La Femme rompue

La Femme rompue
Auteur Simone de Beauvoir
Pays France
Genre Recueil de nouvelles
Éditeur Gallimard
Date de parution
Nombre de pages 256

La Femme rompue est un recueil de trois nouvelles de Simone de Beauvoir publié en aux éditions Gallimard.

Résumé

L’Âge de discrétion

Dans « L’âge de discrétion », le personnage principal est une intellectuelle dans la soixantaine. Au début, elle se montre comme une femme sûre avec des convictions fortes. Cependant, elle devient de moins en moins sûre d’elle-même lorsqu’elle éprouve des difficultés dans le domaine familial et professionnel. Elle sent qu’elle n’arrive pas à communiquer comme avant avec son époux et se sent trahie quand son fils se choisit une voie contre ses volontés. Dans le domaine professionnel aussi, elle éprouve l’échec de son dernier livre. En approchant de la vieillesse, elle est menée à remettre sa vie et son avenir en question.

Monologue

« Monologue » est en fait le monologue enragé d’une femme. Elle a ses idées au sujet de sa personne et de la vie qu’elle mérite mais la réalité est décevante. Sa fille s’est suicidée, elle a perdu la garde de son fils, elle est divorcée, et elle n’a pas de relations satisfaisantes avec sa mère. Elle est révoltée et en colère contre ces personnes et la société tout entière qui ne lui accorde que peu de valeur et de respect.

La Femme rompue

Nouvelle homonyme au recueil, elle prend la forme du journal intime de Monique. Monique est une femme au foyer qui a tout misé sur son couple et sa fonction de mère. Ses filles la quittent devenues adultes et elle s’angoisse du fait que son mari semble s’éloigner d’elle. Elle apprend soudainement que son mari, Maurice, la trompe avec une femme plus jeune, et qu’il lui est infidèle depuis huit ans. Suivant les conseils de son amie, elle essaie d’être compréhensive envers la situation. À la fin, c’est à travers l’écriture de son journal intime qu’elle essaie de comprendre la situation.

Nouvelle inédite

Simone de Beauvoir a écrit la nouvelle Malentendu à Moscou en 1965-1967, une histoire avec des éléments autobiographiques concernant un couple d'intellectuels engagés voyageant en URSS. Pourtant destinée au recueil, la nouvelle n'y figure pas, elle est publiée à titre posthume en 1992[1],[2].

Personnages principaux

Ce recueil met en scène trois femmes différentes, toutes en pleine crise existentielle. Dans L'âge de discrétion, le personnage principal une intellectuelle dans la soixantaine. Elle est politisée avec des fortes opinions jusqu’à se montrer trop intransigeante pour ses proches. Dans Le monologue, c’est une femme qui a perdu ses liens familiaux, qui est en rage contre la société. Dans La Femme rompue, Monique est surtout une mère de famille dévouée et une épouse modèle. C’est une femme qui valorise les relations humaines et remplit tant les besoins des autres qu’elle n’arrive pas à comprendre ce qu’est sa vie à elle sans ses fonctions relationnelles.

Analyse

« La Femme Rompue » prend la forme du journal intime. Il décrit comment une femme d’âge moyen perd sa confiance en soi et sa joie après qu’elle réalisant que son mari trompe avec une jeune femme. Au début du journal, la protagoniste, Monique, décrit comment sa vie a tourné autour de ses enfants et son mari. Elle est triste que ses filles deviennent adultes, mais elle trouve le bonheur dans sa liberté retrouvée, en disant « ma liberté me rajeunit de vingt ans »[3]. Elle a passé les vingt dernières années en gardant ses filles, y compris faire les taches domestiques et offrant du soutien émotionnel à son mari Maurice. Elle a confiance en soi et en sa mariage, et elle a de l’espoir pour l’avenir[4]. Mais peu de temps après qu’elle a projeter ce qu’elle va faire avec sa nouvelle liberté, Maurice dit qu’elle doit « prendre un travail »[3]. En général, le mari de Monique la considère comme acquis. Maurice ne comprend pas que le travail de mère est si éprouvant qu’elle n’avait pas la possibilité de « vivre… un peu pour [elle] »[3].  L’entrée après, on commence à voir un second thème principal du livre : la tension entre le désir de Monique de vivre pour elle, et sa tendance de penser aux autres. Elle est rapidement obsédée sur la santé de sa fille Collette, qui se tombe malade, et sur la sécurité de Marguerite, une jeune fille dans les circonstances difficiles.

