La Ligne verte (film)

La Ligne verte
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Logo original du film.
Titre original The Green Mile
Réalisation Frank Darabont
Scénario Frank Darabont
Musique Thomas Newman
Acteurs principaux Tom Hanks
Michael Clarke Duncan
Sociétés de production Castle Rock Entertainment
Darkwood Productions
Warner Bros.
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame, policier, fantastique
Durée 188 minutes
Sortie 1999

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

La Ligne verte (The Green Mile) est un film américain écrit et réalisé par Frank Darabont, sorti en 1999.

Il s'agit d'une adaptation cinématographique du roman-feuilleton du même nom de Stephen King.

Synopsis

En 1996, Paul Edgecomb, précédemment gardien-chef d'un pénitencier en Louisiane dans les années 1930, est dans une maison de retraite. Il se trouve être bouleversé un soir lors d'une diffusion télévisée d'un film de cette époque, Top Hat. A une amie qui lui demande pourquoi, il revient sur l'affaire John Coffey — ce grand Noir condamné à mort pour le viol et le meurtre, en mai 1935, de deux fillettes — qui défraya la chronique de l'époque.

Le pénitencier où se déroule l'action s'appelle le Cold Mountain. Paul, âgé à l'époque d'une quarantaine d'années, travaille dans le Bloc E. Les condamnés à la chaise électrique y passent leurs derniers jours. Le bloc en question, d'une taille relativement modeste, est surnommé par les agents la « Ligne verte », en référence à la couleur du sol du couloir. Quatre agents travaillent en ces lieux depuis longtemps. Il s'agit de Brutus Howell dit « Brutal » (le plus massif des quatre) ; de Harry Terwilliger (le plus âgé d'entre eux) ; de Dean Stanton (le plus jeune des quatre) et de Paul Edgecomb lui-même, le plus gradé. Ces quatre agents s'estiment et se respectent. Ensemble, ils tiennent à ce que les prisonniers jouissent d'un environnement paisible et humain avant leur exécution (principalement pour éviter de gérer des crises de nerfs ou de terreur). Un cinquième agent, Percy Wetmore, fraîchement débarqué parmi eux, est parti chercher un nouvel arrivant pour le couloir de la mort. Ce détenu est John Coffey.

La Louisiane, comme tant d'autres États du Sud américain, est alors ségrégationniste. L'empathie inter-raciale était véritablement loin d'être commune, surtout à propos d'une position d'autorité aussi manifestement décalée qu'entre un gardien de prison et un prisonnier. Par ailleurs, la Grande Dépression s'est abattue sur tout le territoire donc les esprits sont à cran partout et pas seulement dans les prisons.

Le jour d'arrivée de John Coffey, à la mi-, les gardiens sont surpris par sa taille particulièrement importante, lui qui est un colosse de plus de deux mètres et à la carrure large. Les chevilles du détenu sont tenus par une chaîne, ses mains également. L'homme est malmené par Wetmore qui s'est occupé de brailler à tue-tête diverses insultes à son égard, pour s'assurer que tous aux environs aient connaissance de l'arrivée de Coffey et surtout de sa prochaine mise à mort. Il est flagrant que le nouvel agent prend plaisir à être en position d'autorité, surtout pour se mettre en avant, et qu'il a une certaine propension à la vantardise. L'exécution du nouveau détenu est prévue pour le .

John Coffey s'exprime avec lenteur et application. On peut remarquer qu'il ne cherche pas le conflit et qu'il est d'une grande sensibilité, déclarant aux quatre gardiens séniors qu'il a une terreur de l'obscurité. Apprenant de Paul que la lumière reste allumée dans les lieux, même la nuit, le détenu lui demande de pouvoir lui serrer la main. Paul accepte[1]. les quatre agents présents depuis longtemps sont impressionnés qu'au fond de ce géant se cache une âme enfantine d'une extrême candeur. Cela est d'autant plus intriguant que le libellé de son dossier, lu en détail par Paul, est plus que sanglant et barbare.

Une souris fait son apparition peu de temps après l'arrivée de John Coffey. Sans que l'on comprenne d'où vient le rongeur, ni où il se cache (si ce n'est qu'il passe dans une pièce utilisée comme débarras où il n'y a aucune trace de lui quand le local est vidé consciencieusement par les quatre gardiens principaux), le petit animal sera désormais considéré comme un nouvel arrivant. Il y a une bienveillance manifeste de la part des quatre anciens surveillants pour cette souris, considérée comme une distraction bienvenue pour eux-mêmes comme pour les détenus. La petite bête est nourrie et nul ne la chasse ou lui tend de piège. Lorsque quelques jours plus tard Percy Wetmore rencontre la souris, il veut l'écraser à tout prix. Dans sa crise de nerfs, il va vider le local-débarras sans parvenir à la retrouver. Lorsque l'un des détenus, Edouard Delacroix, ricane de la déconvenue du jeune gardien, ce dernier utilise sa matraque pour lui donner sans sommation un grand coup sur sa main qu'il avait laissée en partie sortie à travers les barreaux. Cette action lui casse trois doigts.

