La Maja nue (film)
La Maja nue
Anthony Franciosa et Ava Gardner dans une scène du film.
| Titre original | The Naked Maja |
|---|---|
| Réalisation |
Henry Koster Mario Russo |
| Scénario |
Norman Corwin Albert Lewin Giorgio Prosperi |
| Acteurs principaux |
Ava Gardner Anthony Franciosa Amedeo Nazzari Gino Cervi |
| Sociétés de production |
SGC Titanus United Artists |
| Pays de production |
|
| Genre | Biopic, historique, drame |
| Durée | 111 minutes |
| Sortie | 1958 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
La Maja nue (The Naked Maja en anglais, La maja desnuda en italien) est un film franco-italo-américain co-réalisé par Henry Koster et Mario Russo, sorti en 1958.
Synopsis
En Espagne, à la fin du XVIIIe siècle, tandis que les armées napoléoniennes menacent le pays, le peintre Francisco de Goya accède à la reconnaissance de son art et fait la connaissance de la duchesse d'Albe. Cette femme libre et puissante devient son mécène, son modèle et sa maîtresse... Il la représente totalement nue dans un tableau intitulé La Maja Nue qui fait scandale et leur vaut des problèmes avec l'Inquisition.
Fiche technique
- Titre original : The Naked Maja
- Titre italien : La maja desnuda
- Titre français : La Maja nue[1]
- Réalisation : Henry Koster, Mario Russo[1], assisté de Paolo Cavara
- Scénario : Norman Corwin, Albert Lewin et Giorgio Prosperi d'après une histoire de Talbot Jennings et Oscar Saul
- Décors : Piero Filippone
- Costumes : Maria Baroni et Dario Cecchi
- Photographie : Giuseppe Rotunno
- Son : Mario Messina
- Montage : Mario Serandrei
- Musique : Angelo Francesco Lavagnino
- Chorégraphie : Alberto Lorca
- Producteurs : Silvio Clementelli, Goffredo Lombardo
- Sociétés de production : SGC (Société générale de cinématographie, France), Titanus (Italie), United Artists (États-Unis)
- Sociétés de distribution : United Artists (distributeur d'origine), MGM (France), Paramount Pictures (France)
- Pays de production :
États-Unis,
France,
Italie - Langue de tournage : anglais
- Format : 35 mm — couleur par Technicolor — 2.35:1 Technirama — son monophonique
- Genre : Biopic, historique et drame
- Durée : 111 minutes
- Dates de sortie :
- Italie :
- États-Unis :
- France : [1]
- Classification :
- France : classification CNC tous publics (visa d'exploitation no 21884 délivré le )
Distribution
- Ava Gardner (V.F : Nadine Alari) : Maria Cayetana, duchesse d'Albe
- Anthony Franciosa (V.F : Michel Le Royer) : Francisco de Goya
- Amedeo Nazzari (V.F : Georges Aminel) : le premier ministre Manuel Godoy
- Gino Cervi (V.F : Paul-Émile Deiber) : le roi Charles IV d'Espagne
- Lea Padovani (V.F : Jacqueline Porel) : la reine Marie-Louise
- Massimo Serato (V.F : Gabriel Cattand) : le comte Rodrigo Sanchez
- Carlo Rizzo (V.F : Michel Gudin) : Juanito
- Audrey McDonald : Anita
- Ivana Kislinger : Pepa
- Renzo Cesana (V.F : Gerard Ferat) : Bayeu
- Carlo Giustini : José
- Carmen Mora : la première ballerine
- Patrick Crean : Enrique
- Tonio Selwart (V.F : Jacques Berthier) : Aranda
- Erminio Spalla (V.F : Fernand Rauzena) :Rojas,l'aubergiste
- Peter Meersman (V.F : René Arrieu) :Docteur Peral
- Renata Mauro
Tournage
- Le projet du film est dû au départ à Albert Lewin, scénariste et réalisateur subtil et cultivé passionné d'histoire de l'art et de légendes anciennes, auteur d'une adaptation du Portrait de Dorian Gray et qui avait déjà associé Ava Gardner à un tableau mythique dans le film Pandora (1951). La réalisation lui échappe au profit d'Henry Koster, qui livrera un film plus classique et sage à la satisfaction des financeurs et producteurs mais décevant pour ceux qui attendaient plus qu'un joli drame hollywoodien en costumes. Le scénario prend de grandes libertés avec l'histoire mais offre une belle évocation de son sujet grâce aux images magnifiques du chef opérateur réputé Giuseppe Rotunno. Ava Gardner s'est impliquée dans l'écriture de son rôle et celui-ci la décrit peut-être plus elle-même que la véritable duchesse d'Albe en femme libre aimant à se mêler au peuple pour boire et danser, multipliant les amants et se montrant rebelle à la fois à l'égard des puissances politiques et de l'argent mais aussi de la morale religieuse. Elle sera déçue par le succès moyen du film. Agacée par la manière de jouer de son partenaire Anthony Franciosa, elle n'en sortait pas moins avec lui le soir pour écumer les bars, dancings et restaurants napolitains ou romains. En effet, Franco ayant refusé le tournage en Espagne, celui-ci a lieu en Italie dans la région de Naples ainsi que dans les salles et jardins de Caserte, le "Versailles napolitain", et à Cinecitta pour les intérieurs[2].