Pendant que Monique se stressant sur la sante des deux jeunes filles, son mari revient de son voyage. Elle fait remarque qu’il ne passe plus de temps avec elle, mais il lui demande de la patience. Monique s'en veut pour la distance entre soi et son mari ; elle dit qu’elle était « trop occupée des petites, » qu’elle « n’était[t] pas disponible que Maurice pouvait le souhaiter »[3]. Un troisième thème du livre est la manipulation psychologiquement de Monique par son mari. Après qu’il a admis de tromper avec Noellie, une jeune femme, Maurice culpabilise Monique. L’image de soi de Monique se détériorer, et elle se rend obséder avec l’idée de retrouver son mari. En situation de crise, Monique appelle son amie Isabelle. Isabelle la conseille d’avoir de la patience. Elle dit qu’il est naturel que Maurice « ait voulu une aventure »[3]. Ces conseils sont répétés par les autres amies de Monique. Les affirmations donnent du confort à Monique, mais elle ne peut pas les suivre. Plusieurs fois, elle dit qu’elle va avoir plus de patience avec Maurice, dans l’espoir qu’il va reconnaitre que Monique est la seule femme pour lui. Mais rapidement, Monique se rendent en colère que Maurice passe plus de temps avec Noellie qu’avec Monique. En fait, Monique utilise ses amis pour trouve de l’information sur Noellie, ce qui Maurice met en colère. Masochistement, elle essai de voir Maurice et Noellie ensemble, ce qui elle rend plus déprimé. Le journal continue de suivre les émotions fluctuant de Monique pendant qu’elle gère à l’infidélité de Maurice. Les temps entres les entrées deviennent plus grands comme Monique souffrant plus de troubles mentaux et émotionnels. À la fin, Monique partir de Maurice pour voir ses enfants. En se faisant, elle se rendre compte qu’elle se concentre totalement sur les émotions des autres et jamais aux siennes. Cependant, elle n’a rendu ni Maurice ni leurs enfants heureux[4]. En fait, son manque de responsabilité pour sa propre liberté a tendu ses rapports avec ses enfants et ses amies. 

« La Femme Rompue, » comme les autres histoires dans « L’Âge de Discrétion, » est caractérise par le regard féminin. Selon Ophir, le problème « irréductible » qui est présente dans « La Femme Rompue » encourage les lectrices de se voir dans l’histoire [5]. Même si toutes les lectrices n’ont pas été victimes de tromperie, il est probable que tout le monde connait au moins une personne qui a expérience quelque chose proche a celle de Monique. Les émotions authentiques que Beauvoir communique dans « La Femme Rompue » reflète en même temps la réalité de la tromperie pour les deux sexes, et les problèmes avec la capacité des femmes de réagir à l’infidélité de leurs maris. Monique n’a pas un travail dehors la maison, donc elle n’a pas de la liberté bilancielle. Ses conseilleurs lui encouragent de rester dans une situation qui lui rend déprime et fâchée, ce qui soulevé la question de la responsabilité. En particulier, on peut demander si Monique est responsable pour son manque d’independence, ou si on doit accuser la société pour lui convaincre qu’elle doit être « patiente » et soumise pour survivre. Beauvoir offre de l’espoir dans la fin du livre, quand Lucienne (une fille de Monique) dit à sa mère : « tu es française, très soft comme on dit ici »[3]. Lucienne représente la génération jeune, qui se rendre compte de les rôles rigides et oppressives des femmes dans la société française. Lucienne, en impliquant qu’elle ne suit pas les mêmes habitudes de sa mère, démontrent comment la génération de jeunes femmes changent les rôles des sexes dans la société.

L’histoire de Monique représentent aussi le mouvement de Beauvoir d’écrire sur la vieillesse [6]. On commence l’histoire dans une moment de changement dans la vie de Monique ; ses filles partent de la maison et elle se rend compte que son mari sa trompe avec une plus jeune fille. Elle fait face aux crises de but et de son image de soi. En ce qui concerne le but de sa vie, Monique prend conscience qu’elle a plus de temps libres parce qu’elle ne doit plus garder les enfants. Cependant, elle se rend compte qu’elle n’a pas des projets personnels qui ne concentre pas sur son mari ou ses filles. Elle était étudiante en médicine, mais elle l’a laissé pour se fiancer avec Maurice. Sa vie était toute prise par son mariage et ses enfants, y compris ses amitiés. Sa tendance de focaliser sur les vies des autres peut être voir comme un mécanisme d’adaptation à son manque de direction dans son niveau étape de vie.