Mais ni Paul ni Hal Moores, le directeur du pénitencier, ne peuvent agir contre Wetmore car dès cette plainte ils découvrent qu'il est « protégé » par sa famille, en particulier par sa tante qui est l'épouse du gouverneur de Louisiane. Wetmore, plus que conscient de cette protection, n'a de cesse de railler tous ceux qui l'entourent, surveillants comme détenus, se percevant (ce qui est malheureusement exact) comme intouchable.

L'un des détenus va ensuite être mené à sa mort. Il s'agit d'Arlen Bitterbuck, natif des Peuples Premiers (il est d'ascendance indienne). La veille, la procédure de gestion de la mise à mort est alors décrite en détail au jeune arrivant Wetmore. Tout lui est décrit, que ce soit le rôle de chaque gardien et la façon de procéder. Lorsque Bitterbuck décède, la souris refait son apparition entre les bras du prisonnier Édouard Delacroix. Ce détenu qui la considère à présent comme son animal de compagnie et la nomme Mister Jingle. Il lui apprend avec joie divers tours de cirque, dont le fait de faire revenir une bobine de fil en la poussant devant elle.

Paul et son équipe vont chercher un prisonnier particulièrement dangereux, William Wharton — qui se surnomme lui-même Billy the Kid —. C'est un condamné à la peine de mort pour le meurtre de trois personnes, dont une femme enceinte, dans un braquage. Par une forme de prescience, John Coffey perçoit un danger à venir et averti Paul Edgcombe, qui cependant ne l'écoute pas. Quand Wharton est pris en charge par les gardiens Dean Stanton et Harry Terwilliger, il est sous une apparence léthargique, probablement drogué par une forte dose de calmants. En réalité cet homme simule. En arrivant dans le bloc E, il va se jeter sournoisement sur le gardien Stanton pour l'étrangler en utilisant sa chaîne de menottes. Alors que Percy, près de la porte d'entrée, pourrait maîtriser William Wharton en utilisant sa matraque, il ne fait rien. Il est de toute évidence tétanisé par une profonde lâcheté. Heureusement, les autres gardiens font preuve de plus de volonté d'action que lui. Unissant leurs forces ils réussissent finalement à délivrer leur collègue et à maîtriser le nouveau venu grâce au gardien qui est le plus fort physiquement parmi les quatre anciens, Brutus Howell dit « Brutal ». Cependant chaque gardien a été blessé. Paul, touché à l'entrejambe pendant la bagarre, cache aux autres l'étendue des dégâts subits. Il s'effondre au sol lorsque Wharton et les autres gardiens partent du bloc pour se rendre à l'infirmerie.

Cela fait déjà longtemps que Paul souffre d'une infection urinaire qui, non seulement le fait terriblement souffrir, mais en plus met à mal sa vie sexuelle avec sa femme. Cette blessure reçue pendant le combat est au-delà de la douleur pour lui. John va le soigner d'une manière miraculeuse. Ayant tout vu de l'arrivée mouvementée de Wharton et des blessures diverses subies par les gardiens, le colosse fait s'approcher Paul puis l'empoigne violemment à travers les barreaux. John pose sa main sur son entrejambe très douloureuse. Une ampoule scintille derrière le géant, comme un signe physique d'une grande puissance électrique aux environs, puis brille d'un vif éclat d'or. Le détenu régurgite ensuite le « mal » sous forme d'une étrange nuée de moucherons noirs se transformant en poussière. Profondément perplexe devant cette action, Paul, silencieux, va ensuite aux toilettes. Il est enchanté de voir qu'il peut de nouveau uriner normalement. De retour chez lui le gardien est tout autant ravi de ne plus avoir de panne sexuelle. Il ne décrit à personne ce qu'il s'est passé, ce qu'il a vu ni ce que cela a produit.

Quelques jours après, Wharton attrape la jeune recrue Wetmore, profitant que celui-ci passe trop près des barreaux de sa cellule, et le menace de viol. Percy est profondément troublé par la certitude manifeste qu'à le détenu d'arriver à ses fins. Il a tellement peur qu'il en mouille son pantalon sous le regard éberlué de ses collègues et les railleries de Wharton. Profitant de sa position grâce à ses relations, Percy les menace alors de tous les faire renvoyer s'ils ébruitent ce qu'il s'est passé. Les quatre gardiens lui assurent pourtant que « ce qui se fait au bloc E reste au bloc E ».

