La Rosière de Salency

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La Rosière de Salency est une comédie en trois actes, mêlée d'ariettes, de Charles-Simon Favart, sur une musique de Adolphe Blaise, Philidor, Monsigny et Duni. Elle est représentée au château de Fontainebleau le et au Théâtre-Italien le .
Inspiration
L’histoire s’inspire de la fête de la rosière, tradition de la commune de Salency. Instaurée au Ve siècle par saint Médard, cette fête récompensait, le 8 juin de chaque année, la jeune fille la plus vertueuse du village. La lauréate recevait une couronne de roses et une somme d’argent, un honneur qui lui assurait généralement un mariage dans l’année. Les critères de sélection étaient d’une rigueur extrême : la candidate et sa famille devaient avoir une conduite irréprochable, sur quatre générations. Le seigneur local choisissait la rosière parmi trois candidates, après une validation publique par les villageois pour garantir l’impartialité du choix. La rosière était couronnée, à l’issue d’une procession solennelle vers l’église puis la chapelle de saint Médard, dans une cérémonie mêlant rites religieux et traditions seigneuriales, qui se terminait par un bal champêtre et des hommages symboliques offerts par les habitants[1]. Dans le même temps, Félicité de Genlis, jeune encore mais déjà marquée par un gout prononcé pour la mise en scène et le désir de reconnaissance publique, participe à la fête de Salency, où elle joue de la harpe pour les villageois et offre un habit ainsi qu’une vache à la lauréate. Inspirée par l’aspect sentimental et décoratif de cet évènement, elle compose une pièce éducative sur ce thème, imitée parallèlement par Favart, pour la scène[2].
Distribution
- Hélène : Marie-Thérèse Laruette.
- Thérèse : Marie-Jeanne Trial.
- Nicole : Pétronille-Rosalie Beaupré (d).
- Madame Michel, mère d’Hélène : Justine Favart.
- Madame Grignard, mère de Thérèse : Madame Bérard.
- Le Bailli : Jean-Louis Laruette.
- Le Régisseur : Joseph Caillot.
- Colin, amoureux d’Hélène.
- Thomas, amoureux de Thérèse : M. Nainville (d).
- François.
- Guillot.
- Lucas, et plusieurs autres garçons qui prétendent épouser la Rosière.
- Jerome, garçon meunier et tambourineur : M. Robert Desbrosses (d).
- Un commandant de la maréchaussée.
- Un vieillard.
- Une vieille femme : Mademoiselle Desglands.
- Une autre vieille : Mademoiselle Frédéric l’ainée.
- Une sentinelle.
Personnages muets
- Gardes de maréchaussée.
- Miliciens, Gardes-chasses, Messiers et différents habitants du village de tout sexe et de tout âge.
Intrigue
Le Seigneur de Salency veut exercer son autorité en procédant, au mépris des traditions locales, de la Rosière par lui-même. Cette tentative de passage en force provoque une vive opposition chez les villageois, soucieux du maintien de leurs traditions séculaires. Après diverses péripéties et l’intervention de la justice royale, la jeune fille la plus digne finit par triompher. Hélène est couronnée d’un chapeau de roses, qui symbolise la vertu ancestrale dont la corruption des villes n’a pu venir à bout.
Réception
Le Mercure de France écrit que la pièce, qui avait été représentée avec succès à la cour le , a été « jouée sur le théâtre italien avec beaucoup plus d’applaudissements[3] ».
Sans avoir vu la pièce, la Correspondance littéraire déplore que Favart ait remis en usage « l’ancien et détestable usage de mêler le dialogue de couplets en vaudeville, usage qui était autrefois essentiel à l’opéra comique français[4] », et que Sedaine a banni du théâtre. L’auteur se dit : « persuadé qu’elle y réussira beaucoup, quoique ceux qui l’ont vu jouer à la cour prétendent qu’elle est froide et pleine de longueurs. Mais le parterre de Paris aime les Rosières et les pauvretés ; je réponds à M. Favart du succès[4]. »
Adaptations
Le , André Grétry a fait représenter à Fontainebleau une nouvelle version de la Rosière, sur un livret remanié par le marquis de Pezay[2].
Notes et références
- ↑ Élie Fréron, « Lettre X : La Fête de la Rose », L’Année littéraire, Paris, Charles-Joseph Panckoucke, t. 4, , p. 217-24 (ISSN 2452-9354, lire en ligne sur Gallica).
- Léon de La Sicotière, « Les Rosières en Basse-Normandie », Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, Paris, t. 3, , p. 404-30 (ISSN 2023-8703, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « La Rosière de Salenci, qui… », Mercure de France, Paris, Jacques Lacombe, vol. 1, , p. 153 (ISSN 2419-2007, lire en ligne sur Gallica).
- Friedrich Melchior Grimm et Denis Diderot, « Ce poëte vient de… », Correspondance littéraire, philosophique et critique adressée a un souverain d’Allemagne depuis 1753 jusqu’en 1769, Paris, Longchamps & F. Buisson, t. 6, , 6 vol. ; in-8º, p. 422 (lire en ligne sur Gallica).
Éditions
- La Rosière de Salenci, comédie, en trois actes, mêlée d’ariettes ; par M. Favart, représentée devant Sa Majesté, à Fontainebleau, le 25 octobre 1769, et à Paris, par les Comédiens ordinaires du Roi, le 14 décembre 1769, Paris, Vve Duchesne, , viii-104 p., mus. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica).
Bibliographie
- (en) Sarah Maza, « The Rose-Girl of Salency : Representations of Virtue in Prerevolutionary France », Eighteenth-Century Studies (en), vol. 22, no 3, , p. 395-412 (ISSN 0013-2586, lire en ligne).
Liens externes
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