La Joie de lire (librairie)

La Joie de lire (librairie)
Vitrine de La Joie de lire en 1967 (source CRILJ[1]).
Présentation
Type
librairie
Nom complet
La Joie de lire
Fondation
Période
1957-1977
Démolition
Localisation
Commune
Adresse
Coordonnées
48° 51′ 09″ N, 2° 20′ 40″ E
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La Joie de lire (appelée parfois Librairie Maspero), est une librairie fondée à Paris en 1957 par François Maspero[2], fondateur des éditions Maspero, et fermée en 1977.

Histoire

La librairie de L’Escalier du 12 rue Monsieur-le-Prince en 2013.

Un héritage familial avait en 1955 permis à François Maspero d'acheter la librairie de L'Escalier, 12 rue Monsieur-le-Prince. Deux ans plus tard, en [3], il souhaite un local plus spacieux : avec son épouse Marie-Thérèse Maugis et deux amis, Jeanne Mercier et Georges Dupré, il reprend une librairie située au 40 de la rue Saint-Séverin[4] appelée La Joie de lire[5], et qui, au Quartier latin, devient au fil du temps un point de rendez-vous de plusieurs générations militantes, son engagement « clairement à gauche de la gauche »[2] reflétant celui de Maspero. Dès les premiers temps de la guerre d'Algérie, ses rayons présentent ouvrages et journaux interdits, moyennant de fréquentes descentes de police et des attentats répétés qui font de Maspero « l'homme le plus plastiqué de France »[2],[6],[7].

Libraire engagé depuis quatre ans, il lance sa maison d'édition le [3] sous le nom des éditions Maspero, et publie Frantz Fanon, réédite Paul Nizan, et conteste « l'ossification stalinienne » du Parti communiste. Après mai 68, la fréquentation de la librairie s'accroît. Une seconde boutique est ouverte à Montpellier d'où est originaire une partie de la famille Maspero[8].

Des premières difficultés surgissent en [3], et Maspero lance en l'« Association des amis de François Maspero », animée notamment par le géographe Yves Lacoste et le psychanalyste Alain Manier ; il tente de trouver des associés, et place Claude Nedjar et Bernard Lallement comme gérants[7]. Maspero annonce qu'il souhaite vendre ses libraries le , et la vente devient effective en décembre[3]. Le repreneur se révèle insolvable en  : retour à la case départ, l'opération commerciale donne lieu à un procès pour escroquerie[2],[3].

Fin 1975, les librairies de Maspero font de nouveau face à de graves difficultés financières. Des tentatives sont faites pour éponger une dette accumulée, évaluée à 2 millions de francs. Un comité de soutien est organisé, entre autres via André Glucksman, qui organise des débats au sein de la librairie afin de sensibiliser le public[8].

La librairie est en définitive rachetée par Jean-Edern Hallier le , qui jette l'éponge le [9].

Bibliographie

  • De nombreuses scènes ont été tournées en 1970 par Chris Marker, pour son documentaire On vous parle de Paris : François Maspéro. Les mots ont un sens, 20 min, N&B, 16 mm, produit par ISKRA[10],[11].
  • François Legrand, Souvenirs de Paris : Hauts-lieux disparus, Parigramme, (ISBN 9782840968764)
  • Jean-Yves Mollier, « Les tentations de la censure entre l'État et le marché », dans Où va le livre ?, La Dispute, coll. « États des lieux », 2007-2008, p. 117 : « La génération soixante-huitarde [y] avait appris à lire les révoltes des humiliés de la terre ».

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ « Les cailloux blancs (2) », site du CRILJ.
  2. Legrand 2013.
  3. Pascal Fouché, Chronologie de l'édition française depuis 1900, moteur de recherche en ligne.
  4. ↑ Voir l’encadré publicitaire inséré dans le bimensuel Le Courrier de l’étudiant, n°28 du 15 mai 1946, page 8, en bas de la colonne 4 — sur Gallica — consulté le 1er novembre 2025.
  5. ↑ Mollier 2007.
  6. ↑ Papavero 2025.
  7. Julien Hage, « Maspero, François », in: Le Maitron. Dictionnaire biographique, 16 juillet 2012.
  8. « Sauver " la joie de lire "... », in: Le Monde, Paris, 5 novembre 1975.
  9. ↑ Paul Morelle, « Jean-Edern Hallier ferme " La joie de lire " », in: Le Monde, Paris, 30 mars 1977.
  10. ↑ Les mots ont un sens, notice sur derives.tv
  11. ↑ Notice œuvre, base IMDB.
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