La Lupa (revue)
| La Lupa | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | italien |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Format | 60x43 cm |
| Fondateur | Paolo Orano |
| Date de fondation | 16 octobre 1910 |
| Date du dernier numéro | 8 octobre 1911 |
| Éditeur | Casa Editrice Italiana |
| Ville d’édition | Florence |
La Lupa (en français : La Louve ) était une revue hebdomadaire publiée à Florence, entre 1910 et 1911, par Paolo Orano.
Histoire
Le premier numéro de La Lupa paraît le [1],[2]. En introduction, le journal écrivait :
« La Lupa est une publication hebdomadaire dirigée par quelqu’un qui se trouve à égale distance de tous les points de l'échiquier politique, une publication hebdomadaire offrant une critique indépendante de l'ensemble des affaires italiennes et étrangères, une feuille de principes, sans préjugé envers ceux ayant des principes différents, pourvu qu'ils soient présentés avec franchise et sincérité »[3].
Orano était rédacteur en chef du magazine[4]. La Lupa défendait un nationalisme fondé sur l'énergie et la volonté[5] et soutenait la guerre en Libye contre l'Empire ottoman, la considérant comme une révolution[1]. Le magazine devint une tribune à la fois pour les syndicalistes révolutionnaires inspirés par Georges Sorel et pour les nationalistes antiparlementaires rattachés au concepts de la nation prolétarienne[5] développé par Enrico Corradini qui fut un des premiers contributeurs de la revue[5].
Héritage
Dans son ouvrage Rivoluzione delle camicie nere : lo stato totalitario (1939), Paolo Orano, alors fasciste convaincu, écrira au sujet de la revue :
« La négation de l'expansion coloniale devenait l'un des motifs les plus propagés et crus en Italie (…) L'histoire se vengerait un jour, en contraignant l'anticolonialiste Giolitti à l'entreprise libyenne. Mais en 1911, l'air avait déjà changé. Nous, syndicalistes, avions mené très loin l'œuvre de déventrement du socialisme de parti, et Pagine libere ainsi que La Lupa avaient déjà exercé une action rectificatrice dans le monde prolétarien, tandis que le mouvement nationaliste dirigé par Enrico Corradini entrait dans le vif de la polémique et de l'action.
Il est à noter que la volonté d'expansion coloniale a été l'une des premières causes de la différenciation profonde entre la légion des syndicalistes révolutionnaires et le socialisme officiel et électoraliste. Notre certitude d'accomplir une mission rénovatrice et vitale était renforcée par l'idée d'élargir la sphère sociale sur le terrain pratique du prolétariat, qui devait devenir l'héritier d'une richesse nationale, et non de l'apathie et de la misère de l'État et de la société bourgeoise. Dès ce moment, le socialisme — que je définissais alors comme « ennemi de la mer » et, parce qu'anticolonialiste, ennemi de l'intérêt social ouvrier proprement dit — nous apparut comme absolument inférieur et étranger à la vie italienne.
Nous revenions au patriotisme pur, à une conception nationale du travailleur, par opposition à l'internationalisme vide et ambigu des socialistes. Nous avons revu et ressenti dans notre prolétariat notre peuple, et la préoccupation, par ailleurs acritique, de l'intérêt prolétarien des « prolétaires du monde entier » nous quitta l'âme. Le monde redevenait, pour nous syndicalistes révolutionnaires, l'Italie. Et dans notre Lupa s'accomplit la fraternisation entre nationalistes et syndicalistes. La signature d'Enrico Corradini apparut aux côtés de celle de Paolo Orano dans le même numéro de ce périodique si cher à mon âme, né pour proclamer l'absolue nécessité de l'entreprise de Libye »[6].
Collaborateurs
- Alighiero Ciattini
- Enrico Corradini
- Arturo Labriola
- Robert Michels
- Tomaso Monicelli
- Angelo Oliviero Olivetti
- Giuseppe Sergi
- Georges Sorel
- Édouard Berth
- Libero Tancredi
- Paolo Mantica
- Antonio Renda
- Alfonso de Pietri-Tonelli
- Tullio Martello
- Francesco Arcà
- Teresa Labriola
- Francesco Arcà
- Teresa Labriola
- Charles Péguy
- Massimo Fovel
- Emilio Roncati
- Alberto Niceforo
- Nicola (ou Nicolo) Trevisonno
- Gustavo Magni
- Michele Giua
- Donna Paola (Paola Baronchelli-Grosson)
- Giovanni Borelli
- Alberto Caroncini
- Giovanni Diotallevi
- Filippo Galli
- Luigi Goglia
- Giuseppe Checchia
- Mario Missiroli
- Mario Rosazza
- Cesare Spellanzon
- Clarice Tartufari
- Filippo Virgilii
Notes et références
- (it) Cristiano Tedeschi, « Paolo Orano », L'Intellettuale Dissidente, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (it) « La Lupa. Settimanale diretto da Paolo Orano », Fondazione Modigliani (consulté le )
- ↑ Michele Battini, Socialism of Fools. Capitalism and Modern Anti-Semitism, Columbia University Press, (lire en ligne)
- ↑ David D. Roberts, The Syndicalist Tradition and Italian Fascism, Manchester, Manchester University Press, (ISBN 978-0-7190-0761-3, lire en ligne), p. 14
- Mark Antliff, « The Fourth Dimension and Futurism: A Politicized Space », The Art Bulletin, vol. 82, no 4, , p. 727 (DOI 10.2307/3051419, JSTOR 3051419)
- ↑ Paolo Orano, Il fascismo, vol. 2 : Rivoluzione delle camicie nere : lo stato totalitario, Roma, Casa editrice Pinciana, (lire en ligne)
- ↑ « La Lupa », sur Stampa nazionalista
- ↑ « LA LUPA. Circa 1910., ca. 1910 », sur artnet
- ↑ The Routledge Companion to Fascism and the Far Right, London; New York, Routledge, (ISBN 978-0-203-99472-6, lire en ligne
), 220
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