La compagne de Paul, une fois avertie de l'explication miraculeuse du retour de libido de son époux, va faire offrir à John du pain de maïs. Delacroix et sa souris en recevront une part. Wharton, qui hurle et braille pour en obtenir aussi, n'en recevra rien et terminera trempé au jet d'eau puis envoyé dans le local-débarras dans une camisole de force (en représailles d'avoir uriné sur « Brutal »). Recommençant après coup à s'en prendre à ce gardien, qu'il souille de chocolat craché sur sa figure, Wharton retournera dans ce local mais cela ne le calme pas grandement, habitué qu'il est à être imprévisible.

Wetmore va un jour parvenir à écraser la souris Mister Jingle qui courait dans le couloir pour rattraper sa bobine de fil. Le jeune blanc-bec est envoyé ailleurs (dans la salle qui sert pour les exécutions) par les autres gardiens qui fulminent de cet acte qui fait fondre en larmes Delacroix. Wetmore ne voit donc pas que John ressuscite l'animal écrasé, qui, dans ses mains, reprend vie entouré par une intense lumière d'or. Les gardiens et Delacroix sont époustouflés par cet acte miraculeux et remercient le colosse pour sa bonté. Paul fait ensuite jurer à Wetmore de demander sa mutation à l'hôpital psychiatrique de Briar Ridge dans un poste administratif. Il n'accepte que s'il peut diriger la prochaine exécution.

Paul va se rendre chez l'avocat commis d'office qui s'est occupé du procès de John Coffey. Avec effarement, le gardien de prison va comprendre que cet homme, parfaitement convaincu de la culpabilité du géant, n'a cherché en rien à le défendre véritablement allant de fait à l'encontre de son propre serment d'avocat. Il va jusqu'à faire une comparaison raciste entre un chien qui a attaqué et mordu au visage son propre fils qui en est depuis éborgné ; et John Coffey. Il déverse diverses paroles racistes particulièrement infamantes.

Lors de l'exécution de Delacroix qui se produit le surlendemain, Percy prend donc les commandes. Poussé par sa méchanceté perverse, alors qu'il sait pertinemment que l'éponge qu'on pose habituellement sur le crâne des condamnés doit obligatoirement être trempée (afin que la décharge électrique aille directement au cerveau et les tue le plus rapidement possible), il s'abstient de plonger l'éponge dans le seau. Delacroix hurle sans discontinuer sous l'atroce souffrance. Prenant feu dans sa cagoule carbonisée, il ne rend l'âme qu'après de longues minutes d'une torture inhumaine. Cet acte odieux provoque la terreur, le dégoût et l'indignation des témoins civils de l'exécution qui vont se précipiter vers la sortie en panique. Les collègues gardiens sont outrés par la fin de vie de Delacroix. John, du fait de ses pouvoirs, a ressenti en direct toute la souffrance du supplicié, ce qui a fait exploser des ampoules dans le couloir.

Lorsque le corps carbonisé du détenu a été descendu et placé sur un lit de métal dans ce qui sert de morgue, Wetmore ment aux gardiens et au chef de l'établissement pénitentiaire, Hal Moores, arrivé en trombe. Le blanc-bec (qui n'est cru par personne) prétend d'un air sarcastique et faussement navré « qu'il ne savait pas qu'il fallait mouiller l'éponge ». Il se trouve sommé d'aller à Briar Ridge au plus vite et reçoit au passage un coup de poing dans la figure par Brutal qui n'en pouvait plus de devoir se contenir.

La maladie de la femme de Hal Moores met en péril de plus en plus sévèrement sa vie. Elle s'appelle Melinda et a une tumeur au cerveau qui altère son comportement. Elle peut délirer par intermittence, devenir obscène ou catatonique. C'est inopérable.

Après un repas pris chez lui avec ses amis gardiens, Paul a l'idée de proposer d'utiliser les pouvoirs de John Coffey pour la soigner. Les autres gardiens sont conscients du pouvoir magique du détenu mais prennent pour acquis les faits macabres et sanglants pour lesquels le géant a été condamné. Ce ne sera qu'accompagnés de leurs armes qu'ils accepteront l'idée du transfert secret, souhaitant se défendre du géant si nécessaire.

