La Splendeur du Portugal
O Esplendor de Portugal
La Splendeur du Portugal (titre original portugais O Esplendor de Portugal) est un roman de l'écrivain portugais António Lobo Antunes[1], publié en 1997. Le roman est centré sur les monologues alternants des membres d'une famille de colons, riches propriétaires en Angola avant que les guerres coloniales ne leur fassent tout perdre. Les trois enfants sont envoyés à Lisbonne tandis que la mère tente de rester sur ses terres malgré les menaces des groupes indépendantistes.
Si la guerre d'Angola est encore une fois abordée par Lobo Antunes c'est, cette fois de manière indirecte. On est plongé dans les origines de cette guerre: des colons, qui n'étaient rien en métropole, des promesses qui leur furent faites, des illusions dans lesquelles ils vécurent, du racisme et des hiérarchies sociales qui structurent la société portugaise, de la violence qui en découle.
Style
On retrouve le style des romans précédents de Lobo Antunes, fait de monologues intérieurs où les personnages déversent de manière torrentielle et chaotique souvenirs, images du présent, réflexions, remords, voix du passé. A cette confusion mentale, Lobo Antunes oppose une rigueur de métronome dans l'alternance des narrateurs.
Thèmes abordés
Le titre est une référence directe et ironique à l"hymne national portugais. En effet, le Portugal et les Portugais ne sortent pas indemnes du récit que fait Lobo Antunes. On y voit à l’œuvre la morale chrétienne, l'imaginaire historique, l'état d'esprit bourgeois et le caractère raciste d'une partie de la population qui a conduit à conquérir et à exploiter un territoire avant d'envoyer ses enfants mourir pour le conserver. Il n'est pas anodin que le roman sorte en 1997, année où le pays s'apprête à accueillir l'exposition universelle de 1998 et à célébrer son glorieux passé avec l'anniversaire du voyage de Vasco de Gama.
Si chacun des personnages sembles condamnables, ils apparaissent aussi dans leur complexité grâce à ce système de monologues intérieurs. Le monde de Lobo Antunes n'est ni bon ni mauvais. Chacun a ses raisons. On découvre des individus victimes de l'histoire, des épaves abandonnées de l'aventure maritime portugaise, écartelés entre leur éducation et leur sentiments pour l'Afrique et les Africains, nostalgiques de leur enfance, qui tentent de s'en sortir avec leurs moyens mais ne peuvent que constater le désastre de leur vie.
On retrouve une caractéristique portugaise souvent dénoncée chez Lobo Antunes : la volonté de sauvegarder les apparences de morale, de bien séance et la réalité de l'expérience vécue. On défend une séparation entre blancs et noirs mais les enfants jouent ensembles, les amitiés se tissent, des enfants naissent. On cache l'alcoolisme du père, les origines bâtardes de l'ainé, la maladie du second fils...
Notes et références
- ↑ Antoine de GAUDEMAR, « Critique Agonie angolaise. Sous forme de monologues intérieurs, torrentiels mais maîtrisés, Antonio Lobo Antunes fait revivre, dans «la Splendeur du Portugal», la chute lamentable d'un empire colonial. Antonio Lobo Antunes. La Splendeur du Portugal. Traduit du portugais par Carlos Batista. Christian Bourgois éditeur, 530 pp., 160 F. », sur Libération, (consulté le )
Liens externes
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