accompagnée de musiciens, sous le regard de bachi-bouzouks. Stylistiquement, l'œuvre reflète l'orientalisme en vogue à l'époque ainsi que le réalisme caractéristique de nombreuses compositions de Gérôme. Présentée au Salon de 1864 à Paris, elle suscite des réserves de la part de critiques qui la jugent « immorale ». Elle est conservée au Dayton Art Institute, dans l'Ohio à la suite d'un don de M. Robert Badenhop[1].
L'œuvre représente une almée, danseuse orientale se produisant dans un café égyptien à l'atmosphère sombre. Porteuse de bracelets et de boucles d'oreille, elle tient dans ses mains deux paires de sagattes. À droite, un groupe de trois musiciens l'accompagne, jouant de la vièle rebab, du tambour (vraisemblablement une derbouka à fût de céramique), et une petite flûte droite ; en arrière et dans une semi-obscurité sont deux personnages dont au moins un semble être aussi un musicien, jouant du nay, tandis que l'autre pourrait être penché sur un grand kanoun de table, non visible. À gauche se tient un groupe de bachi-bouzouks albanais assis, reconnaissables à leurs bonnets et aux armes glissées à leur ceinture, captivés par le spectacle. Le nombril de la danseuse est au centre de la composition et son large ventre dénudé est particulièrement mis en valeur par la lumière du tableau[2].
Son buste est presque nu ; elle porte un gilet doré entrouvert, laissant apparaître une gaze transparente couvrant partiellement sa poitrine. Elle fléchit le torse, les bras écartés, le bassin orienté vers le spectateur. Les postures affaissées des soldats ont été interprétées comme l'illustration d'une conception européenne contemporaine selon laquelle l'épuisement physique reflète une dissipation morale : l'homme vertueux est alors censé conserver assez d'énergie pour conserver la maîtrise de son corps et éviter la négligence.
L'œuvre peut être perçue comme un exemple d'orientalisme séduisant, parfois jugé facile, auquel Gérôme est souvent associé. Toutefois, elle se distingue par une attention minutieuse portée aux physionomies, aux costumes et aux armes des soldats. D'une grande virtuosité technique et d'une précision quasi photographique, la peinture s'inscrit dans une démarche mêlant ambition descriptive et construction artistique. Elle reflète les représentations et les stéréotypes véhiculés par une Europe coloniale se percevant comme supérieure. Le tableau est également connu sous le titre alternatif La Danse du ventre. Bien que la scène soit présentée comme une observation ethnographique, elle relève en grande partie d'une construction élaborée répondant au goût du public européen du XIXe siècle pour l'exotisme oriental. Une esquisse, annotée Almée du Caire, 1863, a été conservée. En principe, cette danse orientale n'aurait pas pu être observée par Gérôme lors de son voyage en Égypte, car elles avaient été interdites au Caire dès 1834, dans un souci moral[3].
Le tableau, de format horizontal, mesure 50 × 81 cm et est signé en haut à gauche, au-dessus d'un panier suspendu.
-
Esquisse pour La Danse de l'almée. -

-
L’Almée.
Notes et références
- G. M. Ackerman, Jean-Léon Gérôme, Londres, 1986, p. 266 à 269.
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Portail de la peinture
- Portail du Second Empire
- Portail des années 1860
- Portail de la danse
- Portail de l’Ohio