Paul entreprend alors d'emmener John de nuit dans la maison de leur patron, au chevet de Melinda. Avant de partir, William, le seul autre détenu, est drogué à son insu avec de la drogue forte pour le faire dormir puis il est caché sous un drap. Wetmore (qui refuse toujours d'aller à Briar Ridge) est placé dans la cellule de contention sanglé dans une camisole de force et bâillonné. Il s'agit à la fois de le punir pour les sévices subits par Delacroix et pour l'empêcher d'aller dénoncer ses camarades d'avoir libéré un condamné à mort. Dean Stanton, le plus jeune gardien, reste dans le Bloc E. Selon le scénario mis en place, ses autres collègues sont censés être ailleurs dans le pénitencier à lire les lettres de plaintes envoyées par les témoins de l’exécution précédente. Quant à Wharton, il est censé être dans la cellule de contention.

Après tout cela, John réussit à sortir de prison et à être emmené jusqu'au chevet de Melinda. Le géant guérit cette dame sous les yeux de son mari. Ayant perçu « le chemin du retour à la santé » grâce à Coffey, elle lui offre un médaillon en argent représentant Saint Christophe (lui-même patron des voyageurs).

Ayant conservé en lui le « mal » de la femme de Hal Moores, John le transmet à Percy après son retour en prison. Ce dernier perd alors totalement la tête et abat sauvagement Wharton de plusieurs balles de son arme de service. Maîtrisé par ses collègues, Percy finit par recracher le « mal » mais reste mutique et apathique.

Effaré par cette action, Paul demande pourquoi. C'est que juste avant cette expédition, Wharton a attrapé le géant par le bras à travers ses barreaux et ce contact permis à ce dernier la révélation suivante : c'est Wharton le coupable du double viol et assassinat pour lequel lui-même, Coffey, a été condamné. Forçant le gardien-chef à avoir accès aux souvenirs reçus, Coffey, en larmes, lui avoue « Il [Wharton] les a tuées par leur amour... Leur amour de sœurs... » La présence de Coffey près des deux petites victimes fut « suffisant » pour être déclaré coupable, lui qui n'a pourtant rien avoué. Son propre avocat, convaincu de sa culpabilité, ne chercha en rien à le défendre.

Wetmore restera toute sa vie dans un état catatonique et finira à l'hôpital psychiatrique de Briar Ridge, non pas en tant qu'employé comme prévu après l'exécution de Delacroix, mais en tant que patient, comme Wharton avant lui.

Paul ne peut se résoudre à l'idée d'exécuter John qu'il sait dorénavant innocent de manière indubitable et qu'il considère comme le fils de Dieu de par les miracles qu'il peut faire. Le gardien-chef est hanté par l'idée du jugement dernier, le jour au cours duquel il devra rendre compte de ses propres actes. La veille de l'exécution, Paul et ses collègues demandent donc à John s'il veut qu'ils le fassent évader. Mais John refuse. Il déclare ressentir la haine de l'humanité depuis qu'il est petit, ce qui lui provoque des effets semblables à « des bourdonnements d'abeilles » ou des « bouts de verre dans la tête » donc une souffrance physique et morale atroce. Il pense que seule la mort peut le délivrer de ces maux.

Brutal lui demande quand même ce qu'il voudrait qu'on fasse pour lui avant son exécution : John demande à voir un film car il n'en a jamais vu auparavant. Paul et les gardiens l'emmènent donc dans une salle de cinéma pour aller voir le film Top Hat. Ça sera le dernier grand moment de joie innocente pour John.

Sur la chaise électrique, le détenu refuse la cagoule que l'on pose sur la tête des condamnés car il a peur du noir. Paul accepte cette dernière volonté et lui serre une dernière fois la main (celui-ci lui dit d'ailleurs par télépathie que « c'est comme ça partout dans le monde »). Tous les gardes ont les larmes aux yeux quand John quitte ce monde. Paul et ses collègues du bloc E n'accepteront plus jamais de tenir le rôle de bourreau. Paul et Brutal démissionnent et demandent leur mutation dans une maison pour jeunes délinquants, préférant dorénavant éduquer les enfants plutôt que d'avoir à les exécuter une fois devenus criminels.

Paul a maintenant 108 ans et est toujours en excellente santé — ce qui est présenté comme un effet secondaire du contact avec John Coffey — et vit dans la maison de retraite Pines Georgia où il se lie d'amitié avec une patiente du nom d'Elaine. Un jour, Paul décide de lui en apprendre plus sur sa vie. Il l'emmène dans une cabane perdue dans les bois et lui montre Mister Jingle, qui est encore vivant lui aussi, la souris étant restée nichée dans une boîte de cigares pendant plus de 60 ans.

Paul : « Si la souris a pu vivre aussi longtemps, combien d'années faudra-t-il que j'attende ? Nous sommes tous promis à la mort, tous sans exception, mais pour certains, parfois, la Ligne verte semble bien longue. »

Paul n'a plus qu'à patienter que son heure vienne, tout en se demandant combien de temps il peut encore vivre.

