Lab School Paris

Lab School Paris

Identité
Devise « Créer et expérimenter une école pour le XXIe siècle, en liant recherche et éducation. »
Histoire et statut
Fondation 2017
Type Primaire, Collège et Lycée bilingue, privé hors contrat
Administration
Académie

Académie de Paris pour les classes du CP à la 4e, sur le campus de Paris.

Académie de Créteil pour les classes à partir de la 3e, sur le campus de Montreuil.
Directrice

Pascale Haag : fondatrice et directrice scientifique;

Marine Hervé : directrice de l'élémentaire;

Sara Hammoutene : directrice du secondaire.
Présidente Pascale Haag
Études
Population scolaire 120 élèves en 2024-2025
Enseignants 19 enseignants en 2024-2025
Diplômes délivrés Programme du Diplôme du Baccalauréat International (IB)
Niveaux délivrés Enseignement primaire et secondaire
Formation Général, technologique, IB
Langue(s) des cours Français et Anglais
Localisation
Ville Paris 11e arrondissement et Montreuil
Pays Drapeau de la France France
Site web Site de la Lab School Paris

La Lab School Paris est une école privée, associative, hors contrat qui propose un enseignement de la primaire à la terminale. Elle met notamment en place un enseignement bilingue, des classes à double niveau et du co-enseignement, en s’appuyant sur des recherches en sciences de l’éducation.

Il existe deux bâtiments en région parisienne : dans le 11e arrondissement pour les classes du CP à la 4e et à Montreuil pour les classes de la 3e à la Terminale.

Depuis la rentrée 2024, cette école propose le cursus du Baccalauréat International (IB) pour la classe de Première et Terminale (ouverture de la classe de Terminale en )

Histoire

La Lab School Paris a été fondée en 2017 par Pascale Haag, chercheuse et enseignante. Son objectif était de rapprocher la recherche en éducation des pratiques de terrain, en réponse aux problématiques de stress et de mal-être observées chez les élèves et les enseignants[1].

Genèse du projet

Selon Pascale Haag, ses recherches en psychologie l’ont conduite à constater le fossé existant entre la recherche universitaire en éducation et la pratique dans les salles de classe. Afin de réduire ce décalage, elle décide de fonder une école qui permettrait un lien plus direct entre les enseignants et les avancées en sciences cognitives, en psychologie ou en sociologie[2]. Dans un entretien accordé à L’Étudiant en 2019, elle déclare[3] :

« C’est face au constat d’un « grand malaise dans le système éducatif » que Pascale Haag, maîtresse de conférence en psychologie à l’EHESS a décidé de fonder la Lab School de Paris, en 2017. Le stress est majeur chez les élèves, les professeurs sont souvent en détresse. Peu de choses ont changé dans la manière d’apprendre ces dernières années, car chercheurs et enseignants travaillent chacun de leur côté. J’ai voulu les rapprocher en m’inspirant de ce modèle, très répandu en Amérique du Nord, d’écoles qui mêlent recherche et enseignement. Ici, des chercheurs viennent faire des interventions ou des études, et ils aident les enseignants en leur donnant des clés. »

Inspiration et modèle

Haag s’est inspirée des « lab schools » nord-américaines (notamment celle de l’UCLA), caractérisées par une collaboration étroite entre chercheurs et enseignants. Elle exprime également chez Créer son école, l'importance d'avoir dans son établissement tout types d'élèves, et pas « uniquement des personnes d'une élite socio-économique »[4], en mettant en place un système de tranches tarifaires.

Création de l’école

La mise en œuvre a débuté en 2016 : des parents, des enseignants et des chercheurs ont fondé une association pour structurer le projet. La première année, l'école a été hébergé au Liberté Living Lab, un espace d’innovation situé à Paris 2e.

