La Route d'Oxiane

La Route d'Oxiane
Auteur Robert Byron
Version originale
Langue Anglais
Date de parution 1937

La Route d'Oxiane est un récit de voyage en Iran et en Afghanistan, écrit par Robert Byron (1905-1941), publié en 1937 sous le titre The Road to Oxiana[1],[N 1]. Il a été traduit en français en 1990.

Composition

Ce livre est le récit d'un voyage de Byron de dix mois, en 1933-1934, en compagnie de Christopher Sykes (en) et d'autres personnes à travers le Moyen-Orient et l'Asie centrale. Il est rédigé sous la forme d'un journal, mais il ne s'agit sans doute pas du premier jet direct, au jour le jour : Byron a retravaillé avec soin au cours des trois ans qui ont suivi son voyage les notes qu'il avait prises. D'autre part, certains passages relèvent de la fiction : alors qu'il ne parlait ni le persan ni le pashto, il réussit à rendre des dialogues très drôles avec des gens qu'il rencontre. Le livre publié s'inscrit dans une tradition picaresque, dans la veine de l'ouvrage de James Morier, Les Aventures de Hadji Baba d'Ispahan, écrit en 1824 et traduit en français en 1933.

Contenu

L'ouvrage raconte un voyage qui part de Venise (, date de la première entrée ce journal de voyage) et passe par Chypre pour arriver en Palestine. De là, départ pour la Syrie puis l'Irak ; viennent ensuite l'Iran et de l'Afghanistan, avec les visites de plusieurs villes et localités, parmi lesquelles Téhéran, Tabriz, Nishapur, Mashad, Hérat, Ispahan, Shiraz, Firuzabad, Persépolis, Gonbad-e Qabus, Mazâr-e Sharîf, Kaboul et, dernière halte, Peshawar avec une entrée du journal pour cette ville datée du . Viennent ensuite quelques brèves notes sur le voyage de retour en Angleterre, entre le et le , date de l'arrivée à Savernake (dans le sud de l'Angleterre). Le voyage aura duré onze mois. Byron écrit dans cette entrée du 8 (et les lignes qui suivent terminent l'ouvrage) :

« À Paddington, je me suis senti pris d'un vertige à l'idée de que je touchais au but, quand onze mois d'un mouvement ininterrompu viendraient buter sur l'immobilité du foyer adoré. La collision eut lieu, dix-neuf jours et demi après le départ de Kaboul. Avec les chiens d'abord. Puis avec ma mère — à qui, maintenant que tout cela est fini, j'offre ce récit : ce que j'ai vu, c'est elle qui m'a appris à le voir — elle me dira si je lui ai fait honneur. »

La tour de Gonbâd-e Qabus. Photo R. Byron, 1933.

Par amour de l'art

L'objectif initial du voyage était la découverte des racines de l'art musulman d'Asie centrale, et Byron avait reçu avant son départ toutes sortes d'informations et d'aide d'Arthur Upham Pope, le grand historien de l'art iranien — Byron lui rapportera un choix de photographies que Pope utilisera dans son ouvrage Survey of Persian Art. Robert Byron était un esthète, et il a décrit ce qu'il voyait dans une prose précise et évocatrice. Esthète, Byron est très attiré par l'architecture, et il affirmera que l'élément déclencheur de son voyage a été une photographie de la tour de Gonbâd-e Qabus.

Byron écrit d'ailleurs sur une architecture très colorée, et cela à une époque où la photographie en couleurs n'existe pas. Durant son voyage, il s'intéresse principalement à l'architecture islamique, dont il parle avec enthousiasme, marquant peu d'intérêt pour les monuments des périodes antiques, achéménides et sassanides.

Rééditions

Le livre a été réimprimé à plusieurs reprises avec des introductions rédigées par divers universitaires et écrivains voyageurs : David Talbot Rice, Londres, 1950 ; Bruce Chatwin, Londres, 1981 ; Paul Fussell, 1982 ; Geoffrey Moorhouse (en), Londres, 2000.

Mosquée du vendredi à Hérat (Aghanistan). Photo Robert Byron, 1933-34.

Jugements

Robert Irwin relève[1] que « [l]'une des grandes forces du livre de Byron réside dans son extraordinaire capacité à évoquer l'architecture à travers les mots. » Dans la préface, écrite en 1981, qui précède l'édition en français[2], Bruce Chatwin fait une remarque similaire. Il note qu'en Iran, Byron put enfin aller aux sources de l'architecture islamique, mais, souligne-t-il, « (...) pour construire, avec de la brique, de la pierre et de la céramique, un texte qui soit non seulement lisible, mais capable d'entraîner vers des sommets l'imagination du lecteur, il faut un talent de haut vol : tel est l'exploit de Byron. »

Dans un compte-rendu du livre, en 1937, l'auteur loue le style vivant de Byron, et note que l'auteur montre plus de sympathie pour les monuments qu'il visite que pour les gens qu'il rencontre. Il en résulte que « les descriptions sont trop détaillées et techniques pour le lecteur ordinaire. » En outre, il trouve l'ouvrage est parfois desservie par un ton trop désinvolte, mais il relève la qualité des photographies[3].

La même mosquée (Hérat), en couleurs. Façade principale, en 2011.

Notes et références

Notes

  1. « L'Oxiane et la Bactriane ne sont qu'une même région. ». (Note du traducteur, in La route d'Oxiane, Paris, Payot, 1993, p. 10).

Références

  1. Irwin 2013. Sauf indication contraire, le contenu de cette page vient de cette source.
  2. La route d'Oxiane, Payot, coll. « PBP / Voyageurs », 1993, p. 12.
  3. (en) S. E. H., « Reviewed Work: The Road to Oxiana by Robert Byron », The Geographical Journal, vol. 90, no 4,‎ 1937 (oct.), p. 376 (lire en ligne Inscription nécessaire)

Voir aussi

Bibliographie

Édition originale

  • (en) Robert Byron (ill. Photos de l'auteur et cinq cartes), The Road to Oxiana, London, Macmillan, , ix + 341 p. (lire en ligne)

Traductions

  • Robert Byron (trad. de l'anglais par Michel Pétris, préf. de Bruce Chatwin, ill. Cartes de l'édition originale), La route d'Oxiane, Paris, Quai Voltaire, (réimpr. Payot, coll. « PBP » N°137, 1993, 381 p. et 2017, 416 p. (ISBN 978-2-228-91702-5)), 381 p.

Études

  • (en) Robert Irwin, « Robert Byron », sur iranicaonline.org, Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
  • (en) Gonçalo Vilas-Boas, « Travellers to Persia in the Thirtiees : Maud von Rosen, Robert Byron and Margret Boveri », Cadernos de literatura comparada, nos 14/15,‎ , p. 119-145 (lire en ligne)
  • (en) Bahman Zarrinjooee, « Revisiting Persian Architectural Myth through Byronic Gaze in Robert Byron’s The Road to Oxiana », Journal of Foreign Languages, Cultures and Civilizations, vol. 2, no 1,‎ , p. 159-175 (lire en ligne)
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