Fiche technique

Distribution

Sources et légende : Version française (VF) sur AlloDoublage[3]. Version québécoise (VQ) sur Doublage Québec[4]

Production

Genèse et développement

Le projet de La Ligne verte naît d'une conversation téléphonique entre Stephen King et Frank Darabont qui avaient déjà collaboré ensemble sur Les Évadés. L'auteur raconte l'histoire, très brève sur le moment, au réalisateur qui se montre immédiatement intéressé. Mais Stephen King doit d'abord écrire l'histoire. Prenant exemple sur les séries de Charles Dickens, King décide de publier La Ligne verte en six épisodes. En découvrant le premier épisode, intitulé The Two Dead Girls (Deux petites filles mortes en français), Frank Darabont est conquis et commence à plancher sur le scénario. Mais il doit attendre de lire les autres livres que Stephen King écrit au fur et à mesure. En tout, Frank Darabont passe huit semaines à écrire le script.

Bien que peu d'éléments soient supprimés, le scénario présente des différences par rapport au roman :

  • Dans le livre, l'histoire se déroule en 1932 ; dans le film, cela se passe en 1935[5].
  • Les noms des prisonniers diffèrent parfois.
  • Le moment où John Coffey soigne l'infection urinaire de Paul Edgecomb : dans le livre, John demande à Paul de venir dans sa cellule s'asseoir et Paul le fait ; dans le film John attrape Paul et le plaque contre les barreaux de sa cellule.
  • Dans le livre, Burt Hammersmith est un journaliste qui a couvert le procès de John Coffey ; dans le film, il est son avocat (probablement commis d'office)[5].
  • Dans le livre, Paul enquête sur le cas de John Coffey et y découvre de nombreux faits prouvant son innocence.
  • Le moment où Percy Wetmore tue de plusieurs balles William Wharton : dans le livre, il est dit que Wharton est allongé sur son lit, endormi à cause des puissants somnifères donnés quelques heures plus tôt par Paul ; dans le film, celui-ci a une conversation avec Percy avant qu'il ne le tue.
  • Dans le livre, John Coffey demande en guise de dernier repas un pain de viande avec de la sauce, de la purée, des gombos et une tarte aux pêches préparée par Jan Edgecomb, la femme de Paul ; dans le film, il demande un pain de maïs préparé par Jan Edgecomb à la place de la tarte aux pêches. Dans la version française du film, il demande un bon ragoût à la place du pain de viande[5].
  • Dans le film, Brutus Howell et Paul Edgecomb sont avec John Coffey quand celui-ci annonce son envie de mourir. Dans le livre, c'est Paul Edgecomb qui l'annonce à Brutus Howell.
  • Dans le film, Paul Edgecomb dit à sa femme qu'il a fait des choses dont il n'est pas fier, mais qu'il a peur d'aller en enfer s'il tue John. Dans le livre, c'est Brutus Howell qui tient presque le même discours à Paul.
  • La scène où John Coffey regarde un film n'est pas présente dans le livre[5].
  • Dans le film, Paul Edgecomb dirige l'exécution de John, mais ne parvient pas à donner l'ordre, au point que Brutus doit l'y contraindre. Dans le livre, c'est exactement l'inverse, avec cette différence que Paul finit par donner l'ordre vu le silence de Brutus.
  • Dans le livre, Paul a 104 ans lorsqu'il raconte son histoire à Elaine. Dans le film, il en a 108[5].
  • La fin est également différente (le livre contient des informations supplémentaires sur la vie de Paul avant la maison de retraite, et une scène concernant Mister Jingle vieillissant).

Choix des interprètes

Dès l'écriture du scénario, Frank Darabont pense directement à Tom Hanks pour incarner le gardien-chef Paul Edgecomb, jugeant que le personnage est parfait pour l'acteur.

Le rôle de John Coffey est à l'inverse plus difficile à trouver lorsque Frank Darabont reçoit un appel de Bruce Willis qui lui propose alors Michael Clarke Duncan avec qui il vient de tourner Armageddon. Pour préparer son rôle, Duncan suit des séances de coaching pour donner à Coffey l'âme d'un enfant de 5 ans.

Découvert à la télévision pour son rôle inquiétant d'Eugene Tooms dans deux épisodes de la série X-Files : Aux frontières du réel, Doug Hutchison obtient ici son premier rôle important avec celui du sadique Percy Wetmore.

Tom Hanks retrouve Gary Sinise, après avoir joué avec lui dans Forrest Gump puis Apollo 13, mais aussi Barry Pepper après Il faut sauver le soldat Ryan.