En 2016-2017, la Lab School Paris a eu des échanges avec le ministère de l’Éducation nationale et le rectorat de Paris, mais n’a pas pu intégrer le système public. Elle a donc ouvert en tant qu’établissement privé hors contrat. Des soutiens financiers de fondations (Fondation Financière de l’Échiquier, Fondation Alter-Equerre, fonds de dotation Savoir) ont permis de proposer des tarifs dégressifs à certains élèves

Philosophie et objectifs

Selon l’école, son fonctionnement s’appuie sur la théorie de l’autodétermination, qui met en avant trois besoins fondamentaux : la compétence (via un système multi-niveau pour permettre aux élèves de progresser à leur rythme), l’autonomie (les élèves ont une certaine latitude dans l’ordre des apprentissages et participent à des projets visant à développer leur sens de l’organisation) et l’appartenance (l'école cherche à promouvoir la communication non-violente et la médiation par les pairs, afin de favoriser le respect mutuel et la coopération).

lab school

Les lab schools (ou « écoles-laboratoires ») sont des établissements liés à des départements universitaires. John Dewey a fondé l’une des premières lab schools à l’Université de Chicago à la fin du XIXe siècle. Parmi les lab schools, on peut[style à revoir] citer celle de UCLA en Californie ou celle de Toronto.

Trois activités y sont associées : l’enseignement, la formation et la recherche. Ainsi un lien organique se tisse entre éducation et recherche, qui permet de « développer et de tester de nouvelles approches, en modélisant les meilleures pratiques » (Cucchiara, 2010)[5].

« Le concept de Laboratory School est né aux États-Unis en 1896 lorsque John Dewey a créé une école expérimentale adossée à l’université de Chicago pour tester des innovations pédagogiques. Aujourd’hui, la plupart des Lab Schools poursuivent une double vocation : dispenser un enseignement fondé sur les preuves et contribuer à en disséminer les pratiques. Première du genre en France, la Lab School de Paris n’y fait pas exception. Elle contribue à la formation des enseignants par des projets de recherche-action, par des partenariats avec l’Éducation nationale ou encore en proposant les « bulles d’oxygène » : des rencontres ouvertes à tous les enseignants, un mercredi après-midi par période. L’école est également engagée avec d’autres Lab Schools européennes dans un programme de recherche européen Erasmus+ sur l’éducation démocratique. »[6] (Kaizen, hors série 2022)

La recherche en action

« À côté de cette vie à l’école, c’est tout un projet de recherche qui a continué à se développer au cours de cette année. "Au départ, j’étais enseignante chercheure à l’EHESS, spécialiste de la grammaire sanskrite. Je me suis réorientée vers un doctorat en psychologie, avec une thèse qui m’a amené à m’interroger sur le stress dans le système éducatif, raconte Pascale Haag. De là, j’ai eu envie d’apporter ma contribution à la recherche sur l’éducation, et j’ai créé le réseau Lab School Network." Le but : fédérer des chercheurs et acteurs de l’éducation en organisant des rencontres et leur permettre d’échanger via une plateforme en ligne, autour de la création de cette "école pilote". "L’objectif, à terme, est de devenir un lieu de formation pour les enseignants et d’essaimer", explique-t-elle. »[7] (Fondation pour l'école - 2018)

Le Lab School Network (LSN) est un réseau d’acteurs d’horizons différents, de citoyens impliqués dans le renouveau éducatif. Créé en , à l’initiative de Pascale Haag, il regroupe des chercheurs, des enseignants, des représentants des pouvoirs publics, des associations, des institutions et des entreprises.

L’établissement se présente comme un lieu d’expérimentation visant à promouvoir des pratiques éducatives fondées sur des preuves (evidence-based), par opposition à des pratiques se basant uniquement sur des méthodes traditionnelles ou non étayées scientifiquement. Le but est également de se baser sur l'implication des équipes, par la collaboration et l'échange autour des recherches.