Le forme du livre est aussi importante pour la conception de l’histoire. On entend un seul point de vue, donc il est difficile de savoir si l’histoire est authentique. Anne Ophir fait des remarques sur le problème de l’objectivité dans « La Femme Rompue. » Elle souligne comment la tendance de Monique de décrit les émotions des autres, en particulier de Maurice, peut cacher la réalité de sa mariage troublée [5]. Le mythe que Monique présent de son mariage avant et après qu’elle a découvert l’infidélité de Maurice rend en question l’objectivité du journal[5]. Avant qu’elle découvrir que Maurice trompe, elle décrit l’amour passionnée et durable de son mariage, en particulier en décrivant le moment que Maurice partir en avion. Mais après qu’il admettre de tromper, elle questionne leur mariage en toute. Cependant, elle continue d’essayer d’interprète leur mariage comme idéale, car ce qui est « une fonction sécurisante »[5]. À l’avis d’Anne Ophir, ce constitue le mauvais foi[5]. Monique ne veut pas faire face à la réalité que son mariage est cassé. Elle « réagit » à la réalité et ne  « agit » pas sur la réalité[5]

« La Femme Rompue » était publié en forme serial dans « Elle » en 1967, ce qui lui rend une plus grande audience[7]. La collection des histoires compris « L’Âge de Discrétion, » « Monologue, » et « La Femme Rompue. » Beauvoir a écrit deux ouvres de fiction pendant sa carrière : « Les Belles Images » et « La femme rompue » [8]. Cependant, Beauvoir était déçue par les réactions des lectrices de « La Femme Rompue, » parce qu’ils imitaient fréquemment ceux de Monique[7]. Elles ne voient pas la mauvaise foi de Monique, un idée sur quoi Beauvoir s’est focalisée pendant sa carrière [9]. Il est clair que Monique est un narrateur peu fiable qui agit de mauvaise foi. Par exemple, les raisons que Monique donne pourquoi elle n’a pas pris un travail sont contradictoires[7]. Monique dit qu’elle voulait être accessible aux enfants, mais il est aussi impliqué qu’elle n’a pas le courage d’effectuer un travail dehors le maison [3]. Keefe propose que Monique utilise le travail de garder les enfants afin d’excuser son manque de courage[7]. Elle agit en mauvaise foi en ne pas accepter sa propre faiblesse.

En même temps que Monique agit en mauvaise foi, on peut dire que Noellie est authentique. La nature de Noellie est similaire a celle de Brigitte Bardot. Beauvoir a décrit l’érotisme de Bardot comme « agressif »[10]. Elle prend ce qu’elle veut, et elle n’a pas honte de ses désirs. Noellie veut sortir avec Maurice, donc elle le fait. Elle n’a pas honte de casser un mariage ou de nuire à sa réputation. Son érotisme, comme celle de Bardot, vient partiellement de son authenticité. En avoir démontré que Noellie est authentique mais Monique agit en mauvaise foi, on est amené à demander si Maurice est authentique. D’une part, il poursuivit sa satisfaction sexuelle sans honte. Mais est-ce qu’il veut vraiment rester avec Monique ? Il est difficile de savoir si Maurice est authentique parce que la voix de Monique est peu fiable. Il est possible que Maurice veuille partir Monique afin de se fiancer avec Noellie, mais il est aussi possible que son infidélité est temporaire.

Même si l’histoire est fictive, Beauvoir a intégré les thèmes de ses livres non romanesques dans « La Femme Rompue. » On voit ce parallèle dans la première phrase dans Chapitre IV « La Mère » de « Le Deuxième Sexe » : « c’est par la maternité que la femme accomplit intégralement son destin physiologique » [11]. Pour Monique, la maternité et les mariages sont les plus importants choses dans la vie. Elle priorise la santé de ses enfants sur ses propres rêves, et elle trouve beaucoup d’orgueil dans leur succès, parce qu’elle les voit comme une réflexion sur elle-même. Dans « Le Deuxième Sexe, » Beauvoir considère le rôle de femme dans la société en rapport avec celle de l’homme. Elle dit que « la femme elle-même reconnait que l’univers dans son ensemble est masculin, » y compris l’univers de la mariage[11]. Le monde de Monique est centralisé sur Maurice ; son état émotionnel dépend sur son traitement d’elle et si elle aperçut qu’il l’a préfère. Le mythe de la sexualité est aussi omniprésent dans « La Femme Rompue » et « Le Deuxième Sexe. » Au début, Monique et ses amies pensent que Maurice trompe avec Noellie à cause d’une attirance masculine a la nouveauté. La sexualité de Noellie est absorbée dans sa jeunesse et le mythe de la jeune séductrice. Monique pense que son âge et son manque d’énergie ou d’attractivité sexuelle est la raison pour l’infidélité de Maurice.  