Pas moins de quinze souris ont été utilisées pour donner vie à Mister Jingle dans le film. Dressées par le coach animalier Boone Narr, chaque spécimen possède sa caractéristique : une pour courir ; une pour tenir la bobine ; une pour s'arrêter au pied d'un personnage ; une pour longer les bras d'Edouard Delacroix d'une main à l'autre ; une pour attraper la nourriture... L'une d'elles a dû subir des maquillages pour incarner Mister Jingle âgé à la fin du film.

À l'origine, Tom Hanks devait également assurer les scènes de Paul Edgecomb centenaire. Bien que les essais maquillage fussent concluants, l'acteur ne se sentait pas à l'aise en devant jouer en présence de véritables personnes âgées. Finalement le rôle est confié à l'acteur Dabbs Greer, âgé en réalité de 81 ans. Ce sera son tout dernier film avant son décès en 2007.

Tournage

Le film est tourné de à . La plupart des extérieurs sont filmés dans le Tennessee, notamment à Shelbyville, Buffalo Valley (en) ou encore à Columbia. D'autres séquences sont filmées en Caroline du Nord, entre autres dans les montagnes Blue Ridge.

La façade de la prison du film est celle de l'ancienne prison d'État du Tennessee située à Nashville[6] qui fut autrefois un choix rejeté par Frank Darabont et le producteur David Valdes pour Les Évadés.

Si le tournage se déroule bien dans l'ensemble, Frank Darabont rencontre de petits soucis techniques : Alors que la ligne verte est construite avec du Linoleum, des opérateurs caméra se mettent à visser leur matériel sur cette ligne. Ne souhaitant pas l'abîmer, Darabont demande à ce qu'elle soit réparée puis repeinte. Finalement les cadreurs trouvent la solution en utilisant des sacs de sable.

De son côté, Michael Clarke Duncan parvient difficilement à jouer la scène où Coffey hurle en serrant les deux filles mortes dans ses bras avant d'être découvert par une cinquantaine d'hommes (dont le père des deux fillettes). L'acteur était réellement effrayé par les figurants armés de fusils.

Pour dégager une réelle amitié entre son personnage et Mister Jingle, Michael Jeter (Edouard Delacroix) passe beaucoup de temps à s'entraîner avec les souris afin de parfaire son jeu devant la caméra. À l'inverse, les autres acteurs ne sont pas très à l'aise chaque fois qu'ils doivent prendre les souris dans leurs mains. En effet celles-ci n'arrêtent pas de faire leurs besoins naturels, particulièrement dans les mains de Michael Clarke Duncan où chacune urinait.

Lorsque Sam Rockwell joue la scène où Wharton emmène les deux petites filles en les menaçant, l'une des figurantes a fondu en larmes, apeurée par le jeu de l'acteur. Celui-ci a dû la rassurer une fois la prise coupée.

Enfin l'actrice Patricia Clarkson, qui joue le rôle de Melinda Moores, est très frustrée de devoir rester allongée dans le lit le temps de ses prises pour simuler une agonie.

Effets visuels

Malgré sa grande taille (1,96 m), Michael Clarke Duncan ne paraît pas suffisamment imposant pour le personnage de John Coffey qui mesure 2,13 m. Outre quelques angles de caméra bien précis, l'acteur joue la plupart de ses prises sur des estrades dont une longeant entièrement la ligne verte pour l'arrivée de Coffey dans sa cellule. Pour la séquence de la découverte de Coffey serrant les corps des deux fillettes, des mannequins à format réduit sont construits pour créer une impression d'immensité du personnage. Il en est de même pour la chaise électrique dont un format réduit est construit pour l'exécution de Coffey.

Le passage où Mister Jingle fait rouler la bobine était irréalisable avec la souris seule. De ce fait, la bobine est reliée à un chariot de travelling puis roulée en avant. La souris crée l'illusion en tentant en fait de passer par-dessus.

Le plan où Mister Jingle court puis se fait écraser par le pied de Percy (un passage qui suscite la polémique auprès du public) est en fait réalisé en deux plans joints. S'il s'agît d'une vraie souris qui court, elle est remplacée numériquement par une souris en caoutchouc au moment de passer sous le pied du gardien.

Les séquences où Coffey crache des insectes a été un vrai défi. Réalisés par Industrial Light & Magic (compagnie d'effets spéciaux créée par George Lucas), les insectes sont de vagues formes géométriques qui finissent par disparaître sur l'image. La seconde crachée de Coffey (après avoir ramené Mister Jingle à la vie) a été réalisée en deux plans reliés numériquement, la caméra ne pouvant traverser les barreaux de la cellule.

