La Tribu des quatre vagues
La Tribu des quatre vagues est un film documentaire français consacré à un collectif transnational qui œuvre au renouveau du tatouage traditionnel philippin. Réalisé par Jonathan Bougard il est sorti en 2019 en France[1].
Synopsis
Le film a été tourné en sur l'île de Moorea en Polynésie française, où se réunissaient 80 maîtres tatoueurs traditionnels venus des quatre coins du monde durant toute une semaine, à l'occasion du festival Tatau i Moorea[2]. Les artistes ont échangé, dansé, et se sont tatoués mutuellement[3]. Une trentaine de membre du collectif Tatak ng Apat na Alon (tribu des quatre vagues) ont fait le déplacement. Créé en 1996 à Los Angeles par Elle Festin, ce collectif réunit plusieurs centaines de membres issus de la diaspora philippine qui ont en commun d'être en quête de leur identité et de leur culture. Si tous les membres du groupe ne sont pas tatoueurs, tous portent des tatouages spécifiques très ritualisés[4].
Dans le groupe, une jeune femme parle français. Jade vient de Paris (France), elle est tatoueuse depuis exactement six ans. Son nom de tatoueuse est Sampaguita Jay[5]. Sampaguita est une fleur des Philippines (clin d’œil à l'un de ses pays d'origine). Étant eurasienne, moitié Philippine moitié française, en tant qu’artiste Sampaguita se rattache essentiellement au réalisme. Elle a grandi aussi avec le côté philippin, dû à sa mère qui est philippine. « J’ai vraiment grandi de ce côté-là et j’ai voulu me rapprocher de mes racines dans le tatouage, parce qu’on a quand même une culture qui est super riche. Même si beaucoup ne le savent pas. C’est dû aux colonisations qu’il y a pu y avoir aux Philippines. On a un très grand héritage par rapport à ça[6]. ».
Jazmine Atienza est une des anciennes de la tribu[7]. Née aux Philippines, elle a grandi aux États-Unis. Elle tatoue avec spiritual journey tatoo, le shop de Elle Festin basé à Los Angeles. Ayla Roda est également un des piliers de la tribu[8]. Elles racontent l'histoire de la tribu, leur quête d'identité culturelle. On les voit tatouer mais également danser des danses traditionnelles, et échanger avec des nombreux tatoueurs indigènes.
Autour du film
En , soit dix années après la création de la tribu, Lars Krutak publie un livre sur l’histoire du tatouage Kalinga aux Philippines : Kalinga Tattoo: Ancient & Modern Expressions Of The Tribal (en français : Tatouage Kalinga : expression ancienne et moderne de la tribu), contenant une introduction par l’aînée des Kalinga tatouées, Natividad Sugguiyao. Basé sur deux années de recherches sur le terrain[9], ce livre est le premier consacré aux tatouages de ce peuple de la cordillère. Il rencontre un grand succès international. Une très grande partie des sujets tatoués photographiés étaient des membres de la tribu des quatre vagues[10].
La culture du tatouage traditionnel aux Philippines était mourante à cause du colonialisme, de la religion, et de beaucoup d’autres facteurs. Beaucoup émigrent vers les USA ou d’autres pays pour trouver une vie meilleure, tentent d'être assimilés, apprennent une nouvelle langue… La plupart des membres de la tribu viennent des États-Unis et du Canada, certains d'Europe : Suédois, Français, Allemands, Italiens. D'autres viennent d’Australie (Adelaïde, Perth et Sydney). Il y a des Philippins aux quatre coins du monde, et il est important pour la tribu d’être reliée aux différentes communautés en Europe et en Asie, pour montrer à tous les Philippins qu’ils ont une très riche culture du tatouage[11]. Peu importe le contexte du pays où ils sont, ils souhaitent revenir à leurs racines[12].
Elle Festin valide les nouveaux membres, et leur apprend en détail l’histoire des Philippines, pour qu’eux puissent la retransmettre. Il représente le tatouage traditionnel philippin qu’il a importé aux États-Unis, et le remettre au goût du jour[13], bien qu'il soit dit "traditionnel". Que les jeunes et les moins jeunes puissent se faire tatouer et représenter leur culture. Depuis 1996, plus de vingt ans maintenant, Elle Festin et sa femme Zelle Festin, forment des apprentis[14].
Carrière du film
La première du film a eu lieu en Corse au festival du film de Lama, le . Le film est distribué par In Vivo Prod et Seven Palms Entertainment.
Fiche technique
- Titre original : Mark of the Four Waves Tribe
- Auteur : Jonathan Bougard
- Réalisateur : Jonathan Bougard
- Photographie : Jonathan Bougard
- Montage : Jonathan Bougard
- Musique : Mark of the Four Waves Tribe
- Société de production : In Vivo Prod
- Pays de production : Polynésie française
- Langue originale : anglais et français
- Format : couleur
- Genre : documentaire
- Durée : 26 minutes
- Date de sortie :
Distribution
- Elle Festin : lui-même
- Sampaguita Jay : elle-même
- Jazmine Atienza : elle-même
- Ayla Roda : elle-même
- Sébastien Galliot : lui-même
- Tom Lapos : lui-même
- Michael Koch : lui-même
- Chief Miko : lui-même
- Roonui Anania : lui-même
- Pitore : lui-même
Notes et références
- ↑ Film-documentaire.fr, « Tribu des quatre vagues », sur www.film-documentaire.fr (consulté le ).
- ↑ « Coup d'envoi du festival du tatouage traditionnel à Moorea », sur Polynésie la 1ère, (consulté le ).
- ↑ « Tatau i Moorea, un festival de tatouage qui restera gravé dans les mémoires », sur TAHITI INFOS, les informations de Tahiti (consulté le ).
- ↑ (en-GB) « Reviving the art of Filipino tribal tattoos », BBC News, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Sampaguita Jay, la tatoueuse de Bayonne qui a conquis le monde », sur SudOuest.fr, (consulté le ).
- ↑ (en) BAA, « Sampaguita Jay », sur World Famous Tattoo Ink (consulté le ).
- ↑ (en) « Jazmine | Spiritual Journey Tattoo & Tribal Gallery | United States », sur spiritualjourney (consulté le ).
- ↑ (en) Ana Moule Y. Pancho, « ‘Tatak’ Tales: Ayla Roda and Wilma Gaspili bridge heritage through traditional Filipino tattoo art », sur SunStar Publishing Inc., (consulté le ).
- ↑ (en-US) « WHISPERS OF THE ANCESTORS: SPIRITUAL JOURNEY TATTOO & TRIBAL GALLERY | LARS KRUTAK », sur www.larskrutak.com, (consulté le ).
- ↑ « KALINGA TATTOO - Edition Reuss - Photobooks », sur www.edition-reuss.de (consulté le ).
- ↑ (en) « Batok - Exploring Skin Art », sur philartscouncil, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Mel Orpilla, « Mark of Four Waves », sur Positively Filipino | Online Magazine for Filipinos in the Diaspora, (consulté le ).
- ↑ « KAPIHAN SA PASUGUAN HOSTS FILIPINO TRIBAL TATTOO ARTIST », sur REPUBLIC OF THE PHILIPPINES.
- ↑ (en-US) Local Stories, « Meet Elle Festin | Tattoo Artist & Cultural Revivalist », sur SHOUTOUT LA, (consulté le ).
Liens externes
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