La Sculpture de soi

La morale esthétique

La Sculpture de soi
La morale esthétique
Auteur Michel Onfray
Pays Drapeau de la France
Genre Essai - Philosophie
Éditeur Grasset
Collection « Figures »
Date de parution
Type de média Livre papier
Nombre de pages 286
ISBN 978-2-246-46501-0
Chronologie

La Sculpture de soi : La morale esthétique, est un essai philosophique de Michel Onfray publié en 1993 aux Éditions Grasset & Fasquelle dans la collection « Figures » dirigée par Bernard-Henri Lévy. L’essai reçoit un accueil remarqué avec l’obtention la même année du prix Médicis de l’essai, devançant des poids lourds comme Régis Debray pour L’État séducteur (3 voix contre 6) et Gilles Deleuze pour Critique et clinique (1 voix)[1].

Sixième livre de l’auteur, La Sculpture de soi est l’occasion pour Michel Onfray de proposer une éthique post-chrétienne, individualiste et hédoniste. Cet ouvrage s’inscrit dans un projet plus vaste, celui de construire un système philosophique dont L’Art de jouir (Grasset, 1991) constitue le fondement, et qui comprend une politique (Politique du rebelle, 1997), une érotique (Théorie du corps amoureux, 2000), une esthétique (Archéologie du présent, 2003), une épistémologie (Féeries anatomiques, 2003) et une métaphysique (Traité d’athéologie, 2005).

Thèmes principaux

Une morale radicalement athée

Michel Onfray construit dans La Sculpture de soi une éthique entièrement athée. Refusant tout arrière-monde, toute transcendance et toute consolation religieuse, il pose que l’absence de Dieu et de vie après la mort impose à l’existence une urgence tragique. Puisqu’il n’y a rien au-delà, on ne vit pas comme si on ne devait jamais mourir. Cette lucidité face à la finitude devient le fondement même de la morale : elle interdit la procrastination existentielle et donne à chaque instant son poids et son intensité.

Une morale hédoniste

Au lieu de prôner le sacrifice et la culpabilité, Onfray défend un hédonisme intelligent et joyeux. L’objectif est simple : augmenter le plus possible les plaisirs de la vie tout en réduisant les souffrances. Cela passe par le fait d’accepter et de canaliser ses pulsions et ses énergies profondes (ce qu’il appelle les « parts maudites »), plutôt que de les réprimer.

Une morale esthétique

Onfray refuse les morales traditionnelles fondées sur la religion (« sois vertueux ») ou sur la raison pure (« fais ton devoir »). Pour lui, la vraie morale est esthétique : il s’agit de transformer sa propre vie en une œuvre d’art. L’important n’est pas seulement d’être « bon », mais de rendre son existence belle, élégante et singulière, comme un artiste sculpte une statue.

Une tension dialectique : Mouvement contre Immobilité

Tout le livre repose sur une grande opposition :

  • Le Mouvement représente la vie : l’énergie, la vitalité, le changement, la création, tout ce qui grandit et qui apporte de la nouveauté.
  • L’Immobilité représente la mort et tout ce qui fige l’existence : les habitudes répétitives, la routine, la sclérose, le conformisme.

La mort est l’immobilité totale et définitive. C’est parce que nous savons que tout finit un jour que nous devons vivre avec intensité et mouvement, plutôt que de nous laisser enfermer dans la répétition et la stagnation.

La figure du Condottiere

Le symbole le plus important du livre est la statue du Condottiere Bartolomeo Colleoni (un capitaine de la Renaissance italienne) sculptée par Verrocchio à Venise.

Cette statue représente l’idéal pour Onfray : un homme plein d’énergie et de force (le mouvement), qui parvient pourtant à maîtriser et à canaliser cette puissance dans une posture élégante, digne et souveraine. Le Condottiere incarne parfaitement ce que doit être la « sculpture de soi » : transformer son énergie vitale en une belle forme sans l’étouffer ni la laisser partir dans tous les sens.

Réception critique

Le livre est régulièrement commenté dans les articles de la critique littéraire ou philosophique commentant notamment les aspects de l’œuvre philosophique de Michel Onfray sur l’hédonisme[2]. Il est réédité en collection Poche en 2005, et fait l’objet alors de nouvelles recensions et critiques littéraires[3].

Références et notes

  1. « Des lauréats bien choisis » Accès payant, sur lesechos.fr, Lesechos, (consulté le )
  2. Gleyse, Jacques, « Hédonisme philosophique matérialiste et philosophie du goût et de l... », Corps et culture, Association Corps et culture, no Numéro 2,‎ (ISSN 1268-5631, DOI 10.4000/corpsetculture.374, lire en ligne, consulté le ).
  3. « Michel Onfray ou les contradictions d’un hédoniste », sur mondesfrancophones.com (consulté le ).

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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