Pour l'exécution spectaculaire d'Edouard Delacroix, un mannequin en fibre de verre est conçu avec des câbles reliés aux articulations. Ainsi la scène est filmée en deux temps : Michael Jeter assure lui-même les premiers plans puis est remplacé par le mannequin à partir du moment où le personnage prend feu.

Accueil

Accueil critique

Il a reçu un accueil critique favorable, recueillant 80 % de critiques positives, avec une note moyenne de 6,8⁄10 et sur la base de 132 critiques collectées, sur le site internet Rotten Tomatoes[7]. Il obtient un score de 61⁄100, sur la base de 36 critiques, sur Metacritic[8]. En France, les critiques ont été plus mitigées. Côté positif, Le Figaroscope évoque « un plaidoyer pour l'amour et la compréhension des autres », L'Écran fantastique « une étonnante chronique humaniste », Le Parisien souligne « l'excellence de l'interprétation », et Le Nouvel Observateur que « l'émotion est au rendez-vous ». Côté négatif, les Cahiers du cinéma trouvent le film « écœurant au plus haut point », Première évoque « une fable christique qui s'avère longuement ridicule » et Télérama regrette que le réalisateur ne remette jamais en question la peine de mort[9]. En France, il a une bonne appréciation sur le site spécialisé Allociné, qu'il a toujours dans les années 2020, lorsqu'il est deuxième du classement des 300 meilleurs films de tous les temps selon les avis des téléspectateurs sur la base cette fois de 66 910 avis collectés, derrière Forrest Gump et La liste de Schindler, et devant 12 hommes en colère, Le Parrain, Les évadés, Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, Le Roi lion, Vol au-dessus d'un nid de coucou et The Dark Knight, Le Chevalier Noir[10].

Le film figure dans le Top 250 du classement des meilleurs films de l'Internet Movie Database, basé sur les votes du public, avec une note moyenne de 8,4⁄10[11]. En 2008, le magazine Empire l'a classé à la 331e place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[12]. Le film est d'ailleurs 2e dans la liste des meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs sur Allociné.

Box-office

Le film a rapporté 286 801 374 $ au box-office mondial (dont 136 801 374 aux États-Unis), ce qui en faisait jusqu'à la sortie de Ça le plus grand succès commercial d'un film adapté d'une œuvre de Stephen King[2]. Il a attiré dans les salles de cinéma 1 714 080 spectateurs en France, 313 321 en Belgique et 279 969 en Suisse[13].

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
136 801 374 $ 22
Drapeau de la France France 1 714 080 entrées - -

Monde Total mondial 286 801 374 $ - -

Distinctions

Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database[14].

Récompenses

Nominations

Analyse

Morale

La Ligne verte décrit un univers étouffant et brutal où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de cette prison coupée du monde. Aux frontières du film noir, fantastique et traumatisant, ce film est aussi une brillante réflexion sur la peine de mort. Ce film, issu d'un roman-feuilleton de Stephen King édité en 1996, est différent de ses habituelles incursions dans l'horreur. Le film est régulièrement reconnu comme terriblement efficace et dérangeant par les critiques[15].

John Coffey est condamné à mort à tort : pour avoir été trouvé sur les lieux du crime, tenant dans ses bras le corps sans vie des deux fillettes (violées et assassinées), alors qu'il tentait en réalité de leur porter secours.

Impact du film

Le film La Ligne verte a eu un impact sur la peine de mort et le racisme. Il expose de manière poignante le racisme institutionnalisé et les préjugés de l'époque dénonçant les injustices et les inégalités qui persistent encore dans la société actuelle.  

Le personnage John Coffey, Afro-Américain et condamné à mort sans preuve pour le meurtre de deux jeunes filles blanches. « Voilà donc la pierre centrale du film qui est une dénonciation du racisme et de la peine de mort. »[16]

Sa condamnation à mort et le traitement qu'il subit en prison soulignent les injustices liées au racisme. Ce film a eu un impact profond en éveillant les consciences sur les questions du racisme et de la peine de mort.

La performance remarquable de Michael Clarke Duncan en tant que John Coffey apporte une humanité à ce personnage, suscitant la sympathie du public et remettant en question les stéréotypes raciaux. « Mais cela n’aura pas empêché l’interprète de « John Coffey » Michael Clarke Ducan de subir des actes racistes après sa mort. »[17]

L’art et en particulier le cinéma s’attache à dénoncer l’horreur de la peine capitale « Ainsi voit-on que les artistes se sont engagés depuis des siècles dans la dénonciation de la peine de mort »[18]. La Ligne verte invite le spectateur à remettre en question la moralité de la condamnation à mort. L'histoire met en lumière les failles du système judiciaire et souligne les conséquences tragiques de la précipitation dans le jugement.