Méthodes d’enseignement

L'école déclare adopter une « hybridation pédagogique », d'une part inspirée des approches de Maria Montessori, Célestin Freinet ou John Dewey, d’autre part des recherches actuelles en sciences de l’éducation et dans d’autres champs comme la psychologie, la sociologie, les neurosciences, la philosophie ou l’anthropologie. En concertation avec le conseil pédagogique et les chercheurs du Lab School Network, l’équipe éducative prend en compte les études qui évaluent scientifiquement les pratiques pédagogiques, tant du point de vue de la réussite scolaire que du bien-être à l’école et les met en œuvre avec les enfants.

Fonctionnement des classes et niveaux

Organisation multi-niveaux : les niveaux de primaire sont répartis en groupes à double niveau (CP/CE1, CE2/CM1, CM2/6e), avec la présence de deux enseignants (un francophone et un anglophone) dans chaque classe.

Collège et lycée : à partir de la 5e, les élèves sont regroupés par niveaux uniques, avec possibilité d’ateliers communs avec la classe de 4e. À partir de la 3e jusqu'en Terminale, les cours sont dispensés au lycée de Montreuil.

La classe de 3e est rattachée au lycée pour réunir la préparation aux examens dans un même lieu, notamment pour le brevet des collèges et pour entamer la préparation au Baccalauréat International.

Chaque niveau compte généralement une quinzaine d’élèves, soit une trentaine par classe à double niveau.

Particularités de la Lab School Paris

Ses particularités sont le bilinguisme, co-enseignement et les classes à double niveau.

Bilinguisme & Co-enseignement

La Lab School Paris applique un modèle de bilinguisme basé sur une immersion réciproque. Dans ce cadre, les disciplines sont enseignées à la fois en français et en anglais.

La co-intervention simultanée permet aux deux enseignants d’enseigner en même temps en français et en anglais. Ils se relaient pour expliquer et clarifier les concepts. Une autre modalité consiste à diviser les élèves en deux groupes afin d’adapter les apprentissages aux niveaux individuels ou de répondre à des besoins particuliers. « La simple présence active de deux enseignants dans la classe induit ainsi une gestion des comportements plus facile, une attention plus grande des élèves. Par ailleurs, il est ainsi plus facile de les remettre à la tâche ou à l’écoute, d’éviter les décrochages trop fréquents ou trop longs, etc. »[8]

Classes à double niveau

Cette organisation des classes vise à renforcer la collaboration entre pairs, incitant les élèves plus avancés dans certains domaines de soutenir ceux qui progressent plus lentement, renforçant ainsi leurs propres compétences par l’apprentissage actif.


Références

  1. [vidéo] « Grandir, l’éducation en mouvement : La création d'une école », (consulté le )
  2. « Hors contrat : la Lab School de Paris, qui préfigure, peut-être, des écoles laboratoires dans le public », sur ToutEduc,
  3. « Les Lab Schools, ces "écoles laboratoires" qui s’adaptent au rythme de l’élève »(Archive.orgWikiwixGoogle • Que faire ?), sur L'Etudiant,
  4. [vidéo] « Pascale Haag, chercheur à l'EHESS, raconte la création de l'école indépendante LabSchool Paris. », Créer son école !, , 1:1 min (consulté le )
  5. (en) Maia Cucchiara, « New Goals, Familiar Challenges?: A Brief History of University-Run Schools », journal, no Summer 2010,‎ , p. 96-108 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  6. Nathalie Petit, « Lab School, une école apprenante », magazine, no Hors série Grand format N°3,‎ , p. 30-32 (lire en ligne Accès libre)
  7. Liberté Scolaire, « [Reportage] Une école hors contrat dont le coeur du projet repose sur la Recherche », sur Fondation pour l'Ecole,
  8. Philippe Tremblay, « Le coenseignement en contexte inclusif : Le plus et le différent », La nouvelle revue - Éducation et société inclusives, vol. 92, no 6,‎ , p. 23–36 (ISSN 2609-5211, DOI 10.3917/nresi.092.0023, lire en ligne, consulté le )
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