Autour du film
- La novélisation du film par Samuel Edwards a été éditée en France aux Presses de la cité en 1959.
- La bande originale du film, signée Angelo Francesco Lavagnino, a été éditée en CD par CAM en 1997 puis en double CD par DigitMovies en 2013.
- Sur les tableaux La Maja vêtue et La Maja nue on a d'abord pensé qu'il pouvait s'agir de la duchesse d'Albe, mais pour de nombreux historiens il s'agirait de Pepita Tudó.
- Ava Gardner[3] : « La Maja nue, meilleur titre que bon film, n'a pas été ma contribution la plus mémorable à l’art du cinéma. Il s’agit d’une biographie assez insipide du grand peintre espagnol Francisco Goya. Je jouais la duchesse d'Albe, le modèle favori de Goya, et Tony Franciosa, homme charmant mais disciple de Stanislavski jusqu’au bout des ongles, interprétait le peintre. Les lumières étaient prêtes, l’équipe était en place, devant la caméra, attendant que Tony démarre, et lui, il était retourné et prenait des mines comme s’il était à l’article de la mort ou prêt à vomir, avant de se lancer. Ce genre de méthode, je vous jure que je m’en passe avec plaisir.
Mis à part Tony, La Maja nue reste inscrite dans ma mémoire pour deux raisons. L’une est que j’y travaillais pour la première fois avec le plus grand cameraman que je connaisse, Giuseppe Rotunno[4], dont les couleurs superbes illuminent le film de bout en bout. La seconde, plus importante encore, c’est que La Maja nue était le dernier film que je devais à la MGM[5]. À la fin du tournage, je serais enfin libre, libre de choisir moi-même mes projets[6], libre de demander le genre de cachet que j’estimais correspondre à ma valeur. Ce n’était pas trop tôt. »
- Dix pages sont consacrées à ce film (écriture, tournage, anecdotes, analyse) dans Ava Gardner, des films au mythe, Laurent Dolet, éditions LettMotif (2023) dans un chapitre intitulé Muse de Goya.
- D'autres films ont été consacrés au peintre Goya par la suite : L'histoire d'une solitude / Goya par Nino Quevedo (1971), Goya l'hérétique par Konrad Wolf (1971), Goya à Bordeaux par Carlos Saura (1999), Volavérunt par Bigas Luna (1999), Les Fantômes de Goya par Milos Forman (2006).
Notes et références
- « La Maja nue », sur encyclocine.com
- ↑ Laurent Dolet, Ava Gardner, des films au mythe, La Madeleine, LettMotif, , 362 p. (ISBN 978-2-36716-401-4), p. 207-216
- ↑ Extrait d'Ava, mémoires (Ava: My Story), Presses de la Renaissance, Paris, 1991 (ISBN 2-85616-581-8).
- ↑ Ava va réussir à le faire admettre comme directeur de la photo dans 3 autres de ses films.
- ↑ United Artists, société de production de La Maja nue, sera successivement rachetée et revendue par différents studios dont la MGM.
- ↑ Indépendante, son prochain rôle sera celui de Moira Davidson dans la courageuse production de Stanley Kramer, Le Dernier Rivage avec Giuseppe Rotunno à la photo (1959.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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