La Ligne verte transcende son statut de simple divertissement pour devenir un catalyseur de réflexion sociale. Il a laissé une empreinte indélébile dans le monde du cinéma en contribuant au dialogue sur la discrimination raciale et la justice, faisant de lui bien plus qu'un film, mais une œuvre qui continue d'influencer les esprits et les cœurs des spectateurs

Erreurs

  • Le scénario présente un anachronisme : à l'époque où se déroule l'action (les années 1930), la Louisiane exécutait encore ses condamnés à mort par pendaison, la chaise électrique n'ayant été adoptée qu'en 1941 (voir l'article : Peine de mort en Louisiane).
  • Une autre incohérence apparait lorsque William Wharton retire la ceinture de sa taille, dans sa cellule : ce type d'accessoire est en principe confisqué lors de l'emprisonnement.

Faux raccords

  • Lorsque Harry et Dean sont assis au bureau central, avec Percy debout sur la gauche de l'image, Mister Jingle s'avance puis s'arrête juste devant le bureau pile sous le reflet du ciel. Par la suite, les deux mêmes gardiens tentent d'attirer la souris en lui lançant des morceaux de nourriture et celle-ci s'avance encore. Au moment où Percy tente de la tuer en jetant sa matraque, Mister Jingle apparaît exactement placé au milieu du reflet.
  • Lorsque Wharton crache sur Brutus tout le chocolat qu'il a mâché, le gardien se retrouve défiguré et son épaulette droite est elle-aussi salie. Peu après, au moment d'enfermer Wharton dans la cellule capitonnée, Brutus a toujours la figure sale mais son épaulette apparaît bien propre.
  • Dans la scène de l'exécution d'Edouard Delacroix, Percy ordonne de lancer la phase no 1 et l'électricien d'État fait allumer toutes les ampoules. Or celles-ci apparaissent déjà allumées quelques plans auparavant.
  • Lorsqu'Edgecomb et ses collègues arrivent à la maison du directeur en camionnette, transportant Coffey, la caméra effectue un petit travelling pour se resserrer sur les acteurs. En chemin, on peut apercevoir des techniciens du tournage dans le reflet des vitres du véhicule.
  • Lorsque John Coffey pénètre dans la chambre de Melinda, cette dernière apparaît couchée dans son lit avec la nuisette relevée et le drap recouvrant en partie sa jambe gauche. Au changement de plan, la nuisette est bien ajustée et le drap ne couvre plus la jambe gauche.
  • Lorsque les gardiens viennent chercher John Coffey pour son exécution, celui-ci est assis sur son lit puis se lève. En se mettant debout, un mouvement de jambe de Michael Clarke Duncan indique clairement que l'acteur monte sur une estrade pour paraître plus imposant face aux autres acteurs.

Références dans la culture populaire

Notes et références

  1. ↑ A l'insu du gardien-chef, cela permet à John Coffey de découvrir véritablement la personnalité de Paul ainsi que ses actes passés
  2. « (en) The Green Mile », Box Office Mojo
  3. ↑ « Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage, consulté le 26 novembre 2014
  4. ↑ « Fiche du doublage québécois du film » sur Doublage Québec, consulté le 26 novembre 2014
  5. Allyson Jouin-Claude, « La ligne verte : 7 différences entre le film et le livre de Stephen King », Le Figaro, (consulté le )
  6. ↑ (en) Nicole Chavez, « Tennessee State Prison where 'The Green Mile' and 'Walk the Line' were filmed was severely damaged by tornado », sur CNN, (consulté le )
  7. ↑ « (en) The Green Mile », Rotten Tomatoes
  8. ↑ « (en) The Green Mile », Metacritic
  9. ↑ « La Ligne verte - Critiques Presse », Allociné
  10. ↑ Classement des 300 meilleurs films de tous les temps sur le site Allociné [1]
  11. ↑ « La Ligne verte », Internet Movie Database
  12. ↑ (en) « The 500 Greatest Movies of All Time », Empire (consulté le )
  13. ↑ « La Ligne verte », Lumière (consulté le )
  14. ↑ « (en) Awards for La Ligne verte », Internet Movie Database
  15. ↑ « Avis sur le film La Ligne verte », sur Allociné (consulté le )
  16. ↑ « La Ligne verte a 20 ans : retour sur la meilleure adaptation d’une œuvre de Stephen King », sur www.warnerbros.fr, (consulté le )
  17. ↑ « Redécouvrez La Ligne verte un film touchant sur fond de racisme », sur RTBF (consulté le )
  18. ↑ Philippe Astruc, « Chapitre 4 - La peine de mort dans les arts : expression d’un militantisme abolitionniste permanent », revue scientifique,‎ (lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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