La situation de Monique, dans la manière dont elle est présentée, reflète les thèmes du mouvement féministe. Les troubles émotionnels de Monique après qu’elle apprend l’infidélité de son mari coïncident (ou sont provoqués par) les douleurs physiques [4]. Trevalyan remarque que l’art féministe montre du corps féminin comme étrangère et hors de son contrôle[12]. Monique perd le contrôle de la vie conjugale aux mêmes temps qu’elle perd le contrôle de son corps. En particulier, elle souffre les issues menstruelles. Sa victimisation par son corps reflète qu’elle est toute victime ; victime de son mari, victime de Noellie, et victime de ses amies. On peut aussi dire que son manque de contrôle sur son corps rend-il impossible pour elle d’arriver à l’immanence. Elle ne peut pas faire ses propres projets parce qu’elle doit lutter contre son corps.

Éditions

  • La Femme rompue, Éditions Gallimard, 1967 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio » no 76, 1972 ; réédition, Gallimard, coll. « Folio » no 960, 1978

Adaptations

Le recueil est adapté au théâtre sous le titre La Femme rompue : monologue dans une mise en scène de Steve Suissa, avec Évelyne Bouix, au Théâtre de l'Atelier ; la première a lieu le ). Il est repris dans une mise en scène dHélène Fillières, avec Josiane Balasko, au théâtre Hébertot ; la première a lieu le ).

Pour la télévision deux téléfilms ont été réalisés : La Femme rompue (1978) de Josée Dayan ; et Le Monologue de la femme rompue (1988) de Jacques Doazan avec Françoise Lebrun.

L'actrice autrichienne Erika Pluhar a joué dans les années 1980 la pièce pour une seule femme Eine gebrochene Frau, soliloque de Monique, sous la direction de Margarethe Krajanek[13],[14].

Bibliographie

  • Lana Besirevic, La problématique de la société dans Les Belles Images et La Femme rompue de Simone de Beauvoir – une analyse du rôle de la société dans la vie des femmes des années 60 (Kandidatuppsats sous la direction de Christina Angelfors), Linnéuniversitetet, (lire en ligne).
  • (en) Suzanne Dow, « Simone de Beauvoir's "La femme rompue": Reception and Deception », The Modern Language Review, vol. 100, no 3,‎ , p. 632-644 (ISSN 0026-7937).

Notes et références

  1. Éric Levéel, « “Prochchaï Moskva”. Malentendu à Moscou. L’adieu de Simone de Beauvoir à l’Union soviétique ? », Viatica, no 9,‎ (lire en ligne)
  2. Terry Keefe, « “‘MALENTENDU À MOSCOU.’” », Simone de Beauvoir Studies, vol. 11,‎ , p. 30–41
  3. Simone de Beauvoir, La femme rompue, Gallimard, , 251 p.
  4. Lucy Stone McNeece, « La Langue brisée: Identity and Difference in de Beauvoir's La Femme rompue », French Forum, vol. 15, no 1,‎ , p. 73-92
  5. Anne Ophir, Regards Féminins, Paris, Denoel/Gonthier, , 235 p.
  6. Simone de Beauvoir, La Vieillesse, Editions Flammarion (ISBN 978-2070354085)
  7. Terry Keefe, Simone de Beauvoir, University of Glasgow French and German Publications,
  8. Suzanne Dow, « Simone de Beauvoir's "La femme rompue": Reception and Deception », The Modern Language Review, vol. 100, no 3,‎ , p. 632-644
  9. Terry Keefe, « Simone de Beauvoir and Sartre on Mauvaise Foi », French Studies, vol. 34, no 3,‎ , p. 300–314 (ISSN 0016-1128 et 1468-2931, DOI 10.1093/fs/xxxiv.3.300, lire en ligne, consulté le )
  10. Simone de Beauvoir, « Brigitte Bardot et le syndrome de Lolita », Esquire,‎ , p. 32-38
  11. Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, Gallimard, (ISBN 978-2070323524)
  12. Rebecca Trevalyan, « The Legacy of Simone de Beauvoir on Modern French Visual Art », Journal of International Women's Studied, vol. 14,‎
  13. (de) « Liechtensteiner Volksblatt: Liechtensteiner Volksblatt (1983) », sur -: Liechtensteiner Volksblatt (1983), -: - -., (consulté le )
  14. (de) « Erika Pluhar - Eine gebrochene Frau », sur Alte Oper Frankfurt (